L’Heure bleue
Guerlain
Les Classiques
- Marque : Guerlain
- Année : 1912
- Créé par : Jacques Guerlain
- Genre : Féminin
- Famille : Ambrée
- Style : Classique - Opulent
Parfum de crépuscule
par Jeanne Doré, le 17 mars 2008
Avant de s’inspirer du Chypre de François Coty pour créer le mythique Mitsouko, Jacques Guerlain avait déjà utilisé le travail préliminaire de son confrère pour la création de la non moins célèbre Heure Bleue, qui reprend la structure olfactive de L’Origan.
A son lancement en 1905, ce dernier constituait une petite révolution de la parfumerie, par l’association inédite de matières naturelles (ylang ylang, bergamote, néroli) avec des nouvelles bases composées de molécules synthétiques reconstituant des odeurs naturelles (l’Iralia, qui contient des méthyl-ionones à l’odeur de violette ou encore la Dianthine qui reproduit une odeur d’œillet grâce à l’eugénol). Cette composition, bien qu’innovante, avait toutefois une certaine brutalité qui la rendait difficile à porter. Guerlain reprit la même structure en l’améliorant, l’équilibrant, la rendant ainsi plus subtile et en fit le succès que l’on connaît.
L’Heure Bleue m’a longtemps donné l’impression d’être composée d’un baume épais et cireux de miel et de pollen de fleurs. Une complexité florale travaillée à la perfection qui paraît fraîche et chaude à la fois, et illustre si bien le talent de Jacques Guerlain, à travers cet archétype intemporel et indémodable de la célèbre “Guerlinade”.
Une petite note anisée et de la bergamote apportent une fraîcheur fusante et aromatique au départ, qui se fond sur la fleur d’oranger suave, la rose moelleuse, l’œillet épicé, la tubéreuse crémeuse, et les notes poudrées d’héliotropine. Le fond est doux et onctueux comme une crème, grâce à la vanille, l’iris et le santal.
Symbolisant le moment de la journée où le soleil se cache pour laisser la place à l’obscurité, donnant au ciel une couleur bleuté particulière, L’Heure Bleue incarnera aussi cette période de calme avant la tempête que fut la Belle Epoque avant la Première Guerre mondiale.
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par Woody, le 15 octobre 2012 à 06:31
J’ai lu dans un journal que le Wasser venait juste de reformuler l’Heure Bleue. J’espère que c’est une information erronée, quelqu’un de connecté peut-il confirmer ou infirmer ? Je n’en ai plus et j’en suis malade d’avance, quand je pense au massacre qu’il a commis sur Mistsouko... décidément, LVMH est devenu pour moi le serial killer de la belle parfumerie classique...
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par S9, le 15 octobre 2012 à 20:12
Aie aie aie j’ai choisi de porter l’heure bleue aujourd’hui pour mon anniversaire... Pas envie d’apprendre une telle nouvelle :-(
par doudou, le 15 octobre 2012 à 20:40
Si c’est le cas cela peut être inquiétant...mais ne s’agit-il pas plutôt des différentes éditions limitées qui ont été créées pour fêter les 100 ans de l’Heure Bleue ? Parce que généralement quand réelle reformulation il y a, ils ne le crient pas sur les toits...
par Opium, le 15 octobre 2012 à 21:39
Bonsoir.
Je me glisse dans la conversation.
Il semble ne pas y avoir de soucis (concernant les informations circulant actuellement). Se doutant probablement de l’incompréhension face aux "nouveautés" et "éditions limitées" nombreuses programmées pour fêter les 100 ans de L’Heure Bleue, Sylvaine Delacourte précise, je la cite à partir de son blog espritdeparfum, dont je mets le lien ci-après : "1912 – 2012 Nouvelle fragrance qui sortira à l’ automne, (en plus de la fragrance originale), le coffret est une édition limitée , bien évidemment , l’original reste au catalogue sous la version :eau de toilette , eau de parfum et extrait."
Donc, pas de soucis a priori. Comme l’a précisé très justement Doudou, quand il y a reformulation, il y a rarement communication dessus, et je suppose qu’il s’agit bien des éditions limitées dont elle parle également.
Voici le lien ici.
Si j’ai bien suivi, il y aura un flacon exceptionnel Quadrilobé bleu Baccarat contenant 490 mls de l’une des concentrations existantes actuelles.
De plus, les interprétations de Thierry Wasser, augmentant les notes gourmandes en fond (l’aspect marshmallow que certain(e)s détectaient déjà en filigrane dans les versions actuelles) suivront le fil des heures et seront différentes concentrations, si j’ai bien compris les explications de Sylvaine en réponse aux messages ensuite (EdP, EdT, Extrait) : "L’Aurore", "Le Zénith"et "Le Crépuscule" en sont les trois intitulés et les trois moments dédiés, peut-être pas dans l’ordre respectif des concentrations, je n’en sais rien.
Il ne s’agit plus seulement de ce moment particulier du soir où tout prend une teinte particulière, "entre chien et loup". Les flacons seront ceux actuels du parfum, mais, en bleu. Puis, ensuite, cette version rejoindra la collection Les Parisiennes.
Donc, pas d’affolement, on fête bien un anniversaire et pas un enterrement. ;-)
Enfin, si par la même occasion, ils pouvaient tenter, tout en le festoyant, de lui redonner un peu de son harmonie et de son fondu d’antan et nous épargner cette première heure un peu trop obscure quand la lumière décroît. Cela s’améliore en conservant les flacons chez soi, mais, même maturés ainsi, on sent encore une stridence qu’il n’y a pas du tout dans les vintages.
Malgré tout, elle reste belle cette heure ! Alors, pas touche (si c’est pour l’enlaidir) ! ;-)
A propos des reformulations, j’ai eu l’occasion de côtoyer grâce à certain(e)s, (Salut Thierry et Géraldine ! ^^), des versions assez anciennes de Mitsouko (plus fondu, plus fin, subtil, moins "pêche seule", légèrement épicé, selon les décennies), Shalimar (qui a perdu aujourd’hui son cuir et ses notes animales au profit du trio bergamote [variable selon les années de production] - vanille - opopanax), L’Heure Bleue (devenue stridente durant la première heure, un peu bitumée par un accord anisé de réglisse hors de contrôle, avant de récupérer son fondu habituel), Après L’Ondée (plus floral et subtil encore, mais, il n’a pas trop morflé lui malgré tout), Vol de Nuit (le même car magnifique aujourd’hui aussi, mais, avec de la tenue !), Chamade (encore joli, mais, très dilué aujourd’hui quand on le compare à des versions passées)... Et, s’il y a bien un problème avec ces reformulations à tout va, auxquelles LVMH et d’autres s’adonnent avec moins de volonté patrimoniale que d’autres, je peux vous préciser que pour en avoir parlé à certaines personnes qui travaillent chez Guerlain, ça ne les enchante pas. La clientèle est fidèle, mais, connaisseuse. Et, quand on modifie l’un des bijoux cités juste avant, elle s’en rend compte et, parfois, se détourne. De plus, le budget investi pour tenter de faire au mieux les reformulations réclamées par l’IFRA et d’autres, pas toujours pour de mauvaises raisons (protection du droit animal, préservation de la bio-diversité [santal]...) tout en conservant des références qui ne semblent pas odieusement massacrées, dans un catalogue comme celui de Guerlain, où les anciens parfums sont légions, cette tâche est quasiment impossible à mener. Pourtant, ils tentent de le faire.
Et, je ne crois pas que ça arrange cette maison de voir son budget Recherche et Développement en partie englouti dans la préservation de l’existant plutôt que dans la création de nouveaux produits pour élargir sa gamme.
Enfin, rien n’est blanc ou noir. Mais, pour en avoir discuté avec des gens qui travaillent chez Guerlain, le problème posé par les reformulations est très sérieusement pris en compte et, disons qu’ils s’arrachent les cheveux parfois. D’où, la disparition de Parure du catalogue, ne pouvant, de manière satisfaisante, être maintenu au catalogue. Il valait mieux le supprimer que gérer le courrier de réclamations qui s’en serait suivi.
Guerlain, même si c’est une marque qui a certainement été un peu (beaucoup ?) malmenée par LVMH et sa volonté de rentabilité, n’est pas Procter & Gamble non plus. Heureusement. ;-)
Voilà pour les informations... Et quelques pensées en plus.
Bonne soirée en Heure Bleue ou autre.
Opium
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par tambourine, le 16 octobre 2012 à 11:35
je confirme chez Guerlain, un soin tout particulier est apporté aux reformulations. Et cryez moi ça déprime tt el monde d’être obligé de se livrer aux reformulations maiss pas le choix.
mais à chaque fois c’est fait le plus scrupuleusement possible en comparant avec une version actuelle et une version ancienne...
non vraiment meme si l’on regrette les conséquences d’être passée sous LVMH pour une si belle marque, malgré tout les personnes qui travaillent chez guerlain sont de vrais passionnés . Ca change de certaines personnes qu’on croise chez lancôme et qui se réjouissent d’un LVEB parce que oui c’est pas top mais c’est super cool parce que ça plait aua plus grand nombre et donc ça rapporte du fric. (entendu tel quel de la part d’une formatrice. navrant).
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par Troudujol, le 23 octobre 2012 à 14:42
Effectivement, il semble y avoir de vrais gardiens du temple, chez Guerlain, et c’est tant mieux. Avec une vraie fidélité des têtes pensantes qui ne sont pas nécessairement obsédées par les prochains postes qu’elles pourront briguer au sein du groupe, contrairement à ce qui existe chez Lancôme / L’Oréal.
par germanomio, le 15 octobre 2012 à 22:27
Si tout ne va pas encore parfaitement bien chez Guerlain, l’arrivée de T. Wasser s’est accompagnée d’une amélioration sensible ; on sent chez lui la volonté de bien faire et de préserver au maximum le patrimoine et, avec ses créations les plus récentes, de s’inscrire dans cet héritage lourd et complexe.
Ce n’est déjà pas rien.
Il a retravaillé les classiques, c’est indéniable ; mais je trouve que son travail est plutôt un retour aux formules en les débarrassant des ajouts et incongruités qui sont venus au fil des ans "enrichir" (ou alourdir) les formules ; sans faire mention des reformulations imposées par la réglementation. Il y a un peu plus de fraicheur et "d’aeration", c’est moins compact (voire indigeste) sans être moins riche ou d’une architecture moins élaborée et complexe.
LVMH n’a certainement pas que des bons côtés mais au moins Guerlain continue d’exister (alors que l’avenir économique semblait assez noir avant le rachat...)
par S9, le 28 août 2012 à 12:05
Merci pour ces précisions, mais si ces flacons célébrant le centième anniversaire de l’Heure Bleue sortent à la boutique Guerlain des Champs Elysées uniquement... difficile de se les procurer quand on n’habite pas (ou plus dans mon cas) la capitale !!!
Je voulais parler d’une diffusion nationale dans toutes la parfumeries, comme en 2005 pour fêter les 80 ans de Shalimar où nous avons eu droit à un nouveau flaconnage : il y a eu le coffret qui s’ouvre comme un livre, mais aussi le même flacon en "chapeau de gendarme" emprunté à Mitsouko et... l’Heure Bleue ^^ (magnifique soit dit au passage)
Y’a plus qu’à espérer les fêtes de fin d’année alors :-)
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par Troudujol, le 28 août 2012 à 16:46
A ce jour, il y a effectivement plusieurs éditions limitées prévues pour la fin de l’année, dont les prix laissent rêveur :
– flacon cristal baccarat bleu 490 ml de parfum, vendu avec un bracelet Gripoix en verre et or : 11.000 Euros
– flacon cristal baccarat bleu 490 ml de parfum, sans bracelet : 6.500 Euros
– coffret velours contenant 1 flacon de 30 ml de l’eau de toilette L’Aurore, 1 flacon de 30 ml de l’eau de parfum Le Zénith, 1 flacon de 30 ml du parfum Le Crépuscule, et 1 flacon de 30 ml de ce qui semble être une édition limitée L’Heure Bleue 1912-2012 (variation de l’original, qui n’a pas vocation à le remplacer) : 3.000 Euros
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par Mado33, le 28 août 2012 à 19:24
Hello,
Merci pour cette information, enfin du Baccarat et de l’or ! Evidemment les prix sont en rapport, pour les collectionneurs - du Quatar et d’ailleurs lol - j’imagine le bonheur ! Je comprends cette célébration de l’Heure Bleue, 100 ans.. Et dire que certains me disent ici ça fait vieille les Guerlain, pfff c’est pitoyable ce genre de réactions.
Le cristal de Baccarat se prête à merveille à ce genre de flacons, le rouge Baccarat est obtenu grâce à la poudre d’or, en revanche le bleu je ne sais pas mais admirer ces flacons doit être quelque chose d’unique.
par S9, le 28 août 2012 à 10:50
On entame le dernier tiers de 2012 et force est de constater que la maison Guerlain a complètement zappé le centenaire de ce chef d’oeuvre (à moins que je n’aie raté un épisode ? o_O)
Je m’attendais à un flacon d’exception pour les 100 ans de ce merveilleux parfum, ou bien à des éditions limitées, ou même à une mise en avant dans les rayonnages (naïve et utopiste que je suis !) or il n’en est rien.
L’Heure Bleue reste tout en bas de l’étagère, avec ses pauvres congénères tous quinquagénaires voire plus.
Entre Shalimar et l’Heure Bleue mon coeur chavire toujours autant, et c’est vers cette dernière que mes pschitts se tournent en ce moment :-)
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par zab63, le 28 août 2012 à 11:05
Mais si, il me semble que plusieurs flacons collector sont sortis, justement. Des flacons bleu nuit avec des concentrations différentes et décorés de perles...mais peut-être faut-il aller à la boutique des Champs pour se les procurer...ou du moins les admirer.
par Jicky, le 28 août 2012 à 11:11
OUi vous avez loupé un épisode !
Ils ont fait un énorme flacon en édition limité et une collection d’éditions limitées devrait sortir autour de l’aube, du zénith et du crépuscule (mais que dans les botuliques je crois)
Je crois que Sylvaine Delacourte en parle sur son blog (Esprit de parfum)
par _pascale, le 26 juin 2012 à 12:52
Mes questions à propos de L’Heure Bleue ont trouvé des réponses et même au-delà, merci Opium !!
Je ne peux pas comparer la version actuelle de l’edp avec ce qui se faisait avant, donc je la découvre et elle me semble très belle, le départ très anisé (et encaustique) ne me dérange pas, et j’adoooore le fond baumé. Je peux comprendre la déception de ceux qui ont connu l’Heure Bleue à une autre époque quand je vois (sens) la différence énorme entre Shalimar en edt tel que je l’ai connu il y a 20 ans et ce que l’edt est devenue aujourd’hui, horrible, ça me met en colère...
Donc c’est mieux de faire viellir l’edp plusieurs mois, je m’en souviendrai si jamais je décide d’investir dans une bouteille.
Intéressants les rapprochements que tu fais avec d’autres parfums : je ne connais pas Bois de Copaïba de la Parfumerie Générale ; même chose pour les parfums de la marque Grossmith, Maître Parfumeur et Gantier, ou Patricia de Nicolaï, toutes ces marques ne sont pas représentées à Bordeaux, à ma connaissance.
En revanche, je connais L’Air de Rien de Miller Harris, j’aime vraiment beaucoup : le fond ambré-vanillé est délicieux, aussi délicieux que le fond de l’Heure Bleue, c’est là que je les rapprocherais.
Dans le même esprit, Habanita, oui bien sûr ; et il y a Après l’Ondée... c’est le premier parfum auquel l’Heure Bleue m’a fait penser, mais comme une version diluée, très attenuée. Là, je vais rejoindre en grande partie Alice_sfr dont je viens de lire la critique : je sens pour ma part une vague odeur d’iris, peut-être de violette noyée dans une dose massive d’héliotropine qui lui donne cet aspect très sucré. Pourtant je l’ai admiré et porté, mais voilà la magie que beaucoup associent à ce parfum ne fonctionne plus pour moi... à voir quand je rouvrirai ma bouteille d’ici quelques mois, peut-être qu’il se sera bonifié, on ne sait jamais.
PS : J’aime moi aussi beaucoup l’opopanax en parfumerie, il est un des composants de Shalimar, mon premier et énorme coup de foudre quand j’avais 19 ans, d’où le choix du pseudo pour lui rendre hommage.
Bonne journée Opium, et à tous !
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par Opium, le 28 juin 2012 à 23:16
Bonsoir Opopanax.
Je suis très content de savoir que mes réponses ont pu être utiles... ;-)
Comme je le répète souvent, tant que l’on apprécie un parfum, reformulé ou pas (ce qui est rare pour les "vieux" parfums), de bon goût ou non, tant qu’on se sent bien avec, il ne faut pas hésiter et se laisser embarquer pour une histoire durant quelques temps.
Et, L’Heure Bleue, même si elle a pas mal morflé avec ses lifts répétés, conserve de beaux atouts malgré tout. Il est difficile de massacrer totalement une telle beauté.
Shalimar est un parfum qui a, essentiellement, perdu ses notes animales qui lui donnaient une complexité cuirée, une sensation de fourrure, et une tenue, que la version actuelle, bien que très jolie également encore, n’a plus. C’est par ce parfum que j’ai découvert mon amour pour l’opopanax ! Amour que l’on peut satisfaire avec Ligea - La Sirena de Cartusia, avec Manoa de Memo, avec l’Eau Lente de Diptyque et quelques autres... ;-)
Quant à Après l’Ondée, s’il est aussi mélancolique que cette heure du jour où la nuit s’apprête à gagner sur le jour, je le trouve plus humide que L’Heure Bleue. La parenté entre les deux est évidente. Il en serait une version diurne mouillée en somme. Je l’apprécie énormément. Mais, les histoires d’inimitiés, ou de coups de coeur, évoluent avec le temps et notre propre histoire sans doute. Je souhaite que votre re-redécouverte prochaine soit meilleure que dernièrement. Il faut parfois laisser certaines histoires se poser pour que nos rapports avec certains parfums se tassent un peu. ;-)
Belles découvertes et reprises de contact à venir...
A très bientôt.
Opium
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par tambourine, le 29 juin 2012 à 09:21
je passe par là et je m’aperçois, opium que tu décris parfaitement tout ce que je pense à propos de l’hb, d’après l’ondée etc... bref je plussoie à fond.
C’est marrant que tu parles d’après l’ondée comme une version diurne et plus diluée de l’hb.. c’est exactement les mots que j’avais employé un jour où e devais faire un texte sur les grands classiques de guerlain...
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par Opium, le 29 juin 2012 à 15:22
Bonjour Tambourine.
Comment vas-tu ?
Je crois que nous sommes nombreux à avoir le même ressenti concernant Après l’Ondée. Tout est à peu près dans le titre. D’ailleurs, qu’en serait-il si l’on ne connaissait pas le nom : La sensation "mouillée" et mélancolique seraient-elles si présentes ? Je m’avance peut-être un peu, mais, je crois bien que oui... ;-)
L’absence des baumes qui font le charme de L’Heure Bleue, sa douceur finale, participent probablement de cette impression qui est moins dans les codes des parfums nocturnes, plus baumés, plus profonds. De la même manière, pour moi, Datura Noir de Serge Lutens est la version diurne, moins extravertie, moins opulente, mais, avec les mêmes traits pour partie, de Poison, le sortilège nocturne de Dior.
My Blue Hour est un site que j’adore lire, parmi d’autres blogs. Bravo, car c’est toujours un plaisir de découvrir ce que tu as posté. ;-)
Si tu as l’occasion, peux-tu stp remonter un peu dans les échanges et voir si tu as quelques éléments nouveaux à ajouter à Opopanax qui s’interrogeait quant à L’Heure Bleue ? En tant que "spécialiste" de ce parfum, tu pourras peut-être lui apporter des réponses supplémentaires.
A bientôt.
Opium
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par tambourine, le 1er juillet 2012 à 11:41
hello, écoute je n’ai pas grand chose à ajouter à tes propositions toutes très justes sauf peut-être gucci eau de parfum, malheureusement arrêtée, mais certainement encore trouvable sur ebay et autres canaux, une variation plus concentrée sur la fleur d’oranger et plus épicée, sur le thème de l’heure bleue, réalisée par daniela roche-andrier. jeanne lui a consacré un article sur le site.
Sinon je me permets juste d’ajouter, que le parfum pour lequel sylvaine delacourte fait des infidélités à l’heure bleue, c’est cuir béluga. Or à chaque fois qude je porte ce parfum, ma mère me demande pourquoi je porte un parfum qui ressemble à l’hb. Or si la parenté n’est pas évidente à première vue, il y a quand meme dans ce parfum une forte dimension héliotropine et vanille qui peut séduire les adeptes de l’hb ;
et sinon moi le parfum que j’affecte le plus en dehors de l’hb c’est habanita... :)
voilà !
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par Opium, le 3 juillet 2012 à 15:54
Salut Tambourine.
Merci d’avoir pris le temps d’apporter tes précisions.
Gucci Eau de Parfum, je ne m’en souviens que vaguement. Mais, adorant le travail de Daniela Roche-Andrier chez Prada, dès que j’en verrai un, j’ouvrirai et je testerai pour m’en souvenir (sait-on jamais, dans certaines salles de bains, parfois, recèlent de vrais trésors). Les Gucci ont le défaut d’être trop vite discontinués trop souvent, mais, ils ont "de la gueule" : Gucci pour Homme (premier du nom), Rush (la K7 vidéo rose flashy, je l’ai adoré celui-ci...) ; beaucoup de belles sorties par le passé.
Cuir Beluga : Je n’y aurais pas pensé. Mais, je l’ai également beaucoup apprécié celui-ci... C’est vrai que, bien que pas dans la même structure de prime abord, il y a comme un lien de parenté malgré tout (héliotrope et vanille, deux des éléments de signature des "Guerlain old shool"). Je crois que j’ai un échantillon quelque part... ^^
Encore merci Tambourine.
A très bientôt.
Opium
par Opium, le 29 juin 2012 à 15:25
Ps : Par ailleurs, toutes mes excuses à OpopOnax dont je rédige mal l’aurretôgraffeuh depuis quelques commentaires, utilisant l’intitulé qui m’est le plus fréquent d’user alors qu’il y a plusieurs manières de rédiger cette belle matière. Désolé. Oups... ;-)
Bonne journée
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par opoponax, le 29 juin 2012 à 15:56
Moi aussi j’adore lire les articles de Tambourine sur son site My Blue Hour ; j’y ai parfait ma connaissance de L’Heure Bleue, son parfum préféré dont elle parle si bien.
Quant à Après l’Ondée, oui j’y reviendrai probablement un jour... en ce moment, mes envies me portent vers des parfums très présents, à sillage, Mitsouko en edp par 35 degrés par exemple ; curieusement ça passait très bien : il est devenu très moelleux et velouté et s’est parfaitement fondu sur ma peau, personne ne m’a fuie en se bouchant le nez ; )
Opoponax ou Opopanax, ce n’est pas important ; moi j’ai transformé Alice_mfr en Alice_sfr, alors...
Désolée, Alice !
par Opium, le 25 juin 2012 à 15:23
Bonjour Opopanax et à tou(te)s.
Tout d’abord, j’ai lu de biens jolis échanges sur la collection familiale et les enfants... ;-)
Ensuite, pour en revenir à la question initialement posée, je confirme les propos de Jicky.
En l’état actuel, pour la plupart des créations anciennes de Guerlain, certain(e)s s’accordent à penser que, quand elles existent, les concentrations les plus intéressantes du fait des qualités de structure et de critère de technicité (diffusion, sillage, tenue, équilibre de composition) sont actuellement les EdP. Cette concentration n’existe pas pour Vol de Nuit ni Après l’Ondée. Les versions en EdT, si elles restent très belles, se révèlent souvent bien fugaces. En revanche, les versions en EdP, si elles perdent en ciselage et en transparence, du fait de la concentration supérieure, se révèlent être meilleures en sillage et tenue. Le gain de la concentration en Extrait est, actuellement, une question de goûts. L’architecture est fort belle le plus souvent, mais, la tenue pas toujours meilleure, cela dépend des cas (tenue améliorée pour Vol de Nuit mais pas tant que ça pour Shalimar selon certain(e)s) ; et, le sillage, du fait de matières "de fond" accrues, a tendance à en faire plutôt des parfums de peau que des parfums à sillage.
Mais, cela est un avis général qui concerne Guerlain, il y a des exceptions, mais, je dériverai trop de la question posée à tout référencer.
Enfin, à propos de L’Heure Bleue, en son état actuel, au jour où je rédige (car, comme pour nombre d’autres parfums Guerlain, une tentative d’amélioration de l’existant serait en cours...), qu’en est-il donc ?
Je possède un flacon d’EdP de 2011, donc, issu d’un batch récent.
De mon point de vue, tout personnel, la rondeur et la fluidité passées ont subi de fortes altérations. Aujourd’hui, la première heure se fait dans une ambiance "bleu-noir" ou "bleu-nuit". Une note très anisée, presque violente, se dégage. Elle me semble être presque dissonante : D’où, le fameux, pour les perfumistas : "L’Heure Bleue is dead" ! Avant, l’évolution était bien plus harmonieuse, pas de brutalité ni violence en tête. On se situe entre le goudron et quelque chose d’un peu "bitumé", comme je nomme cette heure d’évolution. Après une heure, l’aspect doré de L’Heure Bleue, son poudré magnifique floral baumé apparaît enfin. C’est tellement beau au bout d’une heure que cele mérite l’entrée en matière un peu brutale des premiers instants.
Celles et ceux qui auront bien connu le parfum il y a des années, ne pourront qu’être encore davantage surpris par l’entrée en matière.
C’est là que le bât blesse : Les nouvellement amoureux de L’Heure Bleue, sans point de comparaison, pourront être subjugués. Les anciens amoureux, eux, ne peuvent que constater les dégâts des lifts répétés, dont les derniers ont été bien trop tirés (par les cheveux ?)... Bref. Toujours la même histoire...
La technique donnée par Jicky est celle qu’a expliqué Sylvaine Delacourte. Il s’agit, afin "d’arrondir les angles", de faire subir un vieillissement un peu précoce au parfum. Pour cela, il faut l’enclencher, donc, vaporiser un peu du parfum. Puis, l’oublier durant quelques mois, 6 à peu près, dans le noir, au frais, dans un tiroir, au frigo (pas dans la salle de bains où les variations de température sont trop importantes). J’ai testé la méthode, et, oui, cela donne un aspect plus policé, plus harmonieux aux parfums. Rien de miraculeux, entendons-nous bien. Mais, du mieux tout de même.
Peut-être Tambourine aura-t-elle l’occasion de passer par ici, c’est vraiment elle la "spécialiste" de ce parfum ! ;-)
Quelques petits conseils encore... Parfois, être infidèle, en se référant à des choses proches, peut être une solution. Voici quelques idées de parfums assez proches de L’Heure Bleue pour valoir un détour :
– Bois de Copaïba - Parfumerie Générale : L’hommage de Pierre Guillaume à ce monument de la parfumerie.
– Sacrebleu - Patricia de Nicolaï : Il semble que la nièce de Jean-Paul Guerlain ait voulu rendre un bel hommage à L’Heure Bleue, oeuvre majeure dans la dynastie familiale du parfum. Le fond y fait un clin d’oeil qu’on ne peut pas rater... ;-)
– Shem-el-Nessim - Grossmith (une marque anglaise disponible chez Jovoy) : Parfum datant de plus d’un siècle, il est très très proche du Guerlain. Bien que très évolutif, les notes sont si serrées, si bien orchestrées, qu’on a l’impression que tout arrive vite. Mais, c’est le fond délicieux poudré baumé qui, dès le départ, est présent et harmonise la composition. C’est un peu comme dans Shalimar : Tout est présent très vite, et, le fond se révèle en prenant le pas sur la tête, mais, sans jamais qu’elle disparaisse totalement. Alors que L’Heure Bleue est beaucoup plus évolutive avec une soustraction des matières bien plus franche : On ne sent pas les mêmes choses du tout au début et à la fin de l’évolution. Shem-el-Nessim ressemble fort à L’Heure Bleue, évolue de la même manière, mais, le fond y est présent comme la vanille se fait sentir dès le début dans Shalimar. La tenue est spectaculaire, ça résiste à la douche et dure plus de 24 heures ! Seul défaut : le prix => 275 euros les 100 mls. Et, cela doit probablement être difficile à trouver en dehors de Paris.
– Fleur Oriental et L’Air de Rien - Miller Harris : Assez différents du parfum concerné ici, il y a, malgré tout, des notes et une "musicalité" commune. Il peut être intéressant de s’y pencher. Mais, encore une fois, ici, on s’éloigne du "copycat" très proche. C’est plus par l’esprit que cela peut être intéressant à sentir.
– Habanita - Molinard : Egalement assez différent, bien plus tabac. Mais, encore une fois, malgré tout, il date de la même période et a quelque chose dans l’esprit. Malheureusement, la marque a eu la malheureuse idée de supprimer, pour le moment, l’EdT, pour ne laisser sur le marché qu’une nouvelle version en EdP. A tester...
– Or des Indes - Maître Parfumeur et Gantier : Egalement très proche du triptyque Shalimar - L’Heure Bleue - Habanita, s’éloigne de L’Heure Bleue, très opopanax baumé, mais, sait-on jamais.
Voilà pour mes quelques petits conseils. En espérant avoir été utile...
Très belle journée.
Opium
Ps : L’opopanax est une matière en parfumerie que j’adore... Aaaaahh, le fond de l’Eau Lente... ;-)
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par Newyorker, le 13 décembre 2012 à 15:52
Une fois n’est pas coutume je poste en retard, une fois que la messe est dite, que tout le monde a senti . Pour la petite histoire, je me suis décidé à aller tester l’Aurore, le Zénith et le Crépuscule. Aucun ne m’a emballé, je les ai tous trouvés très fades, et deux d’entre eux (je ne sais plus lesquels) m’ont même rappelé la défunte Petite Robe Noire n°2…Autant vous dire que ce ne sont pas des merveilles donc. J’ai voulu les comparer à l’Heure Bleue EDP, comme ça, pour voir. J’avais oublié cette histoire de reformulation 2011 (j’avais pas senti l’Heure Bleue en boutique depuis 2 ans environ car je vis sur mes extraits et échantillons) et je m’attendais à retrouver le parfum que j’avais toujours connu…OMFG...What the Fuck ?! Au début j’ai eu du mal à le reconnaitre, honnêtement, j’ai même du mal à décrire ce que j’ai senti en notes de tête. Je me suis demandé si ce n’était pas l’EDT. Il est à fois différent de ce qu’il était et totalement délavé. Il retombe approximativement sur ses pattes au bout d’une heure comme le dit Opium mais les notes baumées, poudrées opulentes, fines, rondes et subtiles ont disparu. C’est comme si on avait coupé le fond et ajouté à la place une note rêche, pauvre, synthétique. Si je poste c’est surtout pour rebondir sur ce que tu disais cher Opium, à savoir qu’ils seraient en train de travailler à l’amélioration de certaines reformulations. Tu as (ou qui que ce soit) du nouveau sur la question ? Parce qu’actuellement bonjour l’angoisse.
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par Jicky, le 13 décembre 2012 à 16:52
Pourtant, dieu sait si cette version de L’Heure Bleue semble "mieux" que celle de y’a un an/6 mois...
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par Newyorker, le 13 décembre 2012 à 17:08
Ah parce que maintenant ça reformule deux fois par an ? AHAH, on dirait que l’on parle d’une collection prêt-à-porter ou d’un millésime, d’une cuvée. Terrifiant.
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par Jicky, le 13 décembre 2012 à 20:51
Bah est-ce que ce sont de grosses reformulations comme celle de 2008 ? Non, clairement. Mais c’est une question d’équilibre en fait.
A l’époque (début 2012), on sentait comme une acidité un peu bancale, stridente (mais pas dans le "bon" sens du terme) qui est plus là dans la version de maintenant...
Bon, de toute façon l’Heure Bleue est morte hein, y’a pas photo...
par Opium, le 13 décembre 2012 à 20:18
Bonsoir Newyorker.
Je partage ton point de vue et je te pique deux mots pour résumer ces nouvelles moutures de L’Heure Bleue : "très fades". Or, ce ne sont pas des termes qui conviennent à "l’original"... Le seul intérêt, selon moi, outre de mettre sous les spotlights ce (parfum) centenaire, a été de me faire prendre conscience de la fleur d’oranger dedans... Sinon, bah, pas très utile ni folichon. Mais, il est difficile d’égaler ce mythe. Si la pub lui est utile, tant mieux.
Ta description correspond plutôt bien à mon souvenir d’une version "assez récente" achetée au premier semestre 2011 : Une tête violente, bitumée, trop "noire" plus que "bleue" avec un anis hors de contrôle, désolidarisé des facettes florales (une impression d’estragon qui vivrait sa vie seul et finirait brûlé sur une coulure de goudron chaude), et un fond poudré moins dense. En fait, ce problème n’existe pas avec Shem-el-Nessim de Grossmith : Moins évolutif, il est vrai, mais, avec toute l’aura d’un vintage. Une rondeur, un fondu, une densité, joussifs. Aucun effet de "trous d’air", pas "d’emmentalisation" du parfum, les notes sont serrées, elles évoluent en rangs serrés comme de bons petits soldats, durant un défilé de poudre qui dure des heures. C’est fourni, impressionnant, épais, mais, très harmonieux. Pour la modique somme, il est vrai, de 275 euros le 100 mls ! [Aaaaaaaaaaaaaaarrgghhhh !]
Pour te répondre, les reformulations sont parfois produites au fil de l’eau. Ce qui sous-entend qu’un batch de production peut être défaillant (comme une sorte de test en somme), alors que tout redevient "normal" ensuite. Chez Guerlain, il semble que des tests soient réalisés en continu. D’abord, pour mettre aux normes des réglementations. Puis, dans un second temps, parce que la maison est "entretenue" par des passionné(e)s, les reformulations insatisfaisantes sont revues ensuite et toujours en cessions de travail afin de les améliorer quand cela est possible (à un prix de revient financièrement viable je suppose).
Pour citer un exemple de reformulations au fil de l’eau, l’an passé, Angel virait "ananas", très "synthétique" et "cheap" pour les habitué(e)s ; or, il a récupéré sa structure "habituelle" cette année (sensations de cacao et fruits rouges sur une structure patchouli [mais, sans ananas !]).
La production des matières naturelles peut jouer également. Ce serait le cas, d’après ce que l’on m’a dit (donc, je ne peux pas confirmer les propos) pour Angel justement : une bonne qualité de patchouli lui évitant de sombrer dans les méandres d’autres fruitchoulis très "plastoc et Teisseire" (ce qui explique en partie, outre le positionnement, le prix, qui est assez élevé pour un parfum mainstream). Ainsi également, Shalimar varie énormément en fonction de la production annuelle de bergamote.
Là, les testeurs du Printemps Haussmann affichaient du mieux pour Shalimar (un poil plus animalisé, mais, peut-être était-ce dû à la chaleur...) et L’Heure Bleue (la tête agressive a été mise sous contrôle semble-t-il, mais, le fond est toujours délavé ; la faute à l’aldéhyde anisique peut-être qui, restreint, retirerait une part des facettes de ce monument).
En fait, avec les Guerlain, le conseil à suivre, c’est de les tester régulièrement. Parfois, ça casse. Parfois, ça passe de manière surprenante. Sinon, il y a, surtout, la solution des "vintage", mais, je crois que tu es déjà bien au courant... ;)
Il faut, aussi, relativiser un peu ce que nous avons écrit à propos de notre tout dernier test : Il peut s’agir de vieux testeurs. La chaleur a pu jouer (en bien pour une fois, en accélérant la macération en flacon). Nous étions peut-être dans un jour d’indulgence avec Jicky. Une multitude de raisons peuvent expliquer notre "meilleur" ressenti de ce que nous avons testé il y a peu et qui nous a semblé mieux pour deux des parfums qu’il y a six mois et il y a un an... Mais, ces précautions précisées, ces deux-ci nous ont paru mieux. Mitsouko, lui, ne paraît pas avoir bougé cette année.
Voilà pour la tentative d’explication... En souhaitant être utile.
Bonne soirée Newyorker. A très vite.
Opium
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par Newyorker, le 14 décembre 2012 à 14:42
Jick et Opium contrôleurs qualité chez Guerlain !!! Merci beaucoup pour ta réponse en tout cas cher Opium, riche et trèèès complète as usual. C’est très intéressant. C’est drôle cette variation de la bergamote pour Shalimar, c’est vrai, souvent lorsque je le sens en boutique, j’observe des nuances dans les notes de tête. La bergamote est sensiblement différente, c’est subtil mais ça se sent. Je ne savais pas en revanche que les reformulations étaient constantes, c’est à la fois rassurant et inquiétant, comme une sorte de perpétuelle remise en question. Comme quoi, il faudrait vraiment faire des stocks d’un parfum dès qu’on tombe sur une version qui nous plait.
Quand je respire au calme l’Heure Bleue, chez moi, pour m’évader, je sors aussi souvent mes flacons de l’Origan de Coty et d’Après l’Ondée en Extrait pour comparer les trois, pour les faire jongler sur ma peau. La filiation est tellement évidente, c’est assez rigolo. En fait pour moi les vraies déclinaisons autour d’un seul et même parfum pourraient être les suivantes : Après l’Ondée serait l’Aurore, l’Origan le Zénith et l’Heure Bleue le Crépuscule. Souvent, deux d’entre eux possèdent des notes communes que n’a pas le troisième (ou qui est en sourdine). C’est très intéressant à comparer. Bon après l’Origan c’est du méga Vintage donc y’a forcément une « patine », tout frais il devait certainement être assez différent mais il tisse bien le lien entre l’Heure Bleue et Après l’Ondée. Deux d’entre eux partagent une note anisée, deux autres une belle fleur d’oranger, une belle note héliotropée, un œillet lancinant etc…et ces notes communes forment une sorte de pont, un lien entre chacun de ces parfums qui permet de passer au suivant et de comprendre sa construction (je ne sais pas si je suis très clair lol). Bref cette filiation évidente, ces ponts se brisent aujourd’hui peu à peu dans les nouvelles versions de l’Heure Bleue.
Bon weekend à vous tous !
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par Opium, le 14 décembre 2012 à 20:09
Bonsoir Newyorker.
Merci à toi, en retour, pour tes échanges et tes précisions.
J’aime beaucoup la "série de trois moments de la journée" que tu proposes. Elle semble cohérente, et, je te rassure, tu es très clair.
J’ai senti, il y a quelques temps, L’Origan, il s’est, effectivement, patiné, amolli et arrondi, mais, quelle beauté malgré les années... Plus aromatique, un poil plus tranchant, mais, le couteau qui tranche est dans un gant de velours, tout en délicatesse. Et, comme tu le dis, le coup, ou plutôt, la caresse portée de main ferme, serait effectuée à midi. Alors que L’Heure Bleue, anciennement plus langoureuse, serait "l’heure de tous les possibles", ce moment où je trouve les gens particulièrement séduisants, quand la nuit, sur le point de tomber, embellit tous les gens que je suis amené à côtoyer...
Emeraude m’a fait le même effet concernant Shalimar : Il m’a semblé plus complexe, posséder une facette supplémentaire, être presque encore plus seyant.
Un conseil : Si tu ne les connais pas déjà, va découvrir les Grossmith, vraiment. Surtout les trois premiers... Je ne touche pas de parts sur les achats. Mais, c’est simplement, merveilleusement, beau. Une vraie et grande aura vintage. Au moins, étant donné le prix, à tester pour se rendre compte que l’on fait encore des choses somp-tu-eu-ses et complexes.
Très belle vision de la filiation entre Après l’Ondée, L’Origan et L’Heure Bleue, je crois bien la percevoir. Shem-el-Nessim, s’il fallait un quatuor, et si l’on acceptait un parfum anglais (comme son nom ne l’indique pas), en serait parfaitement, me semble-t-il, la nuit tombée (lascive, langoureuse...).
Bon week-end à toi et aux lecteurs/trices.
A bientôt.
Opium
Ps : Je me suis emballé hier, voici le 500ème commentaire, pour un parfum qui fête ses 100 ans. Logique ! ^^
par _pascale, le 24 juin 2012 à 18:04
Non, interdit de les ouvrir, mais je retenterai ma chance à ma prochaine visite. Ce sont des mini-flacons de collection dont la contenance varie, 5ml minimum je dirais.
Le "bébé" à déjà 5 ans, et il demande encore parfois à être pouponné ! Les enfants, il n’y a rien de mieux c’est vrai, mais ils grandissent trop vite. J’’avais déjà repris à mi-temps donc le plein temps se fera, j’espère, sans trop de difficultés. Merci pour tes vœux de succès !
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par Jean-David, le 24 juin 2012 à 20:14
Le seul moyen de conserver un lien avec les bébés alors que les précédents grandissent : en faire d’autres !
Ainsi, on peut de nouveau sentir le parfum si particulier de la peau des bébés, proche, selon Pierre Guillaume, des molécules de la banane et du musc.
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par Patrice, le 25 juin 2012 à 11:06
Le parfum de Pierre Guillaume qui sent le bébé : Louanges Profanes !
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par Jean-David, le 25 juin 2012 à 12:57
Hello Patrice ; plus exactement : c’est ce que Louanges profanes aurait dû être à l’origine, comme il le raconte. Mais après avoir fait sentir ses premiers essais à sa "commanditaire", celle-ci lui a fait changer de direction. Il s’agissait désormais de faire un parfum qui évoque "l’amour avec un ange". Pour ma part, j’ai essayé Louanges profanes, et il ne me fait penser ni à un bébé, ni à quelque chose de particulièrement sensuel et spirituel à la fois. Ce parfum reste une énigme, et je lui préfère Cozé, Indochine et Jardin de Kérylos.
par _pascale, le 24 juin 2012 à 17:26
J’y penserai, Jean- David, mais je reprends à plein temps en septembre et je suis maman, donc question disponibilité ça va être délicat ! Une de mes tantes a une collection d’environ 400 mini bouteilles qu’elle a commencée à la fin des années 70, je bave devant les vitrines à chaque fois que je vais chez elle, mais interdiction de les ouvrir juste pour sentir ; Vent Vert, Miss Dior, Chanel 19, vintage bien sûr, elle a presque tout !
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par Jean-David, le 24 juin 2012 à 17:46
Mais elle ne permet pas de les ouvrir pour les sentir ? Tu pourrais peut-être obtenir son accord pour les sentir "sous sa surveillance", non ? Et c’est quelle contenance, chaque mini-flacon ?
Bon succès pour la rentrée professionnelle, et pour le pouponnage. Les enfants, il n’y a rien de mieux dans la vie !
par _pascale, le 22 juin 2012 à 19:34
Bonsoir à tous,
L’Heure Bleue fête ses 100 ans cette année. Je donne 3 étoiles à l’edt, la seule concentration que j’aie sentie, peut-être l’edp et l’extrait font qu’il en mérite 4, mais ça j’aimerais bien que les guerlinolâtres d’Auparfum me donnent leur opinion ; attention je voudrais avoir des avis sur les versions actuelles, je me doute bien que L’Heure Bleue vintage, ça doit être un autre monde.
Selon Tania Sanchez, "L’Heure Bleue is dead", rien que ça ; en plus, il aurait été de nouveau reformulé récemment, et pas pour le meilleur...
J’ai lu que Guerlain allait sortir une version "anniversaire" de l’Heure Bleue cette année, une réinterprétation plus moderne par Thierry Wasser, déclinée en edt, edp et extrait ; la version actuelle serait toujours disponible.
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par Jicky, le 23 juin 2012 à 18:20
Bon bah ça va, l’heure bleue en edt c’est la pire !
L’edp met une petite heure à se stabiliser en tête, mais d’après nos expert ès Heure Bleue (aka Sophie & Opium), le mieux c’est de la laisser tranquille environ 6 mois. Et c’est très beau.
L’extrait est top aussi. Mais beaucoup, beaucoup plus cher !
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par Jean-David, le 24 juin 2012 à 14:18
Ma mère m’a filé son Heure Bleue EDT de vingt-cinq ans d’âge, qu’elle n’avait que très peu portée. "Bouleversifiant". Une oeuvre d’une vision si lointaine, d’un coeur si profond, d’une inspiration si élevée...
A part ça, pour rester dans la guerlinade, ce vendredi, j’étais allé porter un plat à cuire chez ma voisine car je n’avais plus de gaz. Ma voisine m’a dit : "C’est chouette, ton eau de toilette, c’est quoi ?
– Anisia Bella de Guerlain, dans la série des Aquae allegoriae, lui répondis-je.
– Ah, Guerlain, oui... J’ai reçu en cadeau L’Instant, mais je ne l’aime pas.
– Ah ! ça m’intéresse. Si tu n’as pas l’intention de le mettre, voudrais-tu me le vendre ?"
C’est ainsi que nous nous sommes accordés sur un prix honnête, pour ce flacon à peine entamé, et auquel il manquait seulement le boîtier (dommage).
(Intermède : il ne me rappelle pas Musc ravageur, du même auteur, mais bien 24, Faubourg, à certains égards... Même enveloppement, même sentiment d’être bercé, même esprit orange foncé.)
Quand je suis retourné prendre mon plat chez ma voisine, son mari était là. Comme je payais alors sa femme en recevant d’elle le précieux flacon, mon voisin a demandé ce qui se passait. Nous lui avons expliqué notre transaction. Réaction : "Un parfum pour femme ? Arrêtez vos c..."
Je lui ai demandé si cela le choquait, mais lui :
"Non, non, tu fais ce que tu veux. Si tu veux même t’habiller en jupe ou en robe, c’est ton problème."
Je lui ai proposé de le sentir, mais il a eu un mouvement de recul. C’était assez comique, dans le genre.
J’ai été rassuré ce matin en conversant avec un ami (fort viril et bon papa) de Nouvelle-Calédonie, qui m’a montré par Skype sa jolie garde-robe (Hermès, Guerlain, Penhaligon’s, Goutal...) et m’a expliqué qu’il portait volontiers des féminins.
Ce qui est comique aussi, c’est que s’ils ignorent qu’il s’agit d’un "féminin", les partisans de la théorie du sexe des parfums ne sont pas choqués par ce que l’on porte. Ce n’est que lorsqu’ils apprennent, et s’ils apprennent, qu’il s’agit de tel parfum réputé féminin, que le froncement de sourcils s’ensuit, avec la parole immanquable : "Mais c’est pour femme, ça, non ?"
Puis à l’incrédulité succède l’effarement.
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par barmassa, le 24 juin 2012 à 16:05
D’accord avec vous Jean David, on peut même penser q’un parfum pour homme ou pour femme, c’est aussi ridicule que de parler d’une littérature pour homme et d’une littérature pour femme,d’une musique pour l’un ou l’autre sexe, de couleurs sexuées, bref l’art a-t-il un sexe ? Mais si Coco Chanel avait demandé à Ernest Beau de créer un parfum qui sente l’homme, aurait-il créer le N° 5 ? !
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par Jean-David, le 24 juin 2012 à 17:00
Il est certain, Barmassa, que ces créateurs avaient à l’esprit la "femme éternelle", ou bien encore une femme bien précise ; c’est cette muse qui les guidait, cette féminité qu’ils voulaient servir. Si un homme s’approprie aujourd’hui ces parfums, c’est peut-être qu’il voit en eux des oeuvres d’art, des spectacles olfactifs auxquels il veut s’inviter. Il faudrait alors distinguer le parfum-peau - qui n’est pas forcément "de peau" -, mixte ou masculin qui seconde l’image que nous nous faisons de nous-mêmes, et le parfum-objet, féminin que sa genèse rend distant, fuyant peut-être, mais que nous ne nous lassons pas d’admirer, quitte à le porter. Le premier est l’intime compagnon de notre virilité, le second, l’image idéalisée de l’éternel féminin.
Mais ce faisant, nous contribuons aussi à modifier les codes culturels. Le parfum-objet peut glisser, à mesure que nous le portons, dans notre giron. Il se mêle à notre peau d’homme, y réagit à sa façon, et se voit annexé - à son corps défendant ? - à l’univers masculin auquel son créateur ne le destinait pas. La rose, le jasmin et l’ylang que nous admirions comme un rêve inaccessible s’intègrent à notre bande originale olfactive, et d’objets de désir, de délire ou de fantasme, deviennent nos très coopérants auxiliaires.
par opoponax, le 24 juin 2012 à 16:58
Je l’ai moi-même retesté en edt hier : un départ très fusant et plus rien où presque en moins d’une heure ; dans mon souvenir, 1 ou 2 ans maximum, l’EdT était tout de même plus tenace et dense ! Donc plus décevante qu’horrible l’EdT de l’ Heure Bleue ; effectivement l’EdP semble encore valoir le coup.
Vous me faites rêver Jean-David avec votre EdT vieille de 25 ans ; pourquoi ce genre de choses ne m’arrive-t-il jamais ?!...
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par Jean-David, le 24 juin 2012 à 17:09
Opoponax, il faut fréquenter les dames et demoiselles âgées. Leur conversation est souvent délicieuse, elles ont mille et une choses à raconter, et cette seule raison suffit. Mais de plus elles vous font parfois le cadeau d’un objet d’autrefois... Comme mon ancienne prof de piano, qui m’avait offert des éditions de Jules Verne datant de sa jeunesse. Je dis ça, mais la difficulté est de se rendre aussi disponible qu’elles.
par AuSoleil, le 4 avril 2012 à 23:29
Bonjour à tous,
Je lis ce blog avec beaucoup d’intérêt et de curiosité.
Je viens de recevoir un flacon de l’heure bleue (vide malheureusement) ayant appartenu à ma grand-mère et dans sa boite. Comment savoir de quand date le flacon ? J’ai l’impression que sur le fond du flacon est gravé "43" cela peut-il correspondre à l’année ?
Merci d’avance,
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