Datura Noir
Serge Lutens
Coup de cœur
- Marque : Serge Lutens
- Année : 2001
- Créé par : Christopher Sheldrake
- Genre : Féminin
- Famille : Florale
- Style : Gourmand - Opulent
Stupéfiant
par Jeanne Doré, le 23 juin 2007
Le datura, plante aux propriétés hallucinogènes très puissantes, voire mortelles, est considéré comme une des drogues les plus fortes et dangereuses.
Chez Serge Lutens, le Datura Noir est une des créations les plus originales et intrigantes de la gamme. Il m’a immédiatement évoqué l’odeur d’une fleur de pavot, celui que l’on trouve chez le fleuriste, hein, pas celui qui contient l’opium (que je n’ai jamais senti), bien que les deux appartiennent à la même espèce. Une sensation très subtile, poudrée, insaisissable, et un aspect médicamenteux, un peu narcotique.
A vrai dire Datura Noir est loin d’être aussi subtil qu’une fleur de pavot, il s’ouvre de manière imposante et insolente avec un accord de fleurs blanches, tubéreuses, osmanthus, et ylang-ylang, qui rappelle l’odeur du vernis à ongles, à peine rafraîchi par une note citronnée.
Ce premier effet un peu chimique et médicinal dissipé, on perçoit enfin l’accord poudré, fruité, amande amère, cerise et noix de coco, qui suggère l’amertume -présumée- et l’aspect toxique du poison psychotrope.
Le fond reste longtemps très poudré, et devient de plus en plus vanillé, lacté, crémeux comme un baume protecteur, aux vertus un peu magiques et mystérieuses.
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par maena, le 9 mars 2013 à 10:21
C’était ma découverte coup de coeur de l’été 2012.
Je me retrouve dans la description de C4 coco.
Je dirais que je le trouve solaire, un peu comme SummerbyKenzo arrêté bien entendu pour l’habituée que je suis :-).
Un féminin cocoonesque sans être étouffant pour l’été. Il m’inspire des journées d’été assez oisives ... dolce vita
La tenue n’est cependant pas très bonne, donc pour certaines on pourra en abuser un peu :-).
Tous les Lutens ont, je trouve une attaque très abrupte sur les notes de tête.
Cela peut plaire ou déplaire. Certains Lutens m’ont déplu immédiatement pour cette raison et du coup je ne me laisse pas la chance de voir comment le développement se poursuit.
Cela étant un parfum reste un Tout, un ensemble, une poupée russe que l’on ouvre et découvre au fil du temps. On ne va pas se forcer à le porter si la première poupée vous repousse.
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par Opium, le 10 mars 2013 à 21:23
Bonsoir encore et toujours Maena.
Selon moi, Datura Noir a toujours eu quelque chose d’un "Poison Light", d’un "Poison Eau de Jour" (clin d’œil aux intitulés masculins de "Armani (Classique)" et de sa nouvelle interprétation nocturne) ou d’un "Poison Eau Légère Secrète (Fruitée)" comme on pourrait nommer un 127ème flanker. La tubéreuse, fleur blanche fruitée par une note de noix de coco et par de l’anthranilate de méthyle qui peut évoquer le chewing-gum aux fruits exotiques, peut sembler proche du tiaré et est, souvent, magnifiquement solaire. Ici, soutenue par l’amande, voire la cerise, elle rayonne ! ;)
"Tous les Lutens ont, je trouve, une attaque très abrupte sur les notes de tête". Faut-il, alors, leur laisser une seconde chance ou non ? A vous de voir. Il n’y a aucune autre gamme qui fasse autant causer.
Pour ma part, ce démarrage vitupérant que l’on constate dans nombre de parfums, fait une bonne part du charme de certains des parfums et leur attribue une dimension artistique qui manque cruellement ailleurs.
Que serait Tubéreuse Criminelle sans son hurlement de camphre ou Muscs Koublaï Khän sans sa violente bouffée de sueur issue des cages aux fauves ? Ils seraient juste des parfums de plus, une tubéreuse parmi d’autres et un musc qui remplit les rayonnages. Par ces traits caractéristiques de la surdose, ils sont des chefs d’œuvre et, comme toute forme d’art, peuvent être incompris, déplaire, ou susciter la plus vive émotion, qu’il s’agisse de rejet ou d’admiration.
Bonne soirée a nouveau.
Opium
Ps : J’admire Tubéreuse Criminelle et Muscs Koublaï Khän, mais, je ne suis pas toujours prêt à les porter. Il me faut des moments et certains états d’esprit. Datura Noir étant plus accessible, je le porte bien plus souvent, et toujours avec un grand plaisir. C’est qu’on n’est pas forcément fait pour porter tous les jours des chefs d’œuvre ; pas moi en tous les cas... ;-)
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par Nicolaï, le 11 mai 2014 à 16:05
Juste une petite remarque, qui n’enlève rien à l’excellence de votre commentaire.
Comme elles sont toutes deux un peu médicamenteuses, on confond souvent la note camphrée avec la note phénolique. La note dite camphrée - qu’on retrouve bien sûr dans l’huile essentielle de camphrier, mais aussi dans l’eucalyptus, le laurier, le romarin, l’absinthe, l’armoise, le basilic... -, est dûe au 1-8 cineole ou "eucalyptol", un monoterpène. Elle correspond globalement à l’odeur du Vicks, pour ceux qui connaissent, sorte d’onguent pour le rhume et la toux...
La note phénolique, elle, est due aux salicylates de méthyle et d’éthyle, qu’on retrouve entre autres dans la tubéreuse (plus le soir qu’en journée...), dans le bouleau noir, la gaultherie (wintergreen), deux esters puissants qui font le départ criminel - un brin surdosé - de la... Tubéreuse lutensienne :)
par sherapop, le 2 janvier 2012 à 17:31
Trop lourd et dense pour moi. Même légèrement appliqué, je trouve Datura Noir impénétrable.
par catfat, le 2 janvier 2012 à 11:48
@Patrice et @Garance2, merci pour vos réponses ! J’avais craqué pour Féminité du bois, pas au premier abord, mais en y revenant plusieurs fois. Cela m’avait donné envie d’explorer cette famille, moi qui suis très "floral fleuri" ! Je garde vos conseils en tête pour mon prochain voyage olfactif !
par Garance2, le 22 décembre 2011 à 22:11
@ Catfat Dans les boisés, pour rester chez Le Grand Serge, il y a bien sûr Féminité du Bois et toutes ses déclinaisons. Je vous conseille également Sensuous d’Estée Lauder. Il n’est pas très porté, il est original, a du caractère, et un vrai sillage.
par catfat, le 22 décembre 2011 à 16:58
Lectrice assidue d’Au parfum je me décide à poster mon 1er commentaire ! J’en profite au passage pour remercier Jeanne et tous les fidèles commentateurs au nez si fin et à la plume si jolie :)
Quoi d’autre que 4* pour le parfum que j’ai fini par choisir, après des années de disette ? l’eau de Kenzo puis carrément rien du tout... il fallait que cela cesse !
Et donc ça a démarré fort ! J’ai hésité longtemps entre Datura noir et Serge noire pour opter pour la douceur vénéneuse de la première, sans renoncer à la séduction mystique de la seconde (j’utilise avec parcimonie mon échantillon...)
Mais je ne peux plus sentir ce parfum maintenant, est-ce possible ? Moi qui me réjouissais de mon odeur dans les premiers temps je ne peux plus qu’en discerner une trace sur mes vêtements.
Il est donc temps d’alterner, après deux mois d’amours exclusives... Je me tournerai bien sûr vers Au parfum pour ce second choix crucial, j’ai envie d’explorer une autre famille, pourquoi pas les boisés ?
Une lectrice admiratrice de la finesse de vos analyses, qui ne peux que déplorer en retour la grossièreté de ses sensations
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par Patrice, le 22 décembre 2011 à 20:07
C’est cool aussi les boisés ! :)
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Tout d’abord bienvenue à vous !
C’est toujours un plaisir de lire de nouvelle plume...
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Pour en revenir aux boisés, il y a un large choix !
Ceux qui me viennent comme ça, à l’esprit, ce sont Carbone de Balmain (le grand frère du tout nouveau Autoportrait, d’Olfactive Studio), Vétiver de Guerlain et Encre Noire de Lalique (deux masculins, mais pourquoi pas après tout !).
Chez Lutens, on peut aller du côté de Cèdre, de Bornéo ou de Chêne.
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Je pense également à M7 Oud Absolue de YSL, que j’ai là sur le poignet. Je le vois tout à fait sur une femme également, tant il joue sur la rondeur presque vanillée !
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Il est vrai qu’actuellement, trouver un beau boisé dans les rayons mainstreams féminins, c’est plutôt compliqué. pas grand chose ne me vient !
A part à la limite Perles, mais qui a été reformulé et qui, apparemment, n’est plus que l’ombre de lui même !
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Sinon, ensuite, on peut aussi aller voir du côté "niche" de la force !
par Opium, le 24 avril 2011 à 11:22
Oui, 18 degrés, 25 cet a-m’, et, effectivement, c’est un régal... Il faut juste, savoir doser... Mais un peu comme souvent avec la tubéreuse, cette "fleur un peu difficile" qui, par son exhubérance, peut être exaspérante. Si on sait en profiter "calmement", elle est charmante ! ;-)
Très belle journée parfumée Cellist et Amalia !
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par amalia, le 26 avril 2011 à 07:51
Bonjour bonjour !
7H00 du mat et le nez dans mon orgue à parfums pour sentir l’amande et la cerise (et un petit coup de vétiver pour me donner du courage...).
Vous avez effectivement raison Géraldine pour la similitude entre les deux.
Je m’étais un peu calmée avec la tubéreuse et voilà que ça me reprends depuis quelques jours, je me vaporise un peu de Carnal Flower tous les soirs, d’ailleurs il va falloir que je me réapprovisionne.
Bonne journée parfumée à tous !
par cellist, le 23 avril 2011 à 09:32
Datura Noir est sur ma peau un parfum un peu caméléon. Le départ me fait penser à une poire extrêmement mûre : très juteux et sucré. Le coeur et le fond fait ensuite comme une version légère de Poison de Dior. Une sorte de Poison l’eau d’été chérie, mais en réussi.
Malheureusement je passe à coté de l’amande amère et de la cerise dont vous parlez, Jeanne, Poison comme Datura Noir laissant sur ma peau un accord simplement miellé.
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par amalia, le 24 avril 2011 à 10:03
Je voulais répondre à votre message hier cellist mais je n’en ai pas eu le temps.
Datura Noir ne m’a pas rappelé Poison, mais par contre j’ai cru y sentir de la tubéreuse.
Pas de tubéreuse dans la composition à priori (mais dans poison là oui).
Sinon j’ai bien la note amandée mais pas la cerise... Y a encore du boulot !
Bonne journée !
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par Opium, le 24 avril 2011 à 11:11
Bonjour Amalia et Cellist !
Je me permets de répondre car je porte depuis hier Datura Noir et Poison.
En les comparant "in vivo", ils sont un tout petit peu moins similaires que quand je travaille sur mes seuls souvenirs. Toutefois, ils ont de nombreux points communs, je crois... Poison est plus saturé de matières, comme on le faisait beaucoup dans les années 80 : il est plus riche, plus entêtant, surtout au début, et plus gourmand. Datura Noir est plus subtil, plus doux, mais, plus astringent. Les deux sont très bien conçus, Datura Noir étant davantage un parfum "de jour" alors que Poison serait une belle "de nuit".
La symphonie de leurs notes n’arrivent pas au même moment, c’est en coeur que l’astringence de Datura Noir diminue et le rapproche de Poison.
J’ai bien la tubéreuse sur les deux - mais dès la tête sur Datura Noir, plus douce au début sur Poison -, l’amande sur les deux, et la cerise, mais une cerise alcoolisée, pas fraîche, celle qu’il a dans la "forêt noire" au milieu de la chantilly (mmmh, et que j’adore) !
Je vous souhaite de vite trouver ces douceurs qui sont un régal dans ces deux parfums !
Bon appétit ! ... Euh, bon w-e !
Opium
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par cellist, le 24 avril 2011 à 11:16
Opium, nos messages se sont croisés ! Je suis tout à fait d’accord avec vous pour le Datura Noir diurne et le Poison nocturne ! D’ailleurs, j’ignore s’il fait chaud chez vous, mais quelques gouttes de Poison en ce moment par 25 degrés, hmmm...!
par cellist, le 24 avril 2011 à 11:12
J’y sens aussi de la tubéreuse !
Mais la ressemblance est davantage dans un aspect narcotique, presque venimeux, que je retrouve dans les deux, en plus d’une composition "cousine" :-)
par Jicky, le 24 avril 2011 à 17:24
Amalia : la même !!! Je sens la tubéreuse, l’amande (coumarine ?) mais pas la cerise ^^
Il me rappelle une fleur dont je ne connais plus le nom, mais qui m’évoquait aussi... Hypnotic Poison ! Comme quoi... ;)
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par Géraldine, le 25 avril 2011 à 22:12
je me permets de mettre mon grain de sel... la cerise utilisée dans la forêt noire est l’amarena, une cerise noire presque confite qui craque sous la dent et possède un goût proche... de l’amande. Au jeu des senteurs, je confonds toujours amande et cerise, il me semble que ces deux senteurs sont très proches et j’imagine qu’en parfumerie on identifie plutôt l’une ou l’autre.
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par Jeanne Doré, le 26 avril 2011 à 21:09
Bonsoir Geraldine, en fait ces deux notes sont données principalement grâce au benzaldéhyde, qui sent l’amande amère et le noyau de cerise. Pour pour faire une amande, le parfumera rajoutera des notes gourmandes, balsamiques et pour la cerise, plutôt des notes fruitées fruit rouge, mais c’est normal de les confondre puisqu’il s’agit de la même molécule commune !
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par miroulette, le 14 décembre 2010 à 12:19
La première fois que j’ai senti ce parfum, ce fut un coup de foudre.
Mais, au fil du temps, je me lasse ; cette cerise, cette noix de coco baignant dans la vanille m’écoeurent. Pourquoi Sheldrake ne fait-il pas des parfums plus secs ? Pourquoi la plupart des Lutens finissent sur une note alimentaire écoeurante ?
pour Noël, je vais demander au père Noël, un Lutens sec ! (Il n’est pas sorti de l’auberge, le pauvre vieux).
J’ai mis quand même trois étoile car hormis les note alimentaires, le reste est divin.
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par dau, le 14 décembre 2010 à 15:13
Un Lutens pas alimentaire ? Le divin Iris Silver Mist. D’après moi le plus réussi de la bande.
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par eh-andy, le 14 décembre 2010 à 15:32
fleur d’oranger n’est pas "sec" à proprement parler", mais il n’est pas alimentaire en tous les cas ! Il me semble qu’il en va de même pour El attarine, je crois. Quant à ambre sultan, elle comporte certes une note sucrée, mais elle est assez séche dans son genre !
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par miroulette, le 14 décembre 2010 à 16:28
Merci Dau et Eh-andy pour vos suggestions.
Je n’ai pas accès aux salons du palais royal, je n’ai donc jamais senti Silver mist, ni El Attarine. Mais par contre, j’ai déjà dans mes armoires, Fleurs d’oranger qui n’a certe pas de note alimentaire mais une note sucrée (plus supportable). J’ai aussi le très décrié Nuit de Cellophane qui est ni trop sucré, ni alimentaire ; finalement un de mes préférés.
par Jeanne Doré, le 15 mai 2010 à 21:28
Merci Phoebus pour cette très belle version de Datura Noir, je partage avec vous cette impression de "fruit défendu", ce parfum a un goût d’interdit...
Dominique, quelle chance, dire que j’ai loupé cette diffusion hier soir pour une vulgaire mondanité.... mais aviez vous le parfum sous le nez au moins ??
L’autre fleur associée à Carmen par son nom et son évocation est bien sûr Une fleur de Cassie, chez Frédéric Malle, il faut à tout prix le porter pour aller à l’Opéra le jour où on ira voir Carmen en vrai !
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par Lola, le 26 juin 2010 à 22:53
C’est avec Féminité du Bois, Ambre Sultan et plus récemment Chergui (qui fait chavirer ma moitié), que je suis rentrée dans l’univers de Serge Lutens. Aujourd’hui, à la lecture de vos échanges, je me suis offert Datura Noir et Fleurs de Citronnier. Datura Noir, est invraisemblable ! Il m’a fait passer par tous les stades que vous décrivez. Le plus surprenant est qu’après la douche, mon poignet sentait la Poupée Corolle, le celluloïde, avec un soupçon de "chypré". C’est aussi ce que je retrouve dans Boudoir de Vivienne Westwood : une senteur de poupée, le "chypré" en moins. Vous avez raison Jeanne, il est vraiment stupéfiant.
par Phoebus, le 14 mai 2010 à 20:04
Victor Hugo avait prévu ce qui allait m’arriver il y longtemps.
Je pensais vouer fidélité éternelle à la fleur-de-lys, ma préférée...Mais ça c’était avant de rencontrer Datura Noir, la belle gitane aux grands yeux sombres, qui s’est mise à danser sur mon poignet. C’était d’abord très innocent, ses longs cheveux noirs diffusaient un parfum de fleur blanches, un soupçon de fleur-de-lys qui ressemblait presque à celui de ma fiancée - celui-là, sans doute, qui m’a interpelé et fait lever les yeux vers ce Datura. L’erreur était compréhensible à ce stade, mais j’assume l’entière responsabilité de mon adultère par la suite, car la ressemblance s’arrêtait là.
Son tambourin-tubéreuse est venu marquer la cadence, et ses jupons tournoyaient avec elle en un tourbillon d’ylang-ylang littéralement captivant. Est ce que je bavais d’envie ? En tout cas, elle a dû comprendre que j’étais réceptif à ses charmes, car elle s’est approchée de moi et m’a entouré de son long châle gris et vaporeux. C’est à ce moment là, je crois, que nos peaux se sont fondues, et tout en dansant avec elle, j’ai pu déceler les effluves de coco et d’amande amère qu’elle tenait secret au creux de son cou, tout comme sa croix religieuse. Je n’ai pas pu résister ; j’ai embrassé ses lèvres rouge-cerise et ai pu goûter sa langue au coût de vanille...Mais cette sensation grisante n’était pas lumineuse, j’avais beau m’abandonner à elle, je n’arrivais pas à chasser sa croix de ma tête, ainsi que la conscience que j’avais de faire quelque chose de mal. A plus grande échelle, Notre Dame de Paris étendait son ombre au dessus de nous, dans tous les sens du terme, ce qui rendait le contact avec ce Datura à la fois jouissif, dangereux, et tout bonnement fascinant.
.
Quand je respire Datura Noir, la sensation est toujours étrange car...Même si tous les ingrédients nous laissent penser à un fruité/floral gourmand et innocent, il y a comme une ombre au tableau, une note "fruit défendu" qui nous empêche d’être vraiment à l’aise avec...La même sensation complexe, les sentiments contradictoires, la hausse d’adrénaline qui survient quand on transgresse les interdit. Comme dans un adultère.
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par Dominique, le 14 mai 2010 à 20:31
Et je lis votre belle description en écoutant en direct "Carmen" sur France inter !
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par Jicky, le 15 mai 2010 à 09:41
J’y pense, Phoebus, c’est pas dans Notre Dame De Paris ? Si c’est le cas, vous vous êtes bien trouvés tous les deux^^ On a donc un fan de Hugo hypothétique... eh eh ;)
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par Jicky, le 15 mai 2010 à 18:03
Je me relis, je vois que c’est pas clair : le pseudo "Phoebus" ça vient de Notre Dame de Paris ? Voila, c’est mieux !
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par Phoebus, le 15 mai 2010 à 21:55
Hé bien oui, le prénom "phoebus" est attribué à un personnage de Notre Dame de Paris (de victor hugo). Honnêtement, c’est une longue série de livres assez ennuyeux vu qu’au départ ça parle surtout de l’architecture de la cathédrale (on est loin de Garou qui chante "Beeeeelle..." au zénith de paris lol...). Mais si on condense l’intrigue, j’adore la psychologie des personnages et leurs relations.
Mais pour te répondre, je n’ai pas choisis ce pseudo à cause de ça (d’ailleurs je trouve que Phoebus n’est pas très très intéressant dans l’histoire). En fait je ne sais pas pourquoi j’ai choisis ça, ça m’est venu d’un coup au moment de m’inscrire (ça sonnait bien quoi). Et en sentant Datura noir, je m’étais justement fait la réflexion que ça sentait un peu le lys (ma fleur préférée) au début mais qu’ensuite ça devenait quelque chose de moins pur (mais pas moins fascinant !)...Et ça m’a évoqué un adultère, et le plus célèbre adultère au monde qui met en scène une fleur de lys, c’est bien Notre Dame de Paris ! Donc j’ai pu broder ça autour de mon pseudo choisis par hasard
(Et pour te situer l’histoire, en fait Fleur-de-lys est un personnage. C’est la fiancée de Phoebus, ils vont se marier (je parie que tu as deviné dans quelle église exactement lol) mais des gitans sont venus d’espagne jusqu’à Paris, et c’est là que ça se complique. L’une d’entre eux s’appelle Esmeralda, et elle est si belle qu’elle a provoqué le désir chez Frollo, l’archidiacre de NDDP (c’est pour dire !). Il va tenter de l’enlever (avec l’aide de casimodo) mais Phoebus la sauve avec ses troupes et ils tombent amoureux ("ils" = casimodo + frollo + phoebus, bonjour l’embrouille. Mais esméralda n’aime que phoebus, le seul qui est "pris"...Et je te laisse avec ce suspens insoutenable pour que tu ailles lire l’histoire ! lol).
Mais attention, ça finit mal...
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par Jicky, le 15 mai 2010 à 23:56
Personnellement j’aime les digressions littéraires. J’ai par hasard déjà lu NDDP, et ça tombe bien car j’aime beaucoup moi aussi la description de la nature humaine. Bon ok l’histoire c’est sympa et tout et tout, mais voila. Alors que je trouve que l’étude des personnages est vachement intéressante et puis le contexte religieux. J’aime bien le personnage de Frollo (je me souviens une descritpion où Esmeralda danse et que Hugo décrit ce personnage taciturne et fasciné. Puis après on transpose dans le domaine de la religion, de l’amour et de la cohabitation.
Mais puisqu’on en parle, il y a livre classique pas si connu que ça mais que j’adore tout simplement, c’est "Le Rêve" de Emile Zola. Il fait partie des Rougon-Macquart (le cylce qui sert de trame aux "intrigues" de l’auteur). Ce livre traite lui aussi en partie de la religion. Mais loin des oeuvres comme "L’Assommoir" ou "Germinal", "Le Rêve" parle d’une histoire d’amour entre une fille du peuple, et le fils d’un évèque. Olfactivement parlant, ce livre a un quelque chose de puissant. L’auteur nous décrit souvent des effluves de lila, d’oeillet mais aussi de bois et de chaleur et une approche environnementale très proche de "L’Heure Bleue", dans le sens où l’action se déroule soit très tôt le matin (quand il fait bleu) ou quand le soleil est couché mais qu’il fait toujours nuit.
Par contre, je suis en train d’y penser, je trouve qu’il serait pour le coup très intéressant de faire une rubrique "Littérature olfactive" ou un truc dans le genre parce que, en bons petits rats de bibiothèques que certains d’entre nous sommes, je suis sûr qu’il y a matière à reflexion sur plein d’oeuvre émouvante d’un point de vue de l’odorat, qu’elles soient classiques ou non ces oeuvres !
A méditer,
Bonne soirée !
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par Phoebus, le 16 mai 2010 à 00:43
Ah, donc tu l’avais lu !
C’est vrai que le personnage de Frollo est très intéressant, il refoule depuis très longtemps ses désirs et on peut presque "comprendre" qu’il devienne littéralement dingue, ça le justifie en un sens (et ça m’a gavé dans le dessin animé Disney quand ils l’ont catalogué de "méchant"...Puisque la richesse de l’histoire c’est qu’au fond, ils sont tous très humains, il n’y a pas de bons ou de mauvais prédéterminés).
Concernant la création d’une rubrique qui fasse le lien entre la littérature et le parfum, je ne suis pas sûr qu’il y ait vraiment tant que ça à dire...C’est plutôt des anecdotes personnelles qu’on peut glisser directement avec la critique d’un parfum, enfin je veux dire qu’il n’y a pas vraiment besoin d’en parler ailleurs quoi puisque c’est en lien direct (du moins pour l’auteur de la critique).
Mais après si ça te motive, pourquoi ne pas faire un blog toi même avec pour thème le lien littérature/parfumerie ce serait original ! (et puis ce serait un point de vue différent, la nouvelle génération...)
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par Jicky, le 16 mai 2010 à 10:30
Je sais pas j’ai jamais le Disney^^ inculte barbare que je suis (j’en ait vu d’autres...). Pour l’histoire de la discussion, je pense que ça pourrait éveiller chez d’autres internautes qui ne regardent pas notre dialogue sur "Datura Noir". Et pour le coup du blog, je suis TELLEMENT doué en informatique (antiphrase^^) que vaut mieux abandonner l’idée tout de suite !
Bonne journée !
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par Phoebus, le 16 mai 2010 à 10:40
Oh tu te diminues là ! Si des gamines de treize ans arrivent à en tenir un qui parle de leurs vies (palpitantes hein, je ne critique pas. . .). Et puis au pire fais toi aider par quelqu’un qui s’y connais, en tout cas je pense que beaucoup de monde aimerait lire ton blog si tu en avais un !
(En ce qui concerne les Auparfumistes qui pourraient être intéressés par un parallèle parfum/lectures, tu pensais à je ne sais plus qui qui parlais de Proust et de l’Heure Bleue, non ?)
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par Jicky, le 16 mai 2010 à 11:40
Non pas vraiment, mais on sait jamais, je disais ça à brûle-pourpoint. Quant aux vies palpitantes de mes consoeurs, je me vois mal tenir un blog comme ça, juste par souçi de talents enfouis. Moi c’est AuParfum, Hotmail et puis basta eh eh ^^
Bon week end !
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