Rive Gauche
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À l’occasion des vingt ans de sa société de création Osmoart, Pierre Bénard compose un soliflore, hommage très personnel à cette matière hypnotique et précieuse qu’est la tubéreuse.
Gardénia de haut en bas
Bonbon solaire
Faits et zestes
Contrairement à plusieurs d’entre vous (et contrairement à ce que l’immense majorité des parfums m’inspire d’ordinaire), Rive Gauche n’a pas de pouvoir d’évocation sur moi (une femme en jupe, Saint Germain des Prés...) : son effet est totalement sensoriel.
Rive Gauche reste à mes narines l’un des parfums les plus troublants, les plus érotiques qui existent. Les notes de tête très aériennes, presque froides, donnent l’impression de vouloir tenir le monde à distance, tandis qu’au fond se tapit un accord vétiver-santal-mousse de chêne absolument magnétique destiné à faire succomber le plus fervent des hommes d’église. J’ai l’impression que le parfum joue sans cesse à "suis-moi, je te fuis et fuis-moi, je te suis" ! La rose au coeur de la composition me semble un choix d’une intelligence parfaite, qui revêt aussi bien cette caractéristique légère du début que celle licencieuse du fond.
Il me semble aussi que les reformulations l’ont vraiment beaucoup abimé, celui-là, et lui ont fait perdre l’ampleur de sa bipolarité ; enfin, son recours important aux aldéhydes en font, malgré tout l’amour que j’ai pour lui, un parfum très daté, qu’il ne doit pas être facile de s’approprier aujourd’hui si on ne l’a jamais rencontré avant (ce qui est moins vrai avec des Guerlain plus anciens par exemple, dont la rondeur naturelle vient à bout de toutes les réticences). Pourtant, je continue à le placer parmi les plus beaux parfums que je connaisse, absolument original, reconnaissable à la première seconde, et d’une beauté si nette et si prodigieuse qu’on a bien du mal à quitter des yeux celle qui le porte. Troublant, vous dis-je... ;))