Le TOP 2025 de la rédaction : du baume, du vintage et du désordre
par Alexis Danile, le 22 janvier 2026
La rédaction d’Auparfum et de Nez a exploré le paysage olfactif de l’année 2025 à la recherche des lancements les plus marquants, pour réunir ici les véritables coups de cœur qui ont retenu notre attention. C’est l’occasion de (re)découvrir ensemble les parfums, les marques et les événements qui ont rythmé ces douze derniers mois et qui ont fait écho à notre passion.

Le parfum le plus cité (et de loin) par nos rédacteurs lors de notre sondage est Madagascar, le baume vanille de Parfum d’empire. La vanille enrobée de vieux rhum, de fèves de cacao, de cannelle et d’épices a su faire chavirer les nez et les cœurs de la rédaction. Nonobstant la profusion de vanilles lancées sur le marché cette année, Marc-Antoine Corticchiato a su imposer sa vision de la gousse, loin des clichés gourmands ou pâtissiers, et on en redemande.

Quatre fragrances se partagent la deuxième place de notre classement : Zurafā de Serge Lutens, iris enveloppé de notes animales et fumées ; Shalimar L’Essence, réinterprétation du grand classique de Guerlain à l’occasion du centenaire de celui-ci. Et le vintage est décidément toujours à l’honneur avec la nouvelle édition limitée d’Ambre antique par Infiniment Coty, et le parfum 1921 de Spoturno signé par le maître parfumeur Christopher Sheldrake.

Sur la dernière marche du podium, nous retrouvons le très chaleureux Duende, un accord de piment vert et de clou de girofle à peine nappé de miel du parfumeur Anatole Lebreton, ainsi que la mythique et sensuelle évocation de peau d’Antinoüs de la marque Ānti, signé Marc-Antoine Corticchiato. Tous deux se sont démarqués par leur tempérament tant épicé que charnel. Enfin, s’y place également le très beau thé noir infusé d’épices de Johdpur 6am de L’Entropiste.

D’autre parfums ont su marquer la mémoire de la rédaction, tout particulièrement Ultra du parfumeur Hiram Green, Osmanthus noir de Parfumeurs du monde, Mandi Rhubi d’Isabelle Larignon, Déclaration Eau de parfum de Cartier, Monsieur de la marque Bienaimé ou encore Atmah de Caron.

Si ce classement met en avant une majorité de créations de niche – en dehors de Shalimar L’Essence et Déclaration Eau de Parfum – notons que de très jolis lancements dans les réseaux de distribution classiques ont eu lieu. Parmi eux, la version Eau de parfum intense de Barenia d’Hermès qui fait gagner en densité la structure chyprée de l’original. La fraîcheur de l’Aqua Allegoria Rosa Verde de Guerlain et le sillage chic et cosmétique de Lacoste Original pour femme se sont aussi fait remarquer, tout comme Chance Eau splendide de Chanel, un flanker réjouissant venu bousculer la gamme.

Du côté des marques, certaines nouvelles maisons apparues en 2025 ont marqué les esprits. L’Entropiste (du mot « entropie », un concept scientifique qui exprime le désordre) est indéniablement celle qui a le plus marqué l’esprit des rédacteurs, avec une expression olfactive mémorable et contrastée. Sous l’impulsion créative de Bertrand Duchaufour, la maison a été propulsée au sommet de notre classement des nouvelles marques.

Le paysage olfactif s’est scindé en un grand nombre de visions radicales : entre l’archéologie émotionnelle d’Ānti, le minimalisme architectural de la collection « Olfactory Series 1 » de Jil Sander et l’opulence sacrée de Sultan Pasha Perfumes, ces maisons ne créent plus de simples sillages, elles imposent de nouveaux manifestes. Trois signatures fortes, sans compromis, qui constituent nos coups de cœur de l’année.

Parmi les marques dont nous attendions le relancement avec impatience, certaines n’ont cependant pas comblé nos espérances. Tout d’abord Balenciaga qui, malgré notre joie de pouvoir (re)découvrir Le Dix, reste plutôt décevant dans le reste de la nouvelle collection. Même peine au lancement des eaux de parfum de L.T. Piver, que l’on aurait aimé retrouver sous un meilleur jour. Tant pis, pour la prochaine fois, peut-être ?

Cette année a par ailleurs été bien remplie en événements fédérateurs pour la communauté, que ce soit pour les amateurs, les spécialistes et les étudiants. Tout d’abord, 2025 fut pour la Paris Perfume Week une année de confirmation qui a tenu toutes ses promesses en rassemblant passionnés et professionnels dans une célébration originale du parfum et de la culture olfactive. Puis, la Grasse Perfume Week nous a plongé le nez dans les matières premières et les acteurs du milieu du sourcing notamment. Enfin, le Paris-Shanghai Perfume Show nous a permis de découvrir de nombreuses marques chinoises, toutes plus fascinantes et originales les unes que les autres, à commencer par Damfool Perfumes, Voice from the Sky ou encore l’Atelier Möbius, qui nous ont fait voyager dans leurs beaux et mystérieux univers.
Espérons que 2026 nous apportera au moins autant de lancements de grande qualité et d’événements où la joie de rencontrer nos lecteurs et d’échanger avec vous reste notre plus belle récompense.
Thèmes
2025 Anatole Lebreton Anatole Lebreton Ānti Atelier Mobius Balenciaga Bertrand Duchaufour Bienaimé Caron Cartier Chanel Christopher Sheldrake Damfool Perfumes Guerlain Hermès Hiram Green Hiram Green Infiniment Coty Paris Isabelle Larignon Isabelle Larignon Jil Sander L’Entropiste L.T. Piver Lacoste Marc-Antoine Corticchiato Parfum d’empire Serge Lutens Spoturno Sultan Pasha Perfumes Voice from the Skyà lire également
par Blanche DuBois, le 24 janvier 2026 à 11:26
Madagascar « le parfum le plus cité (et de loin) ». Formidable. Une vanille au rhum et au cacao qui met tout le monde d’accord. Rien de plus rassurant qu’un consensus mou sur un accord déjà archivé depuis des années. Présenter une vanille « loin des clichés gourmands ou pâtissiers » au niveau prise de risque, bof. L’accord rhum–cacao–épices, on le connaît par cœur, merci. Vanille Havane des Indémodables faisait déjà le job, avec davantage de tenue et sans tambours rédactionnels. Pour une maison capable autrefois d’un Cri de la lumière, cette (énième) vanille ressemble surtout à un aveu de fatigue collective. Zurafā de Lutens, en revanche, mérite qu’on s’arrête. Iris, cuir, une vraie noblesse de ton, une construction subtile, presque mélancolique. Magnifique, oui. Mais volatil aussi. Sillage discret, longévité timide. Un parfum à aimer en silence. Ce qui, au fond, lui va assez bien. L’élégance jusqu’à la disparition.
Quant à l’argument du « retour du vintage », permettez un sourire fatigué. Le mot est devenu un label creux, brandi à la moindre réédition expurgée de ce qui faisait précisément son intérêt. Ce ne sont jamais les formules d’origine, jamais les matières, jamais les audaces. Juste des hommages aseptisés, calibrés pour ne froisser personne. Annoncer qu’une version « intense » de Barénia gagne en densité et en structure chyprée quand on connaît intimement les grands chyprés classiques, c’est soit ignorer l’histoire, soit la prendre pour un accessoire décoratif. Dans les deux cas, le résultat fait moins rêver que soupirer.
Chance Eau Splendide, flanker « réjouissant » ? Sans doute le genre de mièvrerie qui susciterait un léger enthousiasme, rien de plus... si j’avais douze ans.
Et puisqu’on parle de vrais retours, autant être honnête, ce texte donne surtout envie de tourner le dos à la parfumerie actuelle et de replonger dans les flacons d’époque. De chercher, par exemple, un extrait de Calèche des années 60–70. Guy Robert, lui, n’avait pas besoin de storytelling boursouflé ni de “tops” annuels pour être subversif. Il glissait, au milieu d’un bouquet impeccable, des muscs volontairement troubles. Pas « sensuels », pas « charnels » au sens marketing. Sales. Vivants. Une note de cul qui transpire la vérité, celle des corps après usage, pas après validation focus group. Une audace aujourd’hui devenue impensable, tant on confond transgression et packaging "luxueux".
Et puis, cerise sur le gâteau corporate : la Paris Perfume Week. Présentée comme un grand moment fédérateur, elle incarne surtout ce que la parfumerie a de plus triste quand elle se regarde trop : un entre-soi sponsorisé, des stands, des discours bien huilés, et cette impression persistante que tout est déjà validé avant même d’être senti. Appeler ça une célébration relève de la liturgie marketing, pas de la passion.
En résumé, cette liste ne donne pas envie de découvrir 2025. Elle donne envie de la contourner. De rouvrir des flacons jaunis, d’assumer des parfums qui sentent encore quelque chose de risqué, de charnel, de franchement vivant. À côté de ça, ces « coups de cœur » donnent surtout envie de bâiller. Longuement.
par Garance, le 23 janvier 2026 à 21:03
Ah, je suis bien contente que vous mettiez en valeur Madagascar Le Baume Vanille : c’est une création magnifique, intrigante, qui tient presque plus de l’odeur que du parfum. Je ne sais pas si je pourrais le porter, mais je trouve incroyable que ce parfum puisse exister : l’impression de sentir un chef-d’oeuvre, comme je l’avais eue par exemple pour Coromandel eau de toilette (la version actuelle est belle, mais beaucoup moins subtile), Bois des Iles, ou encore le discontinué et regretté Attrape-coeur chez Guerlain... Ces parfums n’ont pas grand chose à voir, si ce n’est le choc esthétique qu’ils peuvent procurer.
à la une
Monsieur - Bienaimé
Évocateur de beaux classiques, ce sillage discret mais présent s’offre comme un bouquet hespéridé modernisé. Sûr de lui et souriant par-delà les genres.
en ce moment
il y a 3 heures
Bonjour ☺️ Je trouve le commentaire de Blanche Dubois sur votre article Le Top 2025, brillant(…)
il y a 11 heures
Madagascar « le parfum le plus cité (et de loin) ». Formidable. Une vanille au rhum et au cacao(…)
hier
Ah, je suis bien contente que vous mettiez en valeur Madagascar Le Baume Vanille : c’est une(…)
Dernières critiques
Narciso Eau de Parfum Radiante - Narciso Rodriguez
Rayon de musc
Spoturno 1921 - Spoturno
Adieu tirelire
Les fleurs de la pluie - Parfumeurs du Monde
Roses de l’aube













par anna29s, le 24 janvier 2026 à 19:09
Bonjour ☺️
Je trouve le commentaire de Blanche Dubois sur votre article Le Top 2025, brillant et juste bien que dur, surtout sur le nouveau parfum Madagascar Baume vanille de ce fameux créateur de parfums ? ? Mr Corticchiato que j’ adore !
Je possède Un bel amour ? d’ été, très bon parfum a mes yeux de plus j’ avais eu des échantillons de sa marque Parfums d’ Empire, il y a un certain temps et j’ avais apprécié immédiatement !
Ambre russe et Azzemour les orangers sont superbissimes.
Donc, tout ça pour dire que je n’ aime pas quand on " descend" le travail talent d’ un nez ? fameux comme Mr Corticchiato.
Sinon en belle marque de parfums ? j’ adore Maison Frapin, leur parfum Bonne Chauffe est excellent ?, je le porte en ce moment et merci à sa créatrice écossaise, elle a un grand talent.
Pour citer une autre marque que j’ ai découverte récemment c’est Thameen, superbe marque de beaux parfums aussi.
Voilà pour mon avis
Merci Au Parfum, pour votre belle sélection 2025. ❤️ ??
J
Répondre à ce commentaire | Signaler un abus