Muscs Koublaï Khän
Serge Lutens
- Marque : Serge Lutens
- Année : 1998
- Créé par : Christopher Sheldrake
- Genre : Féminin - Masculin
- Famille : Ambrée
- Style : Opulent - Pointu - Sensuel
Fauve impérial
par Thomas Dominguès (Opium), le 10 avril 2012
Peut-on parler de Muscs Koublaï Khän ("MKK" pour les initiés, Serge Lutens nous aurait-il adressé un jeu de mots dont il a le secret ?...) sans parler des notes animales, souvent perçus comme "sales". Mais, comme cela a déjà été précisé dans un dossier, le terme "sale" n’est pas le même pour tous, il renvoie souvent au bestiaire animal (équidés, fauves et ménagerie), à leurs productions ; et enfin à l’homme, un animal parmi d’autres, et à ses sécrétions.
Lorsque l’on s’intéresse aux notes dites "sales", les descriptifs varient énormément d’une personne à l’autre (ainsi les notes phénoliques renvoient au choix à l’urine ou à des matières, plus, comment dire, solides...). Alors même qu’un ensemble de gens peut s’accorder à attribuer la définition de "sale" aux notes d’un accord, certains sentent des éléments de cet encrassement que d’autres ne sentent pas, ces derniers définissant le "sale" autrement. Ainsi, si un environnement olfactif transgressif, tabou, interdit, à caractère intime ou sexuel est bien identifié, la cause factuelle de ce ressenti est comme refoulée ou occultée par l’esprit. Mieux encore, alors que certains trouvent une composition dérangeante, d’autres n’y voient que la chaleur d’une fourrure et la douceur d’un animal posé à leurs pieds (l’accord miel et bois que l’on trouve dans Miel de Bois de Serge Lutens et dans Onda de Vero Kern, semble ainsi transporter jusque dans les vespasiennes et latrines certains - cela, sans parfois les déranger -, alors que d’autres ne font jamais cette association).
Alors que les muscs synthétiques, largement utilisés dans le domaine des lessiviers, inondent le marché de la parfumerie dans les années 90 grâce à la capacité qu’ils ont de rassurer les foules, Serge Lutens en réaction à cet univers hygiéniste, qu’il considère trop propre et aseptisé, décide de se lancer en 1998 dans ce qui reste l’archétype du parfum aux muscs "sales", animalisés.
Ce parfum a été bien sûr controversé, encore plus dans la société américaine avide d’hygiène et de pureté musquée, qu’ici, en Europe, où la tradition d’une "alchimie" et d’une gastronomie où l’on tire du laid le meilleur a davantage prise. En effet, dans nombre de compositions, les matières qui y sont décrites entrent dans la danse pour donner du corps à des bouquets, qui seraient, sans elles, bien moins intéressants.
Mais Serge Lutens semble avoir appliqué l’adage « too much is never enough » quand on lit la liste des ingrédients de sa composition :
Civette qui sent les corps, ses parties intimes, presque négligées ; castoréum à senteur de fourrure, de cuir et, de... fesse sale (encore elle) ; costus à odeur de sébum et de cheveu sale ; graines d’ambrette qui rappellent certaines facettes du musc Tonkin, dont les plus florales ; ambre gris et sa note ambrée, iodée, saline ; ciste labdanum et vanille, pour renforcer encore la note ambrée ; patchouli et sa délicieuse et tenace odeur de terre moisie ; rose du maroc, dont on dit que la douceur rappelle celle de certaines sécrétions féminines selon le contexte dans lequel elle est associée.
Et concrètement, que vit-on ? Sachez, avant tout, qu’à la simple lecture des critiques déjà rédigées, je savais que ce parfum de transgression devait être acquis. Mais, aucun testeur n’étant disponible du fait de sa faible distribution lors de sa sortie en export, j’ai fait ce qu’il ne faut PAS faire : je l’ai acheté à l’aveugle, sans le sentir.
Je me souviens de mon premier débouchage de flacon, à la fois inquiet d’être déçu, mais encore plus inquiet de ne pas l’être... Durant les cinq premières secondes, il ne se passe pas grand chose. Une odeur de fourrure, ambrée, vanillée, chaude, douce presque, parvient aux narines. Presque une déception. Puis, le chaos : « Mais comment a-t-on pu oser mettre un truc pareil dans un flacon et tenter de le vendre ? »... Ca sent, beaucoup, fort, et ce n’est pas forcément agréable, mais pas non plus désagréable.
Ce parfum met une claque. Je me retrouve, petit, avec ma mère, au zoo, nous promenant dans l’espace dévolu aux éléphants, à ces odeurs de paille salie par les déjections, par les corps des éléphants entre autres ; près des fauves qui vous regardent derrière les grilles, repus ou à repaître. Tout cela semble être sorti des cages et vous heurter sur poignet ou sur peau. Telles de grandes tâches fauves appliquées de manière brutaliste sur une toile, épaisses, peu définies, mais, pourtant rapidement et facilement identifiables. Les impressions de bestiaire sont là, presque vivantes et picturales, dérangeantes et troublantes, écœurantes en même temps que fascinantes.
Pourtant, durant une heure, l’heure de la promenade des bêtes, on ne peut s’empêcher, dans un tic effréné d’attraction-répulsion, de se renifler, de vérifier que l’odeur, puissante, est bien là. De se confronter à elle. De se réconforter avec elle.
Puis, à peu près au bout d’une heure (car le spectacle, ou la bataille, c’est selon, se joue en deux temps), les animaux, après avoir rué sur vous, se calment, se posent et semblent s’assoupir. Ne reste alors, après une invasion assez diffusive, qu’un parfum de peau, au sillage presque discret, chaleureux, doux, ambré, cuiré, qui échauffe vos sens, mais sans plus les brutaliser. Les animaux à fourrure se tapissent contre vous. Ils ont l’air presque innocents, ces gros chats blottis en votre sein, repus de votre propre chair dont ils se sont rassasiés en s’évaporant. Et, vous vous surprenez à ne plus pouvoir décoller votre visage de leur fourrure.
Afin d’aider à l’étreinte radoucie avec les animaux du bestiaire, des facettes miellées, cacaotées, douceâtres, et, une note de framboise, ou de bonbon Dragibus au coeur rose ("Patrice Trademark") plus ou moins flagrante selon les peaux vaporisées et les nez exposés, viennent faciliter l’apaisement de la décharge initiale.
La conquête dure plusieurs heures, mais la diminution du sillage vous permet de vivre cette épopée en société sans que cela incommode l’entourage immédiat (et sans que cela, non plus, déclenche une émeute !).
Probablement du fait d’une tolérance progressive à cet univers olfactif, j’ai constaté ne plus être intrigué par les effluves qui m’avaient précédemment écrasé, pas même durant les premières minutes. Comme me l’a dit Jicky, tout se passe comme si mon flacon à moi avait été reformulé et radouci entre son ouverture et son usage ultérieur. Bien entendu, tel n’est pas le cas. Un phénomène de maturation lissant les composants est possible. Mais, plus probablement, tout est une question d’habitude. On se fait à tout, au pire et au meilleur. Je regrette mes premiers instants de confrontation avec MKK, quand il me bouleversait et me dérangeait. Il semble qu’il ait été reformulé il y a un peu plus d’un an, et allégé. L’ancienne version devait être plus violente encore ! J’aurais aimé connaître cet empereur fauve dans la force de son âge. Malgré tout, n’ayant connu que celui que je possède, je trouve l’apparat tout de muscs vêtu de cet empereur trop méconnu à la fois culotté ("déculotté ? !"), dérangeant, déstabilisant et magnifique tant il nous rappelle notre animalité et notre complexité, tant il nous renvoie à notre intériorité, à nos refoulements, et à notre rapport aux autres (à séduire ou à tester ?), à nos besoins et à nos désirs, à nos nécessités et à nos rejets, au monde extérieur et à notre beauté intérieure.
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par Mado33, le 15 avril 2012 à 20:01
Pour éviter les banalités d’usage, vous savez bien que la musique ravive souvent l’âme ou entretient la jeunesse en tout cas ! Et puis correspondances parfums/musique sont bien connues, de quoi fêter encore des anniversaires à tire-larigot pour vous qui aimez les deux !
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par Jean-David, le 16 avril 2012 à 12:35
Merci pour vos très gentils voeux, Mado ! Et comme disait Debussy, "les sons et les parfums flottent dans l’air du soir."
par Jean-David, le 15 avril 2012 à 19:32
Eh bien, voilà mes p’tits choux, je viens de fêter mes quarante-quatre ans ! Ça file !
Salut à tous, et félicitations à Saint-Thomas des Opiacées, qui fait une nouvelle fois sensation dans la présente gazette !
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par Opium, le 18 avril 2012 à 22:56
Jean-David,
A mon tour de te féliciter pour tes 44 printemps (nous sommes bien au printemps, n’est-ce pas ?) !
Et, comme le train passe avec un peu de retard, et que la gazette a oublié d’annoncer l’événement de ton passage à une année supérieure, je te souhaite un beau "non-anniversaire", comme dans Alice au Pays des Merveilles. Et, auparfum, c’est bien un pays où l’on discute de ces objets merveilleux que sont les parfums, donc, je suis bien au bon endroit ! Bon, j’arrête là mes délires.
Je te souhaite de belles découvertes encore et des entretiens passionnants à venir (à faire pour toi, et, à lire pour nous).
Saint Thomas des Opiacés
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par Jean-David, le 19 avril 2012 à 16:10
Merci cher Opium. Auparfum pourrait en effet s’appeler Auxmerveilles.com ! On y trouve quantité de petites fioles, où se lit : "sentez-moi", "humez-moi". Et même : "N’aimez que moi" (Caron, 1916), voire "Kiss me, tender" (Nicolaï, 2010). Alice (A lys ?) ne doit pas savoir où donner du nez !
par dau, le 14 avril 2012 à 03:56
J’ai aimé dès le départ (et dès sa sortie) ce mélange de sale et de précieux, ce fauve si admirablement encagé dans des matériaux précieux, pourtant, mauvaise idée d’acheter un flacon il n’était pas pour moi... On fait de ces gaffes parfois, Je devrais pourtant le savoir qu’il ne suffit pas que ce soit beau pour qu’on s’y sente bien : mais toujours ce même problème avec les Lutens et leur fond confit-sucré qui ressort beaucoup trop sur moi et me dérange.
Et quel bonheur de lire Opium qui sait faire long sans redite (quand c’est moi, je radote)
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par Opium, le 18 avril 2012 à 22:50
Bonsoir Dau,
Quel plaisir de te relire ici !
Ton anecdote m’a fait bien sourire car elle m’a renvoyé à une part de mon inexpérience encore.
Ainsi, croyant pouvoir porter toutes les créations qui m’iraient comme un gant, même les plus pointues, me voilà en possession d’un M/Mink qui me hurle dessus et sent le gibier faisandé et d’un Mon Parfum Chéri qui est un mutant entre un abricot trop mûr et une patate crue. Entendons-nous bien, je reste totalement admiratif de ces deux parfums, c’est pour cela par ailleurs que je ne les ai pas revendus jusqu’aujourd’hui. J’y crois encore à notre relation à deux (et, je suis têtu). Mais, pour le moment, on en est à une sorte d’incompréhension mutuelle entre eux et moi : un "je t’aime, moi non plus...". Je les aime, mouah, mais, eux, ils ne m’aiment point trop encore... Mais, je suis confiant, ils ne devraient pas résister à mes charmes longtemps (enfin, j’espère...).
Voilà pour l’anecdote. Il y a des parfums qu’on voudrait porter tant on les trouve beaux ; mais, l’Art, parfois, c’est juste fait pour être admiré, semblent-ils nous dire...
Merci pour tes compliments (je ne sais point faire court et bref comme tu sais), mais, il ne me semble jamais lire de "radoterie" chez toi quand tu rédiges... ;-)
A très bientôt
Opium-Tom
par Mado33, le 14 avril 2012 à 00:01
hello
J’ai toujours trouvé Lutens freudien/lacanien - c’est du pareil au même - profondément novateur mais finalement théorique. Je ne suis pas très Lutens, c’est le moins qu’on puisse dire même s’il a signé des chefs-d’oeuvre, qui à eux seuls, voudraient vraiment que le parfum obtienne le rang qui est le sien, le 8ème Art. 8 chiffre de l’infini à l’envers, ah oui ça serait une magnifique reconnaissance. La différence entre Freud et Lutens est fondamentale, si Freud avait tout d’un escroc, surtout dans la manière, Serge Lutens, lui, a tout du génie dans l’art et la manière.
MKK ? Oui peut être bien, l’artiste ayant toujours ses raisons que la raison ne connaît pas !
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par Opium, le 18 avril 2012 à 22:40
Bonsoir Mado33.
Les parfums de Serge Lutens, comme l’oeuvre freudienne, font couler beaucoup d’encre et écrire de nombreux commentaires. Surévalué(e)s pour les un(e)s, sous-estimé(e)s pour les autres.
En tous les cas, quoi qu’il en soit, j’ai peur que de psychanalyse, de Freud, de Lacan et de psychologie, il soit bien trop long de parler ici, même si cela serait fort tentant pour un... psychologue... (Outre que cela serait peut-être un peu hors sujet sur un site dédié au parfum, quoique, parfum(s) et souvenirs, on le sait, on fort à faire ensemble... Bref... Je déborde encore ! ;-) ). Ce que je peux dire de certains parfums de Serge Lutens, c’est que, probablement, ce sont des oeuvres d’art, des oeuvres de l’esprit. Pas tous, et cela nourrirait un autre débat encore : "Lesquels sont de l’Art ?"’. Mais, au fur et à mesure que je connais mieux les Lutens, je vois des liens de parenté se former entre certains d’entre-eux. Des lignes de force émergent. Des tics créatifs. Des choix stylistiques.
Qu’on l’aime ou le déteste, MKK fait indéniablement partie, au même titre que Serge Noire, Tubéreuse Criminelle, Iris Silver Mist, et d’autres encore, de ces parfums qui élèvent la parfumerie vers autre chose qu’un simple produit commercialisable, vers l’Art en somme.
Très belle soirée à vous,
Opium
par François, le 13 avril 2012 à 15:28
MKK... Aime caca... Intriguant tout ça...
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par Opium, le 18 avril 2012 à 22:26
Bonsoir François.
Le parfum est, en tous les cas, bien plus intrigant encore que ne l’est ce possible jeu de mots (que je suis loin d’avoir été le premier à trouver par ailleurs...).
Si vous ne le connaissez pas encore, j’espère que vous aurez un jour l’occasion de sentir ce parfum.
Opium
par Géraldine, le 11 avril 2012 à 09:53
Bravo pour ce très bel article, Opium.
Je suis moi aussi en amour avec Muscs Koublaï Kahn depuis la première fois que je l’ai senti. J’aime l’histoire qu’il raconte, ce feulement de fauve (heu... ça feule, les fauves ?) suivi d’un ronronnement sans fin.
Oui, MKK est animal, il sent la cage aux fauves et la crotte de bique. Sur ma peau, ça dure une petite-demi heure et c’est là qu’il s’adoucit pour faire papatte-en-rond.
C’est un parfum d’une grande sensualité, sauvage, un parfum de tapis afghan au fond d’une yourte, mais il ne me semble pas être un parfum "séducteur". C’est surtout, pour moi, un parfum d’une infinie douceur, cette douceur animale dans la toison de laquelle on voudrait garder son visage enfoui. J’ai lu ici et là que MKK sentait le chat, je trouve ça assez juste.
Je comprends qu’il rebute, car on est loin du parfum propre, du floral léger, du fleuri sucré, bref à des années lumière de la parfumerie actuelle.
Pour ceux que ses notes "bergerie" rebutent, il me semble qu’Original Musk de Kiehls est une bonne alternative. Moins sale, moins sauvage, plus fleuri, il garde néanmoins, à mon nez, le même registre de sensualité.
4 étoiles pour ce nectar ET pour l’article :-)
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par Opium, le 18 avril 2012 à 22:22
Bonsoir Géraldine.
Merci pour les étoiles attribuées au parfum ET à l’article ! ;-)
Ce fauve qui feule (oui, les fauves, feulent bien ^^), puis ronronne, déclenche une sorte d’extase sur ses adorateurs/trices.
Pourtant, en me relisant, ou en lisant ton commentaire, je me disais que, pour toutes celles et tous ceux qui ne connaissent pas ce parfum, et pour les amateurs ou amatrices de "parfums qui sentent le propre, le frais", nos mots doivent être ceux d’un champ lexical cauchemardesque : "crotte de bique", "crottin de chavignol", "crottin, "bouse", "fumier", "cage(s) aux fauves", volatiles", "antre(s) des éléphants"... Et, pourtant, non ! Le Beau émerge de ce qu’il serait bon de nommer la laideur.
Mais, la gastronomie française ne s’est-elle, pour partie, pas construite en faisant fi du manque, en choisissant ce qui était disponible, et, en apprenant, parfois, que, ce qui devrait être dégoûtant, finalement, est délicieux (escargots, cuisses de grenouille, etc).
C’est vrai qu’avec MKK, tu as bien raison de l’écrire, on est à des milliers d’années lumière de ce que la parfumerie actuelle offre le plus souvent. Et, tant mieux ! !
Je "plussoie" totalement ta propostion quant à l’Original Musk de Kiehl’s : un parfum vraiment "entre" le propre fleuri de certains muscs, et le sensuel presque sale de certaines autres facettes. Là où MKK a fait le choix de la bestialité, le Musk de Kiehl’s reste en parfait équilibre entre propre et sale. D’une sensualité rare lui aussi ! Mais, j’arrête-là mes compliments pour un autre musqué, car j’entends MKK qui rugit, dans sa cage, de jalousie. Et, il vaut mieux ne pas trop énerver ces bêtes-là...
Encore merci. ;-)
A très vite,
Opium-Tom
par hangten, le 11 avril 2012 à 09:47
Un très bel article, bravo ! Pour ma part, et pour parler des lutens que je connais, pour me répéter aussi, c’est Ambre sultan... Surprenant dés l’attaque, mais addictif très rapidement... Tout l’inverse de Serge noire (ça, c’est pour Patice), que je conserve dans mon armoire magique, mais que j’utilise peu ou pas, terrorisé à l’avance par ses premières notes qui ne disparaissent jamais tout à fait, comme certains alliages à mémoire de de forme qui reprennent leurs courbure initiale, toujours.
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par Opium, le 18 avril 2012 à 22:03
Bonsoir Hangten.
Merci pour le compliment ! ;-)
Dans la gamme des Lutens, j’ai bien l’impression qu’on a tou(te)s nos préférés, qui, pour certains, restent inchangés, alors que d’autres vont et viennent.
A propos des alliages à mémoire qui reprennent toujours leur forme initiale, quoi qu’il arrive, je crois que, concernant Serge Noire, Vivi Snow connaît le même genre de problème que toi. Une note qui semble ne jamais vouloir disparaître phagocyte, sur elle, le parfum. Je suis bien heureux avec celui-ci, je ne le transforme ni ne l’enlaidis pas trop. Mais, j’ai, moi aussi, mes échecs de certains chefs d’oeuvre que j’enlaidis, à mon grand désespoir (L’Heure Bleue, durant ta première heure, pourrais-tu être moins noire et sombre sur ma peau stp ?...).
Certains disent qu’après des années, il est possible que certaines histoires, qui ne fonctionnaient pas auparavant, se mettent à se dérouler de manière fluide. Je parle bien d’histoires de parfums, et pas d’histoires humaines (quoique...). ;-) Sait-on jamais, peut-être qu’un jour, Serge Noire se fera fragrance moins obscure et que la réaction sera moins épidermique avec toi Hangten. Le matériau, lassé, reprendra peut-être moins sa forme initiale...
Avec Ambre Sultan, ça a été un peu compliqué. En bon (comprendre "gros") amateur d’ambrés, celui-ci me semblait trop original, trop maniéré, trop différent, pas asez ambré en somme, il y a encore peu de temps. Maintenant que j’ai eu l’occasion de sentir un certain nombre d’ambrés, celui-ci, et son extrême originalité, sa signature qui le rend reconnaissable entre mille, me paraît très intéressant et addictif, car si différent de la plupart : Le craquage n’est plus loin... ^^
Bonne soirée,
Opium
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par hangten, le 19 avril 2012 à 11:13
Merci à toi, tes remarques sont lumineuses, j’aime ! Et je termine sur Ambre Sultan : pour moi c’est le "craquage" à chaque fois, chaud, vibrant, sensuel, intime... et dieu sait qu’il a du sillage, paradoxalement !
par Phoebus, le 11 avril 2012 à 00:19
Gnii ! (J’attends demain pour lire l’article d’une taille opiumesque, quand je pourrai avoir MKK sur le poignet en même temps, ce sera plus agréable !). Je ne l’ai pas encore beaucoup porté mais j’ai eu l’impression étrange qu’il n’était pas exactement le même chaque à chaque essai sur poignet.
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par Opium, le 18 avril 2012 à 21:45
Bonsoir Phoebus.
Alors, as-tu eu l’occasion à nouveau de tester MKK dernièrement ?
Je te confirme que selon les fois, on a droit, selon l’envie des protagonistes, à une sortie des fauves qui n’est jamais tout à fait la même : Soit que les fauves rugissent, soit qu’ils soient langoureux ; ou bien, même, qu’ils aient décidé de rester en cage, laissant d’autres animaux et les vendeurs de confiserie, presque seuls, faire le spectacle.
Miracle de certaines compositions qui ne sont jamais tout à fait ni les mêmes, ni vraiment différentes...
A bientôt... ;-)
Opium
par Patrice, le 10 avril 2012 à 21:47
PREUUUUUUUUUUUUUUMSS !!!! :D
ahahhhhhhh... il est pour moi le premier commentaire pour mon Lutens préféré !
Tu me l’avais bien caché cet article, mon Tom !
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par Patrice, le 10 avril 2012 à 21:54
Plus sèrieusement, je n’ai jamais été rebuté par MKK, même lors de sa découverte.
La toute première fois, je me souviens, je découvrait seulement les Lutens, et c’est un des premiers que l’on m’a fait sentir, à l’aveugle. Et ce qui je découvrais sur la mouillette, c’était une belle rose poudrée, au bord des pétales cristallisés de sucre, doucement trempés dans un sucre glace, avec une impression de flou tout autour et une lumière tamisée entre le rose et le l’ivoire.
Un peu kitschy me direz-vous, mais comme le dit Tom à propos de cette animalité originelle qui lui manque, à présent, avec MKK... ça fait bien longtemps que je n’ai plus cette image en tête lorsque je le sens, à par vers la toute fin du parfum.
Tout comme le dragibus d’ailleurs (je te remercie pour la petite dédicace ! :D ) je n’arrive plus à l’apercevoir !
Bref, après l’avoir senti, il ne m’a pas fallu longtemps pour réfléchir et pour me jeter sur le dernier flacon de la boutique. J’en ai même un d’avance, okazou ! Et avant qu’il ne soit dispo qu’aux SPR !
pour ce soir, pour ma part, je sais quel sera mon parfum... ;)
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par Opium, le 18 avril 2012 à 21:40
Salut Patrice.
Je suis content que cet article ne te déplaise pas car je connais bien ton grand amour pour MKK !
Les différences de ressentis des un(e)s aux autres sont assez stupéfiants quand même. Il m’a fallu plusieurs applications avant de découvrir le "fruits rouge artificel framboisé - Dragibus" que tu avais senti dès la première fois. Hors de questoin pour moi d’oublier le "Patrice ™" dans ce cas-ci, tant j’en avais été surpris à l’époque (il y a près d’un an je crois bien...). Pour moi : Bergerie, écurie, zoo, fauves, cirque, mais, pas de fruit... Puis, quand les animaux se sont enfin assoupis, après plusieurs utilisations, enfin, la douceur fruitée a pu émerger.
Depuis, j’ai été sentir Rose de Nuit aux Salons du Palais Royal, et, je dois dire que je trouve de très fortes parentés entre cette rose sale orientalisée et MKK ; certainement, du fait que ce dernier contient une rose elle-même assez joliment salie, pour embellir et s’ajuster à la composition très musquée. Il y a un moment, dans l’évolution des deux, où, tout au moins sur ma peau, on s’y tromperait, et pourrait prendre l’un pour l’autre, vers la fin !
Patrice, merci pour ton tout premier commentaire à propos de cet article ! ;-)
A très vite...
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