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Flacon de Iris Poudre - Éditions de parfums Frédéric Malle
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Savon poudré plus que classique

par Thomas Dominguès (Opium), le 4 décembre 2014

Loin des accroches qui invitent à la rêverie, "Iris Poudre" (avec un "e", une bonne fois pour toutes, histoire de ne pas l’écorcher comme beaucoup de personnes le font) nomme la matière et l’effet censés le composer. Ce parfum, conçu par Pierre Bourdon à qui on doit les mastodontes Dolce Vita et Féminité du Bois, afficherait donc son identité toute d’iris et de poudre vêtue sans même qu’on ait besoin de le vaporiser...
Mais, celles et ceux qui s’attendraient à une Heure Exquise verte poudrée ou à un supplétif du mordoré Iris Silver Mist pourraient "en rester pour leurs frais" comme le veut une expression populaire. En effet, s’il est bien et irisé et poudré, Iris Poudre évoque surtout les floraux aldéhydés savonneux teintés d’iris par touches.

Plutôt que de figurer les facettes de tubercule, carotte, terre et poussière qui accompagnent les rhizomes d’iris, le créateur a choisi de leur faire subir un régime avec séance de maquillage, et de leur enfiler collier de perles, foulard et tailleur cintré afin de les rendre plus convenables.
Les nuances poudrées de la matière ont été associées à des aldéhydes et des bois à la fois crémeux et structurants ainsi qu’à des muscs en quantité importante afin d’augmenter ces effets. Il en résulte un parfum hésitant entre savonneux onctueux et poudré jusqu’à l’excès qui ne manquera pas d’en évoquer certains autres mythiques tels Chanel No.5 ou Calèche d’Hermès.

Le geste paraît ici moins grandiose, expérimental ou radical que dans d’autres créations de la gamme des Éditions de Parfums Frédéric Malle. Très classique, Iris Poudre semble tant calqué sur d’illustres prédécesseurs qu’il a un peu de mal à se faire sa propre place.
Pour autant, malgré son exécution académique, l’exercice montre une certaine intelligence du trait puisque, pouvoir de suggestion du prestige des Éditions de Parfums ou retravail moderne d’une forme ancienne, il séduit assez largement, en dehors même des femmes concernées. En effet, si Iris Poudre, selon certains, "sent (indéniablement) la "vieille" bourgeoise du XVIème arrondissement parisien", il parvient parfois à conquérir une clientèle même jeune en quête de senteurs qui évoquent le "propre", en associant à un iris suranné des muscs blancs plus contemporains qui ré-actualisent la trame vintage sans pour autant sombrer dans le travers risqué de la lessive.
"Faire du neuf avec du vieux", comme le veut encore une autre expression, relève finalement d’un joli exploit.

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Farnesiano

par Farnesiano, le 26 septembre 2020 à 13:33

Un peu oublié, cet Iris Poudre mérite tous les éloges en matière de classicisme et de subtilité. Mon 50 ml, vieux de plus de dix ans, n’a jamais été aussi beau, comme si avec les années le cœur et le fond s’étaient fondus sans ostentation dans une noblesse souriante, distinguée, réservée, délicatement sensuelle. Fragrance raffinée, enrichie par la patine du temps, cet iris est pour moi aujourd’hui une merveilleuse (re)découverte ! Et dire que peu de temps après mon achat, j’ai failli m’en séparer parce que je le trouvais insuffisamment poudré, pas assez iris. Porterait-il mal son nom ? Il fête ses vingt ans et demeure toujours aussi élégant que voluptueux, à la manière d’un grand Saint-Emilion.

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poivre rose

par poivre rose, le 8 octobre 2018 à 11:47

Bonjour,
C’est étonnant cet iris poudre, j’ai l’impression qu’il est vraiment difficile de le cerner ou le décrire complètement, ou de se faire une idée claire de qu’il inspire. Pour ma part, je suis d’accord avec tous les avis qui sont rapportés, avec ceux qui l’aiment ET ceux qui ne l’aiment pas… Je l’ai porté hier et je le sens encore un peu sur la manche de mon manteau, et bien un instant je l’aime éperdument et l’instant d’après je change d’avis.. En tous cas je le trouve plus crémeux que poudré en fait, et je ne saurai dire si je le trouve désuet ou moderne, un peu des deux en même temps !! Ses aldéhydes me gênent et hop comme par magie tout à coup je les trouve parfaits.. Je ne perçois pas l’iris.. et soudainement voilà que je ne sens que lui… !!
Etonnant, et intéressant du coup :)

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par lorelei, le 6 septembre 2015 à 16:41

Bonjour,
J’ai porté Iris Poudre hier et quelle déception pour une édition de Frédéric Malle ! Le départ est effectivement très lisse, BCBG et surtout extrêmement savonneux. Après, une bonne heure plutôt ennuyeuse, il se réchauffe au contact de ma peau et devient beaucoup plus beau, plus chaud et boisé mais ô surprise il se révèle être la copie conforme de la soie de parfum Calèche de Hermes ! Sans la luminosité des notes de tête et sans la tenue exceptionnelle. Alors, étant donné son prix prohibitif, je lui préfère de loin Calèche !
Il est pour le moment le moins créatif des parfums FM que j’ai testés. Beau, élégant mais classique, extrêmement classique.

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par billieH, le 6 septembre 2015 à 18:49

Un des rares parfums qui m’indispose physiquement !! Et alors Carnal ?? Je suis curieuse...

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par Bella, le 6 septembre 2015 à 21:01

Bonjour billieH,

Je porte Iris Poudre souvent mais... j’ai l’ancienne version qui est plus belle ! Poudré, tonka, vétiver, hmmm tout ce que j’aime. La version actuelle est plus vanillée et moins moins moins vétiver.

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par lorelei, le 11 septembre 2015 à 17:07

Bonjour BillieH,
Je viens de laisser un commentaire sur Carnal Flower. Cette tubéreuse est effectivement sublime et elle ne m’insupporte pas comme le fait habituellement la tubéreuse. C’est une fleur qui a tendance à m’ecoeurer. Carnal estllumineuse, solaire et subtile mais elle n’est pas faite pour moi. Les trois editions de Frédéric Malle qui remportent mes faveurs sont Une rose, Portrait of a lady et Musc Ravageur. Je pense succomber à l’une des trois mais laquelle ? That is the question ! Lol !
Je vous remercie pour votre gentillesse BillieH et vous souhaite une très agréable soirée parfumée.
Amicalement, Lorelei.

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lrisfleur

par lrisfleur, le 5 décembre 2014 à 09:25

Iris Poudre est pour moi l’un des moins marquants de la collection. J’ai cru l’aimer mais en réalité, je trouve qu’avant d’être un parfum poudré (ce qu’il est bien sûr), Iris Poudre est aldéhydé à l’excès. Or, je ne suis pas une grande adepte des aldéhydes qui m’incommodent, voire m’agressent facilement. J’apprécie certains parfums de Chanel qui en comportent, ou même Calèche de Hermès, sans jamais me décider à les porter tant j’ai du mal à me les approprier.
Effectivement, Iris Poudre est agréable sans être original ni fantaisiste. Il n’apporte aucune valeur ajoutée. Face à des créations comme Carnal Flower, Une Rose, Noir Épices, Dans tes bras, ou Lys Med, voire même Lipstick Rose, celui-là fait pâle figure. C’est sans doute pourquoi des chroniques telles que la vôtre Opium se font très rares sur le web : à part un avis de Grain de Musc à l’époque, je n’avais rien trouvé d’autre sur la blogosphère parfumée. J’avais eu l’impression qu’Iris Poudre suscitait surtout l’indifférence des connaisseurs. Cela me surprend d’apprendre qu’il provoque l’enthousiasme d’une certaine clientèle, c’est bon à savoir !
Bonne journée :)

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par Garance, le 5 décembre 2014 à 20:38

Eh bien moi, je l’ai beaucoup apprécié, cet Iris Poudre ! Peut-être pas d’une folle originalité, effectivement, mais si élégant... Je ne le porte pas, car il manque un peu de chaleur à mon goût, et je suis fidèle aux orientaux vanillés ou épicés (si on excepte Fracas, que j’aime porter à l’occasion). Mais quand je le sens, il a un pouvoir d’évocation à chaque fois : Deneuve jeune, ou encore les belles blondes hitchcokiennes, il est parfaitement élégant, un peu froid en apparence. Cela dit, je trouve qu’il a un aspect moelleux au bout d’un moment, et les aldéhydes qui ont normalement tendance à me rebuter, à me glacer, sont réchauffées par un fond plus doux, plus fondu, moins incisif.

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par Opium, le 5 décembre 2014 à 21:35

Bonsoir Garance.

Je n’ai pas lu votre commentaire avant de répondre à IrisFleur.
Nous nous rejoignons parfaitement, je n’ai (presque) rien à ajouter. ^^

Vos évocations mentales, c’est tout à fait cela pour moi également. ;-)
De même que l’évolution (presque vanillée), plus chaude ou chaleureuse du parfum qui permet de ne pas conserver que la froideur des iris et aldéhydes jumelés, et rend le parfum plus crémeux et somme toute assez confortable après des débuts plus distants, à l’image de certaines actrices hollywoodiennes du passé.
Je suis totalement d’accord en somme ! ^^

Bonne soirée.
Opium

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par Opium, le 5 décembre 2014 à 21:28

Bonsoir IrisFleur.

Les aldéhydés, surtout teintés d’iris, matière un peu distante s’il en est, sont probablement avec les chyprés vintage les parfums les plus difficiles à aborder.
Ils ne sont jamais fantaisistes, ce n’est tout simplement pas leur genre je crois. ;-)

C’est justement car il lui manque un peu de reconnaissance et qu’il reste un peu trop à l’ombre d’autres noms plus prestigieux ou qui ont davantage de notoriété comme Chanel No.5 que j’avais envie de m’intéresser un peu au cas d’Iris Poudre. Et, également car, dans sa gamme, il peut avoir un peu de mal à jouer des coudes à côté des floraux très expressifs dont vous citez certains. Car, en le testant attentivement et en discutant avec quelques personnes, je me suis rendu compte qu’il avait plus d’intérêt que son grand classicisme ne le laisse entrevoir de prime abord.
Il est, selon moi, un peu à l’image de ces femmes presque trop parfaites, si belles mais sans tapage qu’on en oublierait presque qu’elles sont si belles. Si Catherine Deneuve n’avait pas eu cette carrière admirable qu’on lui connaît, avec ses attitudes qui sont tout sauf tapageuses, avec sa sobriété, sa discrétion et son élégance naturelle, elle aurait peut-être fait partie de ces personnes qui sont d’une beauté et d’un charme si naturels qu’on les en oublierait presque pour se rendre compte, à quelques moments bien précis, de ce à quel point elles sont estimables.
Pour moi, il y a un peu de cela ici aussi. ^^

Et, je confirme un point que j’ai précisé, il parvient à séduire, peut-être grâce à sa trame musquée plus contemporaine et cocooning, une clientèle même jeune qui ne lui trouve rien de daté. Et, ça, pour un aldéhydé savonneux et poudré, c’est un exploit. ^^

Enfin, des notes, plus rondes et moelleuses, prolongent et assouplissent l’effet de pressing et linge propre et me rendent la facette plus sèche de ce parfum agréable là où des parfums aldéhydés des années 50 à 70, comme White Linen, m’évoquent trop le linge en train de sécher et les séchoirs des laveries et pressings. ;-)

Je trouve Iris Poudre confortable comme un gros pull moelleux, un peu comme Calèche Soie de Parfum.

Bonne soirée IrisFleur.
Opium

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par lrisfleur, le 6 décembre 2014 à 01:05

Bonsoir Garance et Opium,

En vous lisant, je comprends votre parallèle avec les beautés blondes très classiques (conventionnelles ?) qui ont bâti pendant un temps le standard hollywoodien. Catherine Deneuve (dont j’admire la personnalité et son élégance à toute épreuve), Grace Kelly ou Janet Leigh pour les héroïnes hitchcockiennes... Oui, je vois ce que vous dites, mais c’est vrai que ce n’est pas mon "style". Le type de beauté qui m’attire (dans le pur sens esthétique et sans rentrer dans le domaine érotique) n’a rien de commun ou d’excessivement classique. À mon sens (et mon avis est là purement subjectif), une beauté émouvante se détache justement de la norme par une certaine originalité, un aspect plus sauvage. Elle sort du lot, on la reconnaît entre mille car elle est unique, différente des autres voire excessive : de très grands yeux (Twiggy), une bouche large (Sophia Loren), des dents écartées (Brigitte Bardot), un nez trop long (Pénélope Cruz), des sourcils épais (Clara Delevingne pour la "nouvelle génération")... Ce n’est pas forcément "tapageur", juste éloigné du strict standard présenté comme idéal.
Cela se traduit sans doute dans mes goûts parfumés. Si je ne cherche pas à être follement originale tous les jours, loin de là, les créations très sages et très classiques ne m’enthousiasment pas tant que ça. Disons que pour les prix à débourser, je préfère opter pour une tentative plus audacieuse qui pourra me marquer davantage qu’une création simplement jolie et qualitative.
Il s’agit ici de goûts personnels et de propos extrêmement subjectifs, et je ne cherche pas du tout à universaliser mon point de vue ! Simplement, je pense comprendre pourquoi un parfum comme Iris Poudre ne trouve pas d’écho particulier en moi et ne titille pas ma sensibilité, de la même manière qu’une beauté relativement normée me laissera assez froide (homme et femme confondus d’ailleurs).
Merci pour vos réponses, c’était intéressant pour moi de faire ce parallèle beauté humaine/beauté parfumée. Bonne nuit ;)

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par Opium, le 8 décembre 2014 à 18:38

Bonsoir IrisFleur.

Superbe description de vos goûts et attraits en matière de beautés qui savent vous séduire. Vous préférez les gueules aux beautés esthétiques parfaitement équilibrées. J’ai lu, il y a des années, que si l’on considère les critères esthétiques selon les canons classiques de la Grèce Antique, c’est, pour le visage, Catherine Deneuve qui correspondrait le mieux. Décidément très "classique" donc. ;-)

Merci pour vos développements.
Bon début de soirée.
Opium

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