Cuir d’ange
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À l’occasion des vingt ans de sa société de création Osmoart, Pierre Bénard compose un soliflore, hommage très personnel à cette matière hypnotique et précieuse qu’est la tubéreuse.
Gardénia de haut en bas
Bonbon solaire
Faits et zestes
Cuir d’Ange me réconcilie avec deux matières : le cuir et la violette.
Non pas que je déteste le cuir, mais disons qu’il me fait peur, je m’en méfie. Celui que je connaissais le mieux était Cuir fétiche du Maître parfumeur et gantier, et je le trouvais trop dominant, trop tranché. Je voyais le cuir comme une matière qui camoufle les autres, "contaminant" l’ensemble des composants pour les écraser par son caractère particulier. J’aime Cuir de Russie, Kelly Calèche, Bandit ou Cuir Mauresque mais pour les porter, olala c’est autre chose. Le seul qui me paraissait accessible était Daim Blond. Mon préjugé sur le cuir, matière animale et polarisante, ne m’incitait pas à aimer Cuir d’Ange, j’étais presque sûre que j’allais le détester... Mais il m’a fait connaître un autre aspect du cuir, doux et subtil, diablement élégant. J’ai compris qu’un parfum à base de notes cuirées pouvait être aérien et évanescent, vaporeux comme un nuage printanier.
Et puis la violette... Je n’avais pas beaucoup d’estime pour elle. Un faire valoir de la rose, ou un composant des parfums poudrés, la violette était pour moi une fleur accessoire, sans personnalité pour elle-même, toujours là pour seconder d’autres plus charismatiques. Seule, je la trouvais sans intérêt, fadasse. Bon, Cuir d’Ange n’est pas un soliflore à la violette, mais je la ressens malgré tout très présente, et pour une fois, ça fait du bien ! Elle apparaît douce, jolie, agréable, il n’y a rien à lui reprocher !
L’ensemble est harmonieux, le parfum sent bon, il est extrêmement plaisant à porter, comme une seconde peau chic et réconfortante.
Alors quand même, ça manque de sillage c’est vrai ! Il faut quarante jets pour espérer un minimum de tenue, et encore... en tout cas il en va ainsi pour moi. Mais c’est un parfum magnifique, digne de la maison Hermès dont les jus sont, je trouve, d’une classe folle.
PS : très bel article Doudou, votre plume est splendide.