Manoumalia
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Oscillant entre naturalisme désarmant et stylisation olfactive, végétale et animale, hommage historique et lisibilité actuelle, voici un parfum qui prend le temps d’évoluer, de se métamorphoser, le port altier.
hier
Je connais de nom seulement DS & Durga. Je viens de jeter un oeil à Brown Flowers sur(…)
hier
Une escroquerie... j’ai porté ce parfum dans les années 80. J’en avais gardé un souvenir olfactif(…)
Les ailes du soupir
La fée noire
Verveine sereine
Oh mon dieu, ce parfum !!! Que dire, si ce n’est que c’est une merveille ? Une merveille de création, d’inspiration, de restitution, d’émotion.
Le descriptif était déjà alléchant mais je craignais un peu qu’on tombe dans les clichés île tropicale, cocktail coco-passion, palmiers et plage de sable blanc. Mais non, halleluhia, non ! Pas de monoï "sex on the beach", pas d’ylang-ylang qui sent les produits solaires et les vacances. Non.
Plutôt qu’un énième tropical capiteux pour la plage, ce parfum revêt le côté un peu austère et mystique que peuvent inspirer les traditions, les légendes et l’artisanat des peuples du pacifique. Tout est juste, tout est parfait. Tout est au plus près de la réalité. Tout est authentique.
Juste un monoï un peu âcre, capiteux mais fugace en guise de note de tête. Un mélange tiaré/frangipanier très brut qui s’inscrirait dans une fabrication traditionnelle séculaire, avec ces fleurs mâchées puis recrachées par des vieilles wallisiennes édentées (oui, c’est pas très sex présenté comme ça). On est dans le vrai.
Un coeur laiteux coco/santal prend vite le relais. Et là encore, pas de coco synthétique Malibu, mais bien une coco brute, avec le côté boisé et sec de la cosse et le coeur doux et crémeux de sa chair. Parfait.
Puis la note de fond arrive... puis repart... puis revient. Un vétiver terreux, fumé, qui vient jouer à cache-cache avec le santal et la coco. Un soupçon de patchouli en prime. Sublime.
Un vrai voyage pour certains, un retour aux sources pour moi. Voilà LE parfum de la Nouvelle Calédonie de mon enfance. Celui que je cherchais depuis des lustres.
Un instantané qui me replonge dans la chevelure graissée de monoï des petits wallisiens endimanchés pour venir à l’école. Une réminiscence olfactive de l’atmosphère fumée et terreuse des cases kanaks aux toits en palme de coco sèche. Tout cela est moite comme le climat local, fumé comme un encens au santal. Pour un peu on sentirait presque l’igname, le tarot, les patates douces et le lait de coco du bougna traditionnel local, emballé dans des feuilles de bananier et cuit à l’étouffée sous des pierres et des braises (oui, c’est aussi un parfum gourmand).
Grande, immense, sublime création. Je veux.