Un parfum d’ombre et de lumière
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Oscillant entre naturalisme désarmant et stylisation olfactive, végétale et animale, hommage historique et lisibilité actuelle, voici un parfum qui prend le temps d’évoluer, de se métamorphoser, le port altier.
il y a 4 heures
Au fond quand on n’a ni talent, ni charisme, ni même une once d’originalité, il ne reste plus qu’à(…)
Les ailes du soupir
La fée noire
Verveine sereine
Merci à vous pour votre tact et votre ouverture qui font d’auparfum un lieu d’échange extrêmement plaisant (je trouve mon message d’avant un peu sec à la relecture, n’y voyez surtout rien de cela :)
Je comprends parfaitement qu’on passe à côté de 1932, j’ai presque l’impression que ce parfum est fait pour ça limite. J’avais écrit un texte sur mon blog lors de la série de l’été de 2013 (celle qui s’achevait avec une certaine Eau de Narcisse Bleu ;) que j’avais appelé La Ligne Bleue (avec une référence que ne renierait pas Solance ;), parce que je pense cette teinte d’un bleu très lointain, où la frontière entre mer et ciel se floutte totalement assez représentative du parfum : insaisissable, presque invisible, limite imperceptible. J’y vois aussi une teinte rosée comme celle des joues d’un vieux monsieur (c’est une esthétique aux thématiques que je trouve extrêmement touchante). En fait, avec le recul je trouve que 1932 aborde un peu une notion de fin mais sans jamais être sur quelque chose de noir ou de triste (bien au contraire !). J’ai toujours l’imagerie d’un iris un peu fané, d’un jasmin completement décharné. J’avoue que je trouve ces visions absolument touchantes. Surtout quand je vois que le résultat, quand on part moins dans des délires comme je viens de le faire, donne un parfum totalement grand public et accessible, loin des parfums aux thématiques très fortes dans ce style là et plutôt imbuvables (quoique géniaux !) style M/Mink. D’autant plus quand il clôt une écriture florale fruitée de Jacques Polge (drôle de hasard : on apprend quelques semaines plus tard que Polge partira à la retraite bientôt). Et surtout, se dire qu’un parfumeur de près de 70 ans comme Jacques Polge continue à faire des parfums aussi modernes, accessibles sans sombrer ni dans le vieux con-isme ni le cynisme commercial me surprend (un peu comme Ellena qui à 65 ans fait les parfums les plus modernes qui soient, je trouve ça super ! Alors que quelques parfumeurs de 30 ne savent pas aligner une formule au résultat "sympa", je ne dis même pas "beau").
Du coup, je pense que c’est un parfum qu’il faut aborder de manière assez bienveillante, lui sourire et généralement en retour il est franchement doux ;)
Bon, après, comparé à l’Eau de Narcisse bleu bon... Voilà quoi. Je ne peux qu’applaudir des trois mains (oui, ce soir j’ai trois mains).