Nuit de Bakélite
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Il orchestrait depuis près de 30 ans la collection de parfums de la maison de mode japonaise Comme des garçons. L’artiste pluridisciplinaire Christian Astuguevieille est décédé hier.
il y a 2 jours
Black Opium me rappel une sacrée nana... Pleine d’énergie, une amazone.
il y a 2 jours
PS : Où sont passé tout les vieux du forum !
Hors du temps
Bons baisers d’Italie
Café irisé
Chère Belle du Seigneur, le débat sur l’art est toujours touffu, néanmoins Kant me semble avoir répondu depuis bien longtemps à la question. Et pour répondre à votre interrogation, non, la littérature n’est pas du tout un art et ne l’a jamais été, Zola, Morand ou Proust ne sont pas des artistes, sauf dans le langage courant . Il leur manque la dimension esthétique de l’art.
Et si j’ai ajouté "à la rigueur" c’est parce qu’outre le fait que le Droit ne reconnaisse pas la qualité d’œuvre d’art à un parfum, il lui dénie aussi la protection dont bénéficient les auteurs grâce à la propriété intellectuelle :
"Mais, s’agissant des "œuvres olfactives", la Cour précise que "la fragrance d’un parfum, qui, hors son procédé d’élaboration, lequel n’est pas lui-même une œuvre de l’esprit, ne revêt pas une forme présentant cette caractéristique, ne peut dès lors bénéficier de la protection par le droit d’auteur."
« La fragrance d’un parfum, qui procède de la simple mise en œuvre d’un savoir-faire ne constitue pas la création d’une forme d’expression pouvant bénéficier de la protection des œuvres de l’esprit par le droit d’auteur". Confirmé d’ailleurs par la CJCE.
Le parfum n’est donc ni une œuvre d’art, ni même une œuvre de l’esprit :).
Absence d’esthétique, de matérialité, non reproductibilité etc..
Paradoxalement le flacon est mieux protégé que l’effluve.
Raison pour laquelle j’ai utilisé le mot "semi-artisanal" car l’artisanat, qui consiste en la mise en œuvre d’un savoir-faire, me semble mieux correspondre à la parfumerie.
Le parfum est une oeuvre, oui, mais pas d’art.
Considérer le parfum comme un art reviendrait à considérer les recettes de cuisine également comme de l’art. Un chef associant la saveur du yuzu à celle de la sole deviendrait donc un artiste, nous privant ainsi du droit de déguster cette association de saveurs en la reproduisant chez nous. Pareil pour le kebab, un pavlova, une blanquette... Et le Droit a jugé qu’une recette ne pouvait être considérée comme une oeuvre malgré sa matérialité et sa forme plastique.
Le parfum est une formule chimique,donc tout comme les formules mathématiques, aucune protection juridique.
Il n’en reste pas moins que les nez sont comme les chefs : de très grands associateurs pour le plus grand plaisir de nos sens.
La philosophie et le droit étant convergents, sans doute peut-on leur accorder néanmoins d’être des artisans d’art :’).