Sauvage
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Les ailes du soupir
Verveine sereine
Rayon de musc
La mouillette imprégnée de " Sauvage" ( ha ha) est là, sur la table du salon, depuis trois jours. Et depuis trois jours, à chaque fois que je passe à côté je me demande ce qu’est cette texture grossière qui vient m’assaillir les narines. J’ai posé un papier dessus, puis un magazine, rien n’y fait.
Tout a été dit, c’est banal, commercial, bourré de bois ambrés et de dihydromircenol. Mais plus je le sens et plus je le trouve mal fait, je veux dire même pas soigné : la tête est vraiment sourde, massive, elle fait flop, là où un Bleu par exemple propose un peu de structure, un petit quelque chose qui fuse un peu.
La suite n’est pas plus réjouissante, une sorte de ration du légionnaire, qui permet au consommateur d’avaler en un temps record tous les ingrédients qui font actuel, viril, tout ça, quoi....en fait, Sauvage ne fait pas le choix du banal, il ne choisit pas. Pour doubler la référence à Astérix, j’ai tout de suite pensé à la recette du pudding à l’arsenic ( " oh, je vais en mettre deux").
On reproche souvent aux parfums d’être formatés pour être choisis en cinq minutes. Avec Sauvage, on dirait que les équipes de chez Dior comptent carrément sur le fait qu’il sera choisi sans même être senti ! D’où la pub, les discours éhontés ( et je pèse mes mots) sur les superbes matières premières naturelles et le flacon repompé sur ceux de le collection privée...il fallait au moins cela comme arguments...gageons que ça marchera, et que la petite bouteille noire se retrouvera en coffret au pied du sapin de noel dans quelques mois...tant que ça se vend, on aurait tort de se priver, n’est-il pas ?