Effluves influentes

par Opium, le 27 décembre 2012
Bonsoir François.
Je repars presque de la gauche car ma réponse va prendre "un tout petit peu de place"... Une "petite" insomnie m’a permis d’élaborer "une toute petite" réponse...
Bienvenue à Panthère (flacon superbe) ! Je l’ai senti à l’osmothèque, mais, dans la série des tubéreuses, je ne m’en souviens pas bien. Il faut dire qu’on a retenu surtout Poison, mais, durant une décennie couvrant les années 80, un parfum sur deux était une bonne grosse et grasse tubéreuse un peu métallique, épaisse et plus ou moins digeste ! On en aurait oublié Giorgio, Ysatis (qui est bien plus que cela !), Loulou (idem), sa "jumelle maléfique" Amarige, 24 Faubourg ET Panthère donc... ;)
Revenons au deuxième sujet abordé.
Il y a un peu plus d’un an, j’ai, également, cherché un "Shalimar bis", puis, ai abandonné, pour me consacrer pleinement à Shalimar. Je vais, donc, me permettre de vous apporter quelques conseils, comme je l’avais fait dans un post consacré à L’Heure Bleue il y a quelques mois.
Vous vous lancez dans une quête à la fois difficile et plutôt simple. Difficile car lorsque l’on cherche la copie ou le fac similé d’un objet aimé, focalisé sur la comparaison, on valorise à ce point l’objet convoité que l’on cherche à remplacer que rien ne semble convenir en remplacement ; mais, quête facilitée, toutefois, car Shalimar (mais, également, Emeraude, son double à l’époque) est probablement la matrice qui, avec Chanel Numéro 5, a incité au plus grand nombre de répliques. Il y en a tant que je vais les classer selon un mode de "rangement" tout personnel.
Les "Contrées Lointaines"
- Phul-Nana de Grossmith : Se situe entre Jicky et Shalimar, pas une copie conforme, mais, dans l’état d’esprit, on est très proche. Chargé, dense, les notes sont serrées, le parfum est un bloc massif. Très beau. Très cher. Mais, très beau.*
- Cornubia de Penhaligon’s : Entre Jicky et Shalimar à nouveau, pas un parfait copycat, mais, intéressant, et, moins cher que le précédent, mais, on s’éloigne du sujet malgré tout selon moi.**
- Or des Indes de Maître Parfumeur et Gantier : Se place, lui, plutôt entre Shalimar, L’Heure Bleue et Habanita, rien que ça ! A découvrir si possible quoi qu’il en soit (juste pour se faire du mal !)...
- Fleur Oriental de Miller Harris : Encore un "inspiré de" Shalimar. plus floriental que proprement vanillé, mais, l’esprit est bien là avec ses baumes, pas trop lourds, ses onguents un peu salins. Paraît, peut-être, plus masculin que Shalimar...
- L’Air de Rien de Miller Harris : Plus éloigné que le précédent, très musqué, confit sur les un(e)s, il est très "sale" sur d’autres, et, dans ce cas, possède un peu de l’aura d’un Shalimar vintage avec ses notes animales (comme celles qui rendent Panthère si intéressant(e)...
- Pi de Givenchy : Même si les masculins boisés et épicés se font ambrés, on a rarement atteint un tel niveau de vanille dans un parfum dit "masculin" en mainstream ! Je ne le propose que pour cette raison, il est bien "rangé à gauche dans les Sephoras", aux côtés des lavandes métalliques de mousses à raser ; chez les hommes quoi... Dans la même série, Gaultier2 pourrait être à tenter car "mixte", mais, il me paraît bien trop éloigné et futuriste par rapport à Shalimar.
- Obsession de Calvin Klein : Proposition la plus éloignée, mais, qui s’est inspirée d’un twist mixant Alliage et Shalimar. La version masculine est proche de la féminine, assez vertes toutes deux ; un peu "délavées" par rapport aux versions passées. Mais, parfois, c’est hors des sentiers battus que l’on trouve des perles.
Les "Vanilles de Roucel"
- Tocade de Rochas : Comme Obsession, parfum qui n’est pas sur le modèle exact de Shalimar avec sa rose vanillée caractéristique. Très signé, d’une originalité de dingue, immédiatement reconnaissable. Féminin, mais, beaucoup moins porté que le Guerlain, donc, il pourrait, peut-être, passer plus facilement "incognito"... ^^
- L de Lolita Lempicka : Un féminin, mais, pas trop connu celui-ci, face au "Premier Parfum" de la même marque. Un peu plus floral que Shalimar, assez sucré, mais, ceux et celles qui aiment celui-ci, détestent rarement celui-là, qui s’en est inspiré (encore un !).
- Musc Ravageur des Editions de Parfums Frédéric Malle : Certain(e)s le trouvent très différent du modèle original ; l’usage du "très" me semble en trop, mais, il est "un peu" différent. Ce parfum revendiqué comme un "Shalimar masculin", même s’il a moins de sillage, une bergamote moins vibrante, un effet plus tonka à odeur grillée, presque du cacao en plus de la vanille, malgré tout cela, est proche de son ancêtre. A "l’avantage" (tout relatif de mon point de vue, mais, "avantageux", au sens de répondant à la demande ici,) d’être classé comme "à partager" entre hommes et femmes, quoique, plutôt "masculin".
- Labdanum 18 de Le Labo : En sillage, fac similé du précédent. Avec, malgré tout, quelques subtilités qui l’en séparent ; davantage de vanille, moins de cacao, plus de sillage... Eléments qui sont autant de critères qui traceraient un trait d’union avec Shalimar. *
Les "Opopanax et Apparentés"
Là, on aborde une catégorie particulièrement intéressante. Shalimar, aujourd’hui, c’est, en gros, un trio joué entre bergamote, vanille ET opopanax. D’autres parfums utilisent ce matériau, ou un autre "onguent", pour renforcer la sensation baumée, caractéristique qui fait l’identité de Shalimar ; ce qui lui donne son "gras", son onctuosité, sa densité, et son épaisseur, en lui évitant de n’être qu’une simple vanille ; l’ensemble de ces éléments participe, sans doute, du mythe intemporel qu’il est devenu...
- Manoa de Memo : Proposé par Jicky, qui a raison, mais a le défaut qu’il précise. J’aimais beaucoup l’opopanax, jusqu’à ce que je découvre la manière dont cette matière se fait souvent "autoritaire". Il "impose sa loi", face à lui, nul concurrent. Si on aime, tant mieux, car, figé, il stagne des heures, monolithique, sans bouger. Un sillage lourd, épais, avec une projection réduite, mais, qui peut se révéler étouffante. J’aime bien ce parfum-ci, mais, il est monobloc, sans réelle évolution. A pshitter (très) précautionneusement. Jubilatoire à (très) faibles doses. *
- Ligea - La Sirena de Carthusia : Structure "à la Shalimar, mais, la verte et un poil amère bergamote laisse la place à une douce mandarine. Comme Shalimar, la partition se joue en deux mouvements, agrumes (mandarine ici donc) d’abord, puis, opopanax vanillé ensuite. J’aime beaucoup celui-ci, qui n’est que rondeur et douceur sans être (trop) monocorde.** ["Ligea" (à prononcer "Ligé-a", sans mention à "La Sirena", peut "noyer le poisson"...]
- Eau Lente de Diptyque : Agencement classique de la "grande parfumerie française", donc, en trois temps. Une ouverture très épicée, avec beaucoup de girofle et de cannelle, qui se poursuit sur un effet de bouquet floral en pot pourri à l’anglaise avec roses et œillets à profusion (là, s’apparente à une cousine de Opium ^^) pour s’achever dans la langueur de l’opopanax, sans vanille, simplement toujours très épicé et presque fumé. Des trois précédemment cités, c’est le parfum le plus éloigné de Shalimar, il paraît bien plus complexe et cadencé. Les différentes séquences dans l’évolution ont des profils olfactifs très différents (épices > fleurs > baumes). Mais, il est (a été) superbe pour celles et ceux qui aiment et supportent chaque chapitre de l’histoire (ce qui est mon cas). Attention : Deux éléments de la composition, au moins, ont nécessité une reformulation : la cannelle et la girofle, utilisées en grandes quantités. De retour depuis seulement deux semaines à la vente après des mois d’absence, je n’ai pas eu l’occasion, ou n’ai pas osé, (de) m’approcher par peur de le trouver défiguré. (Je l’ai porté durant 5ans en hiver, donc, je le connais bien ; je préfère être bien accroché et psychologiquement prêt avant de le re-découvrir pour éviter le "syndrome Opium"... [=> Envie de pleurer ET de tuer la Terre entière !] )
- Bijou Romantique de Etat Libre d’Orange : Proposé par Géraldine, c’est l’une des meilleures options, le benjoin, moins "lourd" que l’opopanax, le remplace et apporte, avec des épices, un souffle d’air, comme si Shalimar avait subi un lifting, mais, pour une fois, réussi, et, en sus, un régime ; avec tout cela, il gagne en jeunesse, peps, harmonie, et légèreté de la diffusion, développant une vraie aura vivante qui se déplace avec soi, formant un halo ou une ombre, comme avec certains anciens parfums, dont Shalimar. La facette épicée, qui ondoie, part et revient, évite l’endormissement et la platitude de ce genre d’exercice. Très beau ! * [Même si, on s’en doute avec ce nom "pas du tout" ridicule, ce "bijou" est destiné, plutôt, aux femmes... Mais, quelques hommes le portent...]
Les "Guerlain"
Quand les copies ne fonctionnent pas, parfois, il faut s’en retourner vers la maison-mère...
- La collection "L’Art et La Matière", assez pâtissière, pourrait être une option. Mais, surtout...
- Habit Rouge EdP : Jicky m’a précédé. On est connecté et je partage son opinion. Le problème quand on recherche un "inspiré de", un "très proche de", c’est que l’on est surtout proche des désillusions et déceptions face à une quête vaine. Habit Rougea été créé pour la clientèle masculine qui voulait "son" Shalimar. Mais, l’ajout de bergamote, seul élément du trio avec vanille et opopanax qui soit sensiblement "mixte", ne vous satisfait pas François. Je ne peux que vous conseiller detester la version en "EdP. Elle n’est pas, comme c’est souvent le cas chez Guerlain, une variation de concentration, mais, bien, une réorchestration des notes. Cette version a été composée récemment pour ceux qui trouvaient que "l’EdT" n’était encore pas assez proche de Shalimar, mais, ne se sent(ai)ent pas capables d’assumer de porter un parfum féminin. Je crois que ce sont bien là les termes du problème tels que vous nous les avez exposés... ;) Pour avoir testé mardi cette version, je la trouve un peu "faux-c*l" : "C’est presque Shalimar, pour ceux qui veulent le flacon de Habit Rouge !", voilà ce que, justement, j’ai déclaré mardi à des ami(e)s... Mais, ce qui me plaît moyen à moi, peut être une solution satisfaisante pour une personne avec d’autres problématiques... Je pense que c’est LA solution.
Si on ne peut pas assumer de porter un parfum que le marketing n’a pas placé là où cela nous arrangerait, il ne faut pas avoir peur de mentir, deux ami(e)s le font : une copine pour ne pas passer son temps à se faire piquer "son" parfum, alors qu’elle a déjà vu une collègue reprendre d’autres idées par le passé, et un ami, qui, comme François, n’assume pas de porter un parfum destiné aux femmes. J’espère que cette recherche ne se révèlera pas une quête utopique d’un équivalent qui, souvent, est vouée à l’échec...
Et puis, malgré tout, et malgré les préjugés qui nous entourent, comme on le disait tout récemment avec Joshua88, qui a eu la bonne idée de dépasser ses préjugés, les flacons à godrons et les nœuds-nœuds ringards de Annick Goutal (et, pourtant, ce que cet univers fait "vieille fille"), pour succomber au plaisir magnifique et serein de l’Eau du Ciel : La beauté ne devrait avoir ni genre ni années...
Diaghilev et Charlie Chaplin, qui portaient Mitsouko, l’avaient bien compris. Lipstick Rose est porté par un rappeur anglais à quincaillerie lourde. Et, Michael Jackson est connu pour avoir porté... Eh bien, Shalimar justement.
En espérant que tout cela soit un peu utile.
Bonnes recherches du Saint Graal. ;)
A bientôt.
Opium
* : Pas de gendrification par la marque.
** : Classé dans les féminins, mais, suffisamment peu connu pour qu’à l’énoncé, cela ne "choque" pas.
Ps : On ne me fait aucune réflexion à propos de mes "parfums de mémé", mes "fougères de papi", mes fragrances tonitruantes "p*tassières" un poil surdosées (overdosées) etc ; avec un sourire, un air taquin et sûr de soi, tout passe ; ou alors, quand quelqu’un se risque à un commentaire, face à un froncement de sourcils et un regard au ciel (un poil méprisant), on a bien trop peur en sus de mes commentaires vachards face à Bleu le "sent-bon banal commun sans aucune personnalité" ou J’adore la "facile consensuelle insipide et sans saveur"... ^^
Nb : En fait, ce qu’il faut (absolument) tester quand on aime Shalimar, c’est Angélique Encens de Creed. Shalimar + encens + aromates + épices = Shalimar, en mieux. #tentateur Bien entendu, a été discontinué, sinon, ce ne serait pas drôle. *part pleurer*
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