Auparfum

Nina Ricci met la lumière sur l’Air du temps

par - , le 18 novembre 2016

En hommage à son emblématique parfum L’Air du temps créé en 1948 par Francis Fabron, la maison Nina Ricci a lancé le 1er novembre une nouvelle Collection Lumière, composée de trois parfums qui suivent les « trois temps » de la journée.
L’Aube et Le Crépuscule sont deux nouvelles créations signées par Calice Becker, qui déclinent le parfum d’origine sous le thème de la lumière du jour et de la nuit.
Le Zénith, quant à lui, reprendrait la même formule que l’eau de parfum actuelle de L’Air du temps, mais contenue dans un flacon en Cristal Lalique. Les trois flacons de la collection, tous ornés de plumes, ont été habillés par la Maison Lemarié, spécialisée dans l’art de la plumasserie.

A noter, la maison Guerlain avait elle aussi décliné en 2012 l’Heure Bleue pour son 100e anniversaire, en trois parfums : le Crépuscule, le Zénith et… l’Aurore !

L’Aube
Pour cette fragrance « douce, intimiste et sensuelle » qui évoque le lever du soleil, Calice Becker a composé un floral ambré poudré, avec de la rose Damascena, de l’œillet, de l’iris et des facettes ambrées.

Le Zénith
Il s’agirait de l’eau de parfum de l’Air du temps, contenue dans un flacon « d’exception » lancé en édition très limitée, orné de colombes en plumes blanches et or peintes à la main.

Le Crépuscule
Pour évoquer la tombée de la nuit, Calice Becker a associé l’œillet à la Belle-de-nuit Mirablis jalapa, une fleur qui éclôt le soir, la vanille et l’ylang-ylang. Une fragrance décrite comme « narcotique, opulente et enveloppante », contenue dans un flacon bleu-nuit.

Premières impressions
La vraie bonne surprise est Le Crépuscule, un floral vert-rétro, transparent, végétal, humide et croquant, avec des intonations de shampooing à la camomille - ce qui peut paraître pas très luxe pour un flacon à ce prix là, je vous l’accorde, mais c’est plutôt très bien fait et avec une belle évolution.
L’Aube, quant à elle, est un oriental floral boisé, avec des réminiscences de Kenzo Flower qui aurait été mixé avec des bois ambrés. Un peu plus dispensable donc.

Je n’ai pas eu la possibilité de sentir le contenu du Zenith, pour vérifier l’état actuel de L’Air du temps, qui aux dernières nouvelles, n’était malheureusement plus que l’ombre de lui-même...

Je regrette par ailleurs que la mise en avant d’un patrimoine historique passe forcément par des formats “exceptionnels” hors de prix, qui ne me semblent pas le meilleur moyen de promouvoir un héritage. Au contraire, ce positionnement isole les classiques dans une niche inaccessible, et finalement uniquement destinée à ceux pour qui seul le plus haut prix constitue une motivation d’achat, quelle que soit l’odeur...

L’Aube et Le Crépuscule, eau de parfum, 300 euros/100ml
Le Zénith, eau de parfum, 1650 euros/45ml
Disponibles en exclusivité aux Galeries Lafayette.

Crédits photo : Thomas Lohr

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par , le 23 novembre 2016 à 10:06

Bon alors là, comment le dire ?

Tout fomme avec Byredo et ses trois parfums mode équestres, on atteint bien là le sommet du ridicule en termes de prix.

Alors oui, l’argumentaire sera : ce sont de belles matières, tout ça, mais bon, quand je vois que ces trois parfums ci-dessus sont formulés par Candice Becker qui a massacré Vent vert et commis le vulgaire Lola, ça me laisse perplexe...

Voilà, c’est triste parce que le parfum n’a pas toujours été ce luxe hors d’atteinte boosté à coup de marketing, avec des jus si tôt créés, si tôt oubliés. Triste aussi parce que des marques qui essayent de garder un équilibre entre qualité et prix abordables n’ont finalement que peu d’espace de visibilité, à l’instar de Parfum d’Empire. Triste enfin parce qu’après, on se demandera pourquoi les fans de parfums vont déserter les lieux physiques, de niche ou pas, pour se rabattre sur les prix cassés d’Internet et les sites de vente off-shore.

C’est finalement tout un imaginaire qu’on tue ici et on se prend bizarrement à regretter parfois le temps où le terme "parfumista" n’existait pas encore et où l’on pouvait vivre sa passion honteuse cachée. ;-)

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Doblis

par , le 20 novembre 2016 à 19:44

Je n’ai pas eu l’occasion de voir le Zénith (joli mais assez cher) mais les 2 autres flacons sont assez kitsch.
Surtout que ce sont des vaporisateurs en plus. Le prix est bien exagérer surtout qu’il y a fort à parier que les plumes collées ne vont pas résister dans le temps.
Puig veut moderniser hélas.
Comme dit Adina76, rendez-nous plutôt le sublime Nina d’origine. Tellement beau, mais ses notes fleuries ne sont plus modernes no tendances.
En contrepartie on nous sert le narcotique de Crépuscule qui a des notes assez collantes et très tenaces, bien loin de l’Air du Temps finalement.

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Adina76

par , le 18 novembre 2016 à 18:39

1650 euros les 45 ml de Zénith. .. ils auraient dû l’appeler "le Bouquet" ! à moins que ce nom ne renvoie au Zénith d’inconscience ou de bêtise qu’on atteint en dépensant une somme pareille.

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Adina76

par , le 18 novembre 2016 à 15:31

En découvrant le titre de cette actualité, j’ai caressé un instant le rêve de retrouver ces trésors de poésie sur lesquels le groupe Puig semble avoir tiré un trait sous prétexte de rajeunir sa gamme et sa clientèle. Las ... qu’il nous rende plutôt Nina (la vraie, l’originale comme dirait son voisin d’en face avenue Montaigne, celle créée en 1986 et disparue 20 ans plus tard dans une indifférence complète alors que c’était un joyau des années 80 !), Capricci et Farouche à des prix abordables et l’exquis Fleur de Fleurs. Je n’ai pas connu Bigarades, mais en ai entendu parler avec regret.

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par , le 18 novembre 2016 à 17:23

Bonjour Adina, désolée pour le titre trompeur ! C’est bien une "mise en lumière", même si à ce prix là, on risque fort de brûler les ailes à vouloir toucher le soleil au zénith ....

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par , le 19 novembre 2016 à 14:29

les marques ont souvent un sens inné pour nous faire passer certains messages connexes au parfum ; ici, la marque nina ricci a installé sur le haut une forme constituée de plumes véritable ; et on est bien, littéralement, plumé, en effet

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par , le 19 novembre 2016 à 15:14

Ou alors c’est une évocation à peine dissimulée... du pigeon !

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par , le 19 novembre 2016 à 18:29

Et le comble est que pour ce prix stratosphérique, on a non pas un extrait mais une simple eau de parfum. Ricci a une bien curieuse façon de traiter et considérer ses clients fortunés. ..

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par , le 20 novembre 2016 à 20:28

Bien d’accord avec vous : Nina (l’historique) était un fort beau parfum floral. Il m’arrive de le respirer encore, car ma mère en possède un flacon, dans sa jolie boîte blanche.
J’aimerais aussi que Nina Ricca ressorte Signoricci, une pure merveille hespéridée, douce, enveloppante, d’une classe souveraine. Non reformulé, please !

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par , le 20 novembre 2016 à 22:14

Signoricci était en effet un hespéridé délicatement poudré, typique des créations élaborées sous la férule de Robert Ricci. Je crois avoir encore un petit savon de la ligne. Quant à « Nina », j’en ai encore un flacon acheté en promotion à Madrid en 2005, dans un flacon octogonal très quelconque identique à celui de « Fleur de Fleurs » bradé lui aussi. Signe que Ricci avait déjà alors décidé du sort de ses deux fragrances. Nina l’Originale avait une douceur extraordinaire, sans aucune mièvrerie, un fondu qu’on retrouvait aussi dans N°5 ou Miss Dior (la vraie !). Quelle merveille ... Comme vous Jean-Louis, je rêve qu’on nous la rende intacte et chéris mon dernier flacon comme un survivant d’une époque - pourtant pas si lointaine - mais dont la créativité foisonnante des grandes marques "mainstream" me paraît bien tarie.

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par , le 20 novembre 2016 à 22:51

Excusez moi Jean-David ... Quelle étourdie je suis !

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par , le 21 novembre 2016 à 11:32

Mais non, chère Adina, ce n’est pas de l’étourdissement, mais un peu de médiumnité sans doute, car Jean-Louis est le prénom de mon beau-père !

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par , le 21 novembre 2016 à 13:59

Merci Jean-David pour votre compréhension. J’ai alors la chance que vous appréciez votre beau père !

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par , le 21 novembre 2016 à 00:15

Bonsoir Adina76.
Ah oui en effet je n’avais pas vu qu’il s’agissait de l’Eau de Parfum et non d’un extrait pour le Zénith.
Mais le prix vient du flacon Lalique en 100ml a priori.
Quelqu’un connait L’Air de Temps Eau Sublime ?
Jamais testé en ce qui me concerne.

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par , le 21 novembre 2016 à 07:00

Bonjour Doblis,
L’argument portant sur la qualité et la rareté du contenant, systématiquement fourni à ce niveau de prix, mais ici avec un contenu banal n’est vraiment pas acceptable. Que Ricci vende alors le produit comme un flacon d’exception. Point. L’ajout d’une eau de parfum ne mérite même pas qu’on la mentionne.
Quant à l’Air du temps Eau sublime, je ne connais pas non plus. Ça doit être la dernière trouvaille marketing pour convaincre le client que son achat a un fondement que la raison ignore.

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par , le 22 novembre 2016 à 16:56

Bonjour Adina76.
Je suis bien d’accord avec vous, vous vous en doutez bien.
Quand on fait un flacon d’exception, on y va jusqu’au bout avec un extrait surtout quand le flacon est vendu à ce prix.
Là, c’est tout simplement ce que j’appelle du Foutage de Gueule (avec de belles majuscules).

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