Auparfum

Avec Orphéon, Diptyque nous invite à fêter ses 60 ans dans un bar du Quartier latin

par Anne-Sophie Hojlo, le 2 mars 2021

La maison parisienne célèbre son anniversaire en recréant l’atmosphère de l’Orphéon, club voisin de la boutique ouverte en 1961 par Desmond Knox-Leet, Christiane Gautrot et Yves Coueslant au 34, boulevard Saint-Germain.

Les plus attentifs se souviendront que Diptyque avait soufflé ses 50 bougies avec Tempo et Fleur de peau en… 2018, mais le compte est bon car il s’agissait alors du demi-siècle de son premier parfum, L’Eau.

Déjà auteur notamment de Vetyverio, Eau Mohéli ou Eau capitale, Olivier Pescheux rend cette fois hommage au bar de nuit où aimaient se retrouver les trois fondateurs de la marque, « leur salon, leur coin du soir, le bureau hors les murs de leur si petit royaume ». (Une habitude qui nous paraît bien lointaine, ces jours-ci…)

Ce « songe olfactif » décrit comme « frais, floral, sensuel et boisé » met à l’honneur le cèdre, le vétiver et le patchouli, qui font revivre « l’espace en lui-même, où domine le bois : tables basses, fauteuils, étagères du comptoir (…), parquet de la piste de danse au sous-sol ». On y trouve également des baies de genièvre pour « l’alcool anglais que l’on sert en long drink », du lentisque, du galbanum, de la brèche d’abeilles et du ciste pour le tabac « qui, certains soirs, devait former une sorte de brouillard dont personne ne s’offusquait », de l’ylang-ylang, du magnolia, de la rose damascena et du jasmin sambac figurant le parfum des femmes, « du genre étoffé », du musc et de l’ambre pour celui des hommes « un peu dandys, souvent dragueurs » et enfin de la fève tonka, du benjoin et de l’Ambroxan, qui rappellent l’éclairage « rouge tamisé, chaleureux » des lieux.

Le flacon est illustré par l’artiste plasticien Gianpaolo Pagni, dont le travail « se concentre autour de la dimension liée au souvenir et à la trace ».

Eau de parfum 135 euros/75 ml
Déjà disponible

Premières impressions

Une jolie création, fidèle à l’esprit de la maison, qui semble creuser le sillon de la rose boisée depuis deux ans. On retrouve ainsi les facettes chyprées de l’Eau capitale, dans une version plus propre, aromatique et résineuse, ainsi que la fleur saupoudrée de poivre et d’Akigalawood d’Othoniel Rosa, cette fois moins hérissée d’épines. Les notes terpéniques de pin et de genièvre contrastent agréablement avec la dimension crémeuse et cosmétique du bouquet floral et des baumes, tandis que le vétiver, à la fois robuste et confortable, s’étire en fond et distingue Orphéon de ses prédécesseurs.

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