Auparfum

Œillet Bengale

Jicky

par Jicky, le 10 juillet 2014

J’essaye cet Oeillet Bengale depuis quelques jours et j’admire l’exercice... sans cependant adhérer totalement au parfum !

L,’intelligence du travail est sans faille : cette diversité d’épices en tête est incroyable, et je pense que c’est toute cette assemblée de notes épicées qui permet de renouveller un genre assez poussièreux et difficile à reconstruire, l’oeillet. Puis vient toute la floralité qui est intéressante, mais ne me plait pas forcément : ce qui s’avère être la rose (essentielle pour les accords oeillets) s’apparente plus à une pivoine. Et je n’aime pas l’odeur de la pivoine : odeur d’eau croupie, vieille fleur séchée vestige d’une maison depuis trop longtemps désertée en vitesse et boue verdâtre, la fleur ne résonne pas vraiment positivement en moi. A cela vient s’ajouter une sécheresse boisée qui permet de diffuser la note et de lui donner de la dimension, mais en bloquant par la même occasion une respiration et une luminosité que j’aurais personnellement préférées.

Néanmoins, ce parfum a le mérite d’être bigrement intéressant pour notre époque torturée par les réglementations, et surtout, c’est un parfum vraiment abouti, propulsant Aedes de Venustas au rang des marques de niches les plus prometteuses de ces dernières années. Une telle constance dans la créativité et l’aboutissement de chaque nouveau parfum est vraiment à souligner. En plus de cela, les références sont belles : si le lien avec le Vitriol de Lutens est à faire pour voir deux traitements, olfactivement on se rapproche plus des oeillets d’antan, surtout avec celui d’Opium selon moi (ce qui justifie le parallèle que fait Opium-pas-le-parfum avec Shanghai Lily de Tom Ford).

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