Auparfum

Parfumeurs de demain

par Alexis Toublanc, le 9 octobre 2013

Et me voilà en route vers une école de parfumerie. A 19 ans, cela fait maintenant près de quatre ans que je navigue sur la blogosphère parfum, presque sept ans que je sens tout le temps, tout le temps, tout le temps et enfin, je commence petit à petit à me diriger vers cet obscur milieu qu’est la parfumerie.

Conscient de l’état du marché et des rouages de l’industrie, comment envisager de travailler, de créer devrais-je dire, alors que le métier de parfumeur et de plus en plus contrarié ? Comment, à l’ère des tests consommateurs, laisser libre cours à sa créativité ? Comment composer pleinement alors que la palette des notes se réduit et que de plus en plus de restrictions viennent ronger les lignes des formules de nos parfums préférés ?

A l’heure où les sentiers bifurquent et où un gouffre se creuse, comment verriez-vous le métier du parfumeur de demain ? Quel statut pouvoir donner aux métiers de la parfumerie pour que la situation aille de nouveau de l’avant ?

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Mado33

par Mado33, le 10 octobre 2013 à 12:52

Je suppose que vous devrez jongler entre chimie organique, respect de l’environnement, nouvelles molécules inédites, matières naturelles et votre propre poésie !
Et sans doute un 6ème élément dont personne ne soupçonne l’existence.
Trêve de discours, bonne chance Jicky ! Un "littéraire contrarié" ne peut que réussir de toute façon et contre vents et marées.

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Aaricia

par Aaricia, le 10 octobre 2013 à 09:03

Toutes mes félicitations et tous mes voeux, pour commencer, à vous Jicky !
 
Que doit être le parfumeur de demain ? Que doivent être les parfums de demain ? C’est lié mais pas tout à fait la même question.
 
Déjà, les parfums. Je voudrais des parfums qui me surprennent, des jamais sentis, des différents et différenciants. Je vais vous donner un exemple, mais il sera peut-être mal choisi à vos yeux parce que j’ai pas une culture parfum gigantesque, a contrario de vous... Mais pour moi par exemple Ambre Narguilé c’est un parfum différent, différenciant, que je suis un peu fière de porter parce que c’est pas cui de tout le monde. Certes, mon homme n’aime pas la cannelle, mais je dirais, tant pis pour lui. Moi je suis en amour.
Tiens d’ailleurs une autre caractéristique que je veux dans les parfums de demain, et qui s’applique bien à mon Ambre Narguilé, c’est que c’est un parfum joyeux. Allez mettre la bonne humeur en bouteille !! Mais à bien y réfléchir il y en a des comme ça, je me souviens d’une discussion ici même, j’ai plus le nom du parfum en tête, mais j’en ai quelques-uns que je mettrais dans cette catégorie. A bas la sinistrose, si on se parfume c’est pour être heureux avec son parfum.
Après, encore un truc, si je peux : j’adore les parfums doudou, de peau, pour soi (au sens large, je veux bien diffuser aussi). Il y a plein de belles choses à faire dans ce domaine, à mon avis (Message subliminal : Vive Olivia Giacobetti ! fin du message subliminal). Les muscs blancs n’ont pas fini de nous séduire.
 
Après, les parfumeurs.
Pour être dans le trip des parfums que je voudrais, faudrait qu’ils soient un peu dans le même état d’esprit : créatifs, joyeux, enthousiastes, proches des gens.
Je crois que la raréfaction des matières "utilisables" est au fond un faux problème (aie ! pas lyncher !!!). J’ai pas le nez assez fin pour en juger, mais on lit absolument partout sur la blogosphère que Wasser a réussi à rendre leurs lettres de noblesse à plein de "vieux" Guerlain. Donc ça se fait, même si c’est dur et qu’il faut du talent, c’est pas insurmontable.
Il faudra que l’industrie leur laisse un peu plus la main, aux parfumeurs, on en est conscients tous ici, et je veux croire que les blogueurs sont quand même un peu écoutés par les marques.
Incurable optimiste, moi ? Oui. Assumée.

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Vol de Nuit

par Vol de Nuit, le 10 octobre 2013 à 08:04

D’abord, tous mes voeux de reussite !

J’ai vu a la television un reportage sur une nouvelle facon de se parfumer : encapsuler une odeur (pour l’instant soliflore) dans un bonbon. Afin qu’une fois avalee, elle ressorte subtilement par les pores de la peau. Et ca marchait !

Imaginez un bonbon contenant la formule de Angel par exemple. Et qui nous parfume avec le même sillage canonique.

J’aimerais personnellement qu’on puisse reutiliser des composants naturels en travaillant afin de supprimer leur potentialite allergene.

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par lolo, le 10 octobre 2013 à 09:07

Le parfumeur de demain sera innovant, talentueux, imaginatif, mais certains le sont déjà et pourtant .... Alors le hic ? Le hic c’est qu’ils ne sont pas LIBRES de tout un tas de contraintes. Alors c’est pas gagné à mon humble avis.
Je vois bien le parfumeur de demain solitaire, oeuvrant dans le silence et le secret comme un sorcier au fond de sa caverne et découvrant la formule encore jamais imaginée...
Je rêve ! Je rêve !

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par Aaricia, le 10 octobre 2013 à 09:20

Non.
Je me souviens d’un reportage...
Trouvé !
http://videos.arte.tv/fr/videos/360-geo—7136972.html

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par heidi, le 30 octobre 2013 à 12:41

Des parfumeurs de ce genre, "libre", existent déjà, essentiellement aux Etats Unis (Mandy Aftel, entre autres), il y a Dominque Dubrana en Italie, Andy Tauer en Suisse ou Nicholas Jennings en France... Autrement dit, des indépendants, des petits artisans, qui s’occupent souvent de tout de A à Z : du jus au packaging en passant par la com’. Ca demande pas mal de boulot, de l’abnégation, de l’autonomie. Ca demande probablement d’être capable de trouver le prestige purement dans ce qu’on fait plutôt que dans la participation à une grande entreprise, à une marque...

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par Tubéreuse, le 10 octobre 2013 à 00:25

Bonsoir Jicky, Bravo ! Tu rentres au GIP ?

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par julita54, le 7 novembre 2013 à 21:42

Bonsoir Jicky, ça fait longtemps que je n’écris plus sur les forums mais je te lis toujours hi hi !
Ta voie est depuis longtemps toute tracée :)
Ma fille aussi était à la fac de Chimie de Versailles et elle est maintenant à l’ISIPCA section Parfumerie ...
Dur et long parcours mais ô combien gratifiant quand on y est !

Au plaisir de te lire encore et encore.....

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par Newyorker, le 7 novembre 2013 à 23:06

Oh, Julita, ça faisait hyper longtemps !!! Pourquoi n’êtes vous plus parmi nous ?

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par julita54, le 8 novembre 2013 à 19:13

Merci Newyorker, c’est gentil !
Je n ’écris plus mais je continue à flâner sur les forums... un ptit passage à vide mais ma passion des parfums est toujours là, heureusement, et je continue ma quête insatiable de nouvelles fragrances ou d ’anciens chefs d’œuvre :)

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par Jicky, le 11 novembre 2013 à 00:15

Julita !!!!!

OMG !!

Ca me fait trop plaisir de vous revoir ici :D !!! (c’est trop cool !!)

 

Bravo pour votre fille ! C’est super ! Je m’en souviens qu’elle voulait faire l’ISIPCA, je suis vraiment ravi (et admiratif) de savoir qu’elle a réussi. N’hésitez pas à lui filer mes coordonnées ([email protected]), je suis moi même en train de décrépir comme une vieille plante paraplégique assoifée au premier rang des amphis de chimie (parce qu’au deuxième, papy Jicky ni n’entend ni ne voit, c’est beau d’avoir dix-neuf ans...), ce serait une illumation que de la voir un jour pour discuter !

 

Sinon, merci à tous pour vos interventions sur ce sujet sur les parfumeurs de demain (et pour les encouragements qui étaient dedans, vous êtes des amours :D !). J’ai bien l’intention de faire une "petite" synthèse, mais en ce moment je n’ai pas trop la tête à ça (quand je vous parlais de plante décrépie...), mais c’est promis :D !

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par parfums50, le 20 novembre 2013 à 00:09

Mon très cher Jicky

Moi non plus je n’écris plus souvent sur le post mais je continue à tout lire,parfois un peu en décalé,et cela peut me prendre toute une nuit...
Tu parles du parfumeur de demain, mais le parfumeur de demain CE SERA TOI très cher. je n’en doute pas une seconde et cela depuis que je te connais par le biais d’AUPARFUM et par ton blog.
A toi donc de le façonner,ce parfumeur, toi qui comprends si bien nos désirs et nos goûts en matière d’odorat.
Tu as le pouvoir de tout analyser justement. Tes goûts et tes desirs olfactifs sont sûrs et innovants.
je pense sincèrement que tu deviendras le chef de file de toute la nouvelle génération de parfumeurs. Tu as en toi la personnalité et l’aura nécessaire pour y arriver. Dépêche-toi d’y arriver ,on n’attend plus que toi parmi les grands nez de ce monde. Bon départ dans ta nouvelle vie, nous serons toujours avec toi à l’arrivée...

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par Vol de Nuit, le 20 novembre 2013 à 08:01

Julita, je suis relativement nouvelle sur le Forum, j’ai tout lu les posts, je crois sur plusieurs mois et s’il vous plait, reecrivez ! Votre avis est precieux.

C’est chouette pour votre Fille ! Felicitations.

Jicky, quand un des 5 sens est en surpuissance, mis en vedette (ici THE NOSE)-et Jicky a un nez enooooormissime - d’autres peuvent etre legerement en retrait : la vue, l’ouie par exemple. Quoique ca ne t’empeche pas d’avoir remarque la beaute de Mathilde ni le charme de Liv Tyler (2 merveilles de femmes chacune dans leur domaine) donc ca m’inquiete pas. ^^ je te met en boite, hein !

Tu as peut etre un bouchon dans une oreille ? (Vol de nuit et le complexe du stethoscope, regrette le temps ou elle jouait a la doctoresse avec les garcons de la rue....) Ca arrive et on y pense jamais.
Tous mes voeux de reussite ! Non seulement on t’a donne un nez de pointer mais aussi "bon gout". 2 atouts pour etre un futur Nez de genie .

Parfums 50 please, continuez d’ecrire sur le Forum.

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par euskalpyth, le 20 novembre 2013 à 11:07

 
Jicky, j’ajoute mon mot d’encouragement à tous ceux qui m’ont précédé : pour avoir discuté à l’osmothèque, il y a quelques semaines, avec des étudiants souhaitant intégrer l’ISIPCA, j’ai bien compris que le chemin est long et ardu et qu’il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus, mais je n’ai aucun doute sur le fait que ta passion (qui transparaît dans chacun de tes messages, sans parler du blog) et tes connaissances (tu dois avoir 5 longueurs d’avance sur les autres ;-))) t’ouvriront toutes les portes de la parfumerie, d’une manière ou d’une autre...
 
Ne baisse pas les bras, tiens bon : tu vas y arriver ! Comme ç’a déjà été dit : inutile de chercher à définir ce que sera le parfumeur de demain, puisque ça sera toi ;-)))
 
Oui, je sais : je suis en mode "enfant de 5 ans qui applaudit", mais parfois, il faut ;-p

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par Arpège, le 20 novembre 2013 à 13:29

J’aurais voulu trouver ces mots, c’est si bien ecrit et ca resume si bien ce que nous pensons tous. Quand on est soutenu par une passion (parfums) dans ce parcours difficile, la reussite est au bout du chemin !

Alors Jicky, tu vaincras ! Par le pouvoir d’ISM, de Ninfeo mio , de l’eau de Narcisse Bleu, de Shalimar, de Jicky... Bises

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par parfums50, le 20 novembre 2013 à 21:20

Merci beaucoup pour l’encouragement à écrire ; J’y songe bien,mais je n’ose pas toujours : devant tant de connaissances je suis parfois bouche bée et un peu intimidée. Mes écrits me paraissent bien fades à côté de ce que je peux lire de certains. Mais je promets de faire un effort... A bientôt.

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par Vol de Nuit, le 20 novembre 2013 à 22:10

Foncez ! Tous les ressentis sont interessants. On attend avec impatience !!!!

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AdRem

par AdRem, le 10 octobre 2013 à 00:14

Je n’ai pas les réponses à toutes les questions posées.Mais de l’espoir.Et beaucoup de rêves : " Stephan...at dawn...rapid eye movement" mais ça Jicky vous le saviez déjà.
A 19 ans je voulais dévorer le monde. Des années plus tard et des dents en moins j’ai toujours aussi faim : c’est le plus grand mal que je vous souhaite
Revenons à nos moutons et voyons ce que ce sujet m’inspire....
J’aimerais le parfumeur de demain plein de passion (est-ce un pléonasme ? Peut-on être parfumeur sans passion ?), que cette passion reste intacte, qu’elle ne soit jamais croquée/troquée pour survivre, que jamais la dédicace du Bachelier de Jules Valles ne s’applique au parfumeur de demain ("A ceux qui nourris de grec et de latin sont morts faim, je dédie ce livre").
Je souhaite que le bonheur et la liberté de sa passion explosent dans ses créations...et me font de surprise tomber à genoux (aïe ! Ça fait mal..et un chouïa théâtral mais j’adore être fan !)
Le parfumeur de demain devra nous rendre ivres et lui rester sobre...toujours.
Je lui souhaite un "Calamus" libérateur sans déclaration de guerre, un IUNX paradisiaque sans note d’hôtel, des flacons où son seul nom inscrit déclenchera des achats compulsifs chez les consommateurs...^^ ( et pas uniquement celui du commanditaire...).
Il y a quelques mois j’ai découvert "Bois d’Ascèse" estampillé de la marque d’une "Modiste Inconnue Même Pas Française" et créé par un "Parfait Inconnu" (de moi)...Je sais que j’ai parfois un cœur d’artichaut mais je suis rapidement devenu fan de "Bois d’Ascése" et ma curiosité grandissante pour son créateur a découvert ce site : http://notedecoeur.com/philosophie.html...et je me prend à souhaiter à Julien Rasquinet tout le plus grand bien...pour demain.
Jicky...plein de soleil sur la route du parfumeur de demain...hate de devenir fan...et d’avoir un flacon tout blanc dédicassé de votre main.
Que le parfumeur de demain prenne son temps...Je serais patient...Tout "perfumista" qui se respecte doit l’être..."Rome ne s’est pas faite en un jour."

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Vesper

par Vesper, le 9 octobre 2013 à 20:46

Si je puis me permettre, en simple amateur, comme je le suis en bien d’autres domaines...

Je pense qu’il est désormais trop tard, à mon grand regret, pour pleurer sur les formules originales de l’Heure Bleue ou de Habanita. L’époque est passée par là et la mentalité du risque zéro nous a définitivement coupé de ces oeuvres là.
Mais si le parfum est oeuvre d’artiste, c’est aussi le travail du chimiste.
Il faudrait peut être explorer en profondeur la palette des produits de synthèse. Il y a sans doute des choses à créer, des accords à faire naître, et bien sûr, des molécules à construire même si c’est pour explorer une voie plus abstraite (mais sans doute pas commerciale, c’est évident). Renouveler la révolution du N°5 en créant quelque chose qui ne ressemble à rien d’autre.
On peut aussi se rassurer en sachant que les techniques s’affinent et nous pouvons avoir l’espoir de matières aussi belles et complexes qu’une mousse de chêne sans avoir recours à des éléments naturels.

Il conviendrait ensuite, plus pragmatiquement, de reconnaître enfin à un parfum le statut de création à part entière et d’éviter ainsi les sempiternelles redites qui envahissent les étagères des parfumeries et font ici couler beaucoup d’encre.

Je rêve beaucoup.
J’attends énormément aussi d’une nouvelle génération de parfumeurs.
Tous mes voeux les plus enthousiastes vous accompagnent, Jicky.

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par Jicky, le 9 octobre 2013 à 23:20

Bonsoir Vesper,

 

Merci beaucoup pour tous vos voeux, c’est vraimen très gentil et encourageant de votre part =) Bien évidemment, quand j’ai fais le petit texte, c’était aussi pour le dédicacer aux quelques personnes qui s’orientent dans ce milieu actuellement mais aussi pour que les lecteurs d’auparfum se mettent dans cette position et discute du statut du parfumeur de demain.

 

C’est très intéressant ce que vous dites sur le travail des matières. J’ai personnellement beaucoup réfléchi sur cette question de la matière jamais sentie, "abstraite" selon vous. Disons que la plupart des odeurs gardent cette abstraction, mais elles ne sont abstraites que relativement, pas abstraites en soi, c’est avec le temps qu’on les assimilera et qu’elles deviendront de plus en plus figuratives (pour garder l’exemple du N°5, l’aldéhydé est devenu un genre en soi). Et c’est aussi un discours esthétique. Est-ce que le parfumeur de demain devra jouer sur l’abstraction ? Pas si sûr...

 

Et, toujours pour rebondir sur vos propos, il y a aussi un grand travail qui a lieu avec les matières naturelles ! En exemples les plus représentatifs, on peut citer la branche LMR (laboratoires Monique Rémy) rachetée par IFF, les Jungle Essence de Mane (extraction particulière, saisissante pour les notes fruitées par exemple, mais toujours originales, j’ai le souvenir d’une essence de roquette absolument saisissante), la SFE chez Firmenich ou encore la qualité Robertet, toujours étudiée de plus en plus (Robertet est LA maison des naturels par excellence). Le travail du chimiste appliqué en parfumerie se fait aussi sur les naturels. Mais aussi sur les synthétiques ;)

 

Après - et c’est le cas actuellement - le diplome de l’isipca par exemple est un master en chimie appliquée. Or, le parfumeur est souvent loin d’être un chimiste ! (c’est aussi, de manière plus simple, loin d’être mon cas ^^). Exiger des parfumeurs un parcours obligé en chimie, c’est aussi rejeter du milieu un grand nombre de talents qui n’ont pas la fibre scientifique...

 

Merci pour vos pistes très intéressantes mon cher Vesper ;)

J.

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par Vesper, le 10 octobre 2013 à 18:17

J’avais essayé d’être synthétique et je trouvais quelques failles à mon message.
Je rebondis donc, à mon tour, pour combler celles dans lesquelles vous vous êtes engouffré.

Tout d’abord, loin de moi l’idée de rendre l’art de la parfumerie inaccessible aux créateurs plus réfractaires à la chimie. Personnellement, je me passionne pour le parfum dans la mesure où il s’agit d’un syncrétisme entre art et science, mais j’imagine que c’est une vision peut être un peu marginale. Je voulais dire qu’il viendra peut être une génération de parfumeurs qui travailleront de manière plus étroite avec les chimistes. Ou que la chimie des molécules parfumées deviendra un pan de recherche à part entière (je parle de "design moléculaire" là, pas de techniques d’extraction).

Ensuite, l’idée de l’abstraction en parfumerie m’est venue par comparaison avec la peinture ou la musique. Il faut à un moment casser les codes pour ne pas s’embourber dans une voie sans réelle possibilité d’évolution.
J’ai cité le N°5 parce que justement, l’abstraction à laquelle je pensais en parfumerie tenait de ce sur quoi nous sommes d’accord. Ce qui était une abstraction à sa sortie n’est maintenant plus qu’un des précurseurs d’une famille bien établie.
Je suis persuadé qu’il y a d’autres assemblages à construire pour partir vers autre chose.

Quant à la question des naturels face aux produits de synthèse, j’avoue que j’ai deux gros défauts : je suis pessimiste et biologiste moléculaire.
J’ai pris l’habitude quand je désire une molécule dans le cadre de ma discipline de la "designer" avant de la commander. La synthèse est donc pour moi une évidence.
Ensuite, je crains plusieurs choses.
Tout d’abord le "switch antigénique", c’est ainsi que j’appelle la façon dont le corps se tourne vers d’autres allergènes une fois que la substance qui déclenchait l’allergie a été éliminée. Nous sommes pour moi à l’aube d’une ère allergique. Notre environnement chimique est tellement agressif que le corps ne connait plus qu’une seule manière de réagir. Et il le fait de manière outrancière.
Je crains donc que les molécules allergènes ciblées par la Communauté Européenne actuellement ne soient que des précurseurs.
D’autre part, je crains aussi que les législations ne deviennent de plus en plus contraignantes (j’ai un ami qui gère une laiterie et qui se refuse à demander le label bio parce que malgré la qualité de son lait, les contrôles incessants lui rendraient la vie impossible) et que les laboratoires ne restreignent leurs catalogues de matières naturelles que par simple facilité administrative.
On ne peut pas rendre une molécule d’eugénol (si tant est qu’elle le soit vraiment, mais je ne vais pas m’énerver sur ce sujet ici) non allergène. Sinon ce n’est plus une molécule d’eugénol. Mais elle peut sentir pareil si le chimiste qui l’a imaginée est doué... Voilà pourquoi la chimie de synthèse est une voie d’avenir à mon sens. En ce n’est pas de gaité de coeur.

Celà dit, un certain monde aura toujours besoin de belles matières, quitte à les créer. Et ça ne rendra pas le parfum moins cher.
Je vois aussi la parfumerie de demain comme un monde très clivé entre des amateurs éclairé et des consommateurs heureux de l’être. Et à ça, je ne vois pas de solution.

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Jeanne Doré

par Jeanne Doré, le 9 octobre 2013 à 20:26

Merci Jicky d’avoir relancé le débat en bonne et due forme.

Vous avez tous le droit de copier-coller vos précedents messages :)

Et tous les parfumeurs qui nous lisent sont bien-sûr invités à donner eux aussi leur avis....

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