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Copal Azur

Aedes de Venustas

Flacon de Copal Azur - Aedes de Venustas
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Contemplation bleue

par , le 17 décembre 2014

Parler d’encens. Et le mettre en parfum. On aurait pu se dire que le sujet avait déjà été traité par cette intrigante marque new-yorkaise baroque, aux côtés de Bertrand Duchaufour, en 2008 lors de leur partenariat avec l’Artisan Parfumeur. Mais le parfum, discontinué, est reparti dans l’oubli, sauf pour ceux qui ont eu la chance d’en attraper une bouteille au vol.

Le sujet semblant fasciner de longue date les fondateurs Karl Bradl et Robert Gerstner, ceux-ci, accompagnés de Bertrand Duchaufour encore, se sont remis autour de la table, pour raconter une nouvelle histoire. Ils ont repris la route familière des voyages olfactifs, parcourant de longs kilomètres et remontant peut-être, de longues décennies. Avec l’encens comme thème central, l’inspiration de Copal Azur viendra d’un voyage à Tulum, cette ancienne cité maya devenue aujourd’hui site archéologique. Karl Bradl raconte qu’il aurait été saisi, lors d’un parcours à vélo, par l’odeur de l’air, charriant les notes iodées et salées de la mer, mêlées de celles plus pénétrantes et montantes des fumées touffues de la résine de copal en train de fondre sur les braises...

L’encens que figure ce nouvel Aedes de Venustas est donc bien le copal, une résine produite par des arbres de la même famille botanique que celle de l’oliban (originaire du Moyen-Orient), mais poussant en Amérique du Sud et au Mexique. Cette résine, qui a donné son nom à Copal Azur, était l’encens des Mayas et des Aztèques, qui l’utilisaient lors de leurs sacrifices et rites pour honorer les dieux. Proche de l’oliban sur le plan botanique, il dégagerait comme lui des notes terpéniques (rappelant l’essence de térébenthine), citronnées et résineuses lorsqu’il est brûlé. N’étant cependant pas utilisé en parfumerie, Bertrand Duchaufour, pour retrouver la particularité de sa note, aurait employé trois essences différentes de résines.

Comme de nombreux parfums ayant pour thème central l’encens, Copal Azur porte en son sein une atmosphère singulière et contemplative, que seuls les effluves tranchants et verticaux des résines ancestrales sont à même de créer. À la différence d’un Avignon, humecté de myrrhe et de patchouli, ou d’une Eau Froide, glaciale, métallique et aveuglante, le dernier opus d’Aedes de Venustas étire son encens vers le ciel, évoque le vent qui pousse sa fumée et suggère la chaleur et le crépitement de ses cristaux fondus.

Par le truchement des effets de matières, Bertrand Duchaufour est ainsi parvenu à créer une sensation gazeuse d’air iodé, chargé du sel de la mer, et comme saturé des émanations rafraîchissantes des plantes aromatiques écrasées par le soleil. La décharge de fraîcheur mentholée camphrée de la tête, qui soulage comme un plaisir qui se propage le long des membres, s’étire avec persistance sur la peau. Les premières heures passent, bercées par ce vent frais et aromatique de notes résineuses et de cardamome, où l’on sent déjà poindre la touffeur sèche, légèrement âcre du baume. Au crépuscule, sa voix d’ambre et de myrrhe se fait brûlante, mourante sur les braises de la peau alors que les dernières volutes de fève tonka s’échappent. Un structure classique de parfumerie, la fougère, pourrait se laisser deviner dans cette combustion de l’aromate sur le feu.

Le regard du parfum se tourne alors vers le ciel et fixe cette autre couleur de la nature après le vert qu’est l’azur du ciel. Généreux dans sa simplicité, Copal Azur a cette beauté naturelle et mystérieuse des grands espaces, où tout semble parfaitement posé, sans que l’on sache vraiment expliquer pourquoi. Ses effluves parlent du temps qui ralenti, s’arrête et reprend son cours. Le porteur, lui, contemple le mouvement, l’esprit vide de toute pensée.

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par , le 10 janvier 2015 à 18:26

Ma première belle découverte de 2015 ! Cela faisait longtemps que Duchaufour ne nous avait plus conçu un de ces parfums paysages dont il a le secret. Ce qui ne signifie pas un parfum d’ambiance.

Il me donne l’impression d’être montée seule en altitude, dans une forêt de pins et de sentir au loin la mer. Comme ce personnage du tableau de Caspar David Friedrich, mais dans un paysage plus lumineux et serein que celui du peintre romantique aux tons bleutés.

Je ne m’attendais pas à aimer un troisième parfum de cette marque !

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Nymphomaniac

par , le 18 décembre 2014 à 00:25

Celui-ci n’est pas du tout à mon goût. Je sens des notes pseudo-marines très fortes, du début jusqu’à la fin de l’évolution. Cela évoque moins la vase, les coquillages, les crustacés qu’un hypothétique nettoyant voire détergent pour carrelage avec la mention "parfum pin". Je lui trouve un aspect davantage ménager que mystérieux. Je ne m’imagine pas sur une plage regardant l’azur bleuté. Je me sentirais davantage sur une côte bretonne, les pieds dans la vase, devant quelque huître ouverte ; face à moi, le pétrolier supertanker "Amoco Cadiz" déverse ses milliers de litres de pétrole ; il pleut, le temps est grisâtre ; je sors les ustensiles pour nettoyer la côte souillée, ainsi que les détergents, parfumés au pin maritime.

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Lady Pallida

par , le 18 décembre 2014 à 00:06

Pour ma part, un vrai coup de coeur, voir un coup de foudre ...
C’est un parfum superbe que j’ai eu la chance de découvrir lors d’une séance du Nez Bavard sur l’encens.
Juliette, quelle brillante idée de l’avoir mis dans la sélection :-)
Il me donne littéralement un coup de fouet, une sensation de fraicheur et de bien-être, comme si je me retrouvais en front de mer, entre une forêt de cofinères et un océan bleu profond, avec l’air marin en plein face, un soleil radieux et un horizon sans fin. On se rejoint finalement sur le terme "respiration".
J’aime beaucoup les notes vertes en général et l’encens aussi mais je crois bien que je l’aime aussi car il a une phase très salée sur ma peau.
C’est tellement à contre courant des sucreries actuels, une bouffée d’oxygène dans ce monde de plus en plus gluco-praliné-fruité. Un bonheur !
Chapeau bas à Bertrand Duchaufour pour cette création originale et vivifiante, merci pour ce voyage olfactif.

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Cymoril

par , le 17 décembre 2014 à 20:01

J’adore l’encens et j’avais un peu peur avec celui ci... Je ne sais pourquoi, mais je l’envisageais version "Ma garrigue au Mexique", eucalyptus, citron vert et tralala... et ça ne me parlait vraiment pas ! Mais comme je ne résiste pas à l’encens j’ai tenté : bien m’en a pris, tout faux donc, et bien beau en fait ce Copal Azur !

... Et surtout à la différence de nombreux encens souvent pris dans des enclos méditatifs, des vestiges de souvenirs, de tradition, ou encore simplement dans des atmosphères sombres, troubles... Ici on est effectivement dans l’ouverture et les grands espaces, une immense respiration, une vue imprenable, aucune limite. C’est assez frappant même, et c’est terriblement agréable ! Une belle réussite cette combinaison où l’aspect "spirituel/rituel" est affranchi des cadres communs (souvent rigides ou/et austères) sans rien perdre de profondeur symbolique.
Une belle évasion... Qui me donne envie de découvrir le copal !!!

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par , le 17 décembre 2014 à 22:27

Bonsoir Cymoril,

Je crois que tu as bien saisi le terme qui convient à propos de ce parfum : respiration. C’est en effet ce qu’il m’inspire, et d’ailleurs, je le trouve sous cet angle, plus proche de la matière brute que beaucoup d’autres parfums qui ont eu pour thème l’encens.

La résine d’oliban, ou de copal donc, a un effet terpénique (pin / sapin) que j’adore et qui me donne toujours envie de le décrire en gonflant mes poumons, comme si c’était la seule manière de l’exprimer... Copal Azur provoque bien cet effet, et me donne donc la sensation d’être plus sauvage, plus proche de la matière brute.

Il est pourtant très construit, et très loin d’un aplat de matières brutes les unes sur les autres. L’aspect fougère le prouve, et le rend en cela très intéressant. Il serait presque à rapprocher un peu de l’Orpheline s’il était plus épicé chaud, et moins eucalyptus sur la durée...

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par , le 18 décembre 2014 à 10:55

Ha l’effet terpénique et l’envie d’inspirer à fond, que la moindre molécule viennent bien chatouiller au plus profond des poumons !!! C’est vrai qu’ici on y est à fond, sans rien qui limite autours...Un petit voyage avec l’oiseau Muan (même plus sure de ma référence, arf !)

Pour la construction on retrouve un Duchaufour qui maitrise son sujet, loin de ses derniers fouillis oui : les éléments sont reliés et glissent les uns vers les autres, ça ne se heurte pas. La fougère se dessine sans prendre d’ampleur, juste une idée de fraicheur qui s’arrondit, la note salée se transmet de la pierre à la peau, à l’air...

Bon, définitivement j’ai envie d’aller me plonger dedans maintenant, merci pour l’article Poivrebleu !

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