Qui est propre, qui est sale ?
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La rédaction d'Auparfum et de Nez a exploré le paysage olfactif de l’année 2025 à la recherche des lancements les plus marquants. C'est l'occasion de (re)découvrir ensemble les parfums, les marques et les événements qui ont rythmé ces douze derniers mois.
il y a 1 heure
Ah, je suis bien contente que vous mettiez en valeur Madagascar Le Baume Vanille : c’est une(…)
il y a 4 jours
Oui, je suis d’accord, Felanilla est un très beau parfum qui fait la part belle à l’iris. Il est à(…)
il y a 1 semaine
Bonjour à tous, elle n’est pas d’actualité, certes, mais Felanilla de Pierre Guillaume est une bien(…)
Verveine sereine
Rayon de musc
Adieu tirelire
Les parfums sont propres ET sales. Les parfums sont bâtis sur des équilibres "chaud/froid" "mangeable/pas mangeable" etc., et ces équilibres se transforment tandis que le parfum évolue sur la peau ou le tissus. C’est une histoire de contrepoint. Il y a un îlot de yin dans le yang.
Le parfum qui me fait dire "Non !", c’est M/Mink. Pourtant j’aime la base anymalis II. Je peux porter Kouros.
Mais avec M/Mink, je visualise directement la pastille de javel au fond des urinoirs. Je m’en fous qu’il prenne des accent de pinède et des nuances touchantes de fraîcheur. Pour filer la métaphore, c’est l’urinoir de Duchamp de la parfumerie. J’ai l’impression d’une supercherie, mais les conversations autour sont intéressantes. Cela dit, j’ai gardé mon flacon de 10ml.
J’aime "l’eau d’hermès".
Je suis pour le sale, la richesse, les évolutions, et la complexité. Ce n’est pas pour rien qu’on reproche à la parfumerie fine actuelle de trop ressembler à la parfumerie fonctionnelle.
Frédéric Malle reprochait cet aspect "dénominateur commun du goût", l’effet des groupes de testeurs, qui lisse toutes les aspérités d’un parfum avant sa sortie.
La domination du propre et du gourmand est révélateur d’un manque de liberté artistique, d’un manque de temps pour le parfumeur, d’un manque de bonne direction artistique, de moyen, d’imagination, de courage, etc.
(Autrement, replacé à l’échelle de l’histoire de la parfumerie moderne, les odeurs de savons (aldéhyde, muscs blancs de synthèse) furent initialement l’odeur des parfums de luxe. Car les molécules étaient chers. Ces parfums furent imité par les savons quand le prix de ces matières de synthèse chuta.)
Et inversement, je trouve une beauté sacré dans l’odeur des baies de laurier du savon d’alep. Parce que le laurier est une plante dédié à Apollon, l’olivier à Athéna, et que les premiers parfums greco-romain était de l’huile où macérait des herbes aromatiques, et qu’utilisait les athlètes pour leur toilette. Pourtant ce sont des odeurs un peu âcres.