Parfums disparus : flop olfactif ou flop marketing ? 1/4
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La rédaction d'Auparfum et de Nez a exploré le paysage olfactif de l’année 2025 à la recherche des lancements les plus marquants. C'est l'occasion de (re)découvrir ensemble les parfums, les marques et les événements qui ont rythmé ces douze derniers mois.
il y a 3 jours
Oui, je suis d’accord, Felanilla est un très beau parfum qui fait la part belle à l’iris. Il est à(…)
il y a 1 semaine
Bonjour à tous, elle n’est pas d’actualité, certes, mais Felanilla de Pierre Guillaume est une bien(…)
il y a 1 semaine
On se plaît à imaginer la toupie en vert céladon.
Verveine sereine
Rayon de musc
Adieu tirelire
Bonjour,
"Magie" et "Sikkim" de Lancôme ont été retouchés sans avoir été retirés de la vente.
Sikkim avait la même couleur verte qu’à sa création en 1974, et sa même odeur fraîche et râpeuse à la fois. C’était un très beau cuir-vert, tonique, moderne, une odeur très parisienne, très années 70. Je l’ai porté jusqu’en 2005 tel quel. Puis, soudain, en allant me ravitailler à l’institut Lancôme, je le vis "rose". Méfiante, j’ai demandé à le sentir avant de l’acheter. Il avait été sérieusement retouché, je dirais même qu’il avait été remplacé. Ce que l’on vendt sous le nom de "sikkim" ce n’est tout simplement plus sikkim. C’est un autre parfum qui aurait dû être vendu sous un autre nom.
Idem pour "Magie" que j’ai porté tous les hivers jusqu’en 2005 aussi. Face à ma déconvenue avec le "sikkim" rose, ma méfiance a pris de l’ampleur et j’ai aussitôt demandé à sentir le Magie qui avait gardé sa robe ambrée mais gagné en une transparence inquiétante. Le nouveau Magie avait aussi été retouché. La véritable couleur de "Magie" était sirupeuse, presque opaque. Elle est maintenant d’un ambré limpide, presque transparent. L’odeur était extrêmemnt lourde, chargée d’une multitude de facettes qui n’attendaient que de sortir du flacon, une sorte de précipitation difficilement supportable pendant 45 bonnes minutes^. Mais une fois que cette bourasque s’était dissipée et que chaque note avait trouvé sa place, le parfum ne vous quittait plus de la journée. La note de fond était tout en fraîcheur et en capiteux avec des piqûres de bois précieux, une odeur somptueuse mais portable en ville, l’hiver. Un parfum élégant et joueur à la fois, de ceux qui tournent autour de vous, vous précède, et qui revient s’imposer à votre nez avant que vous ne désepériez. Maintenant, tout ce charivari a été remplacé par une note de tête courte, rapide, et creuse. Je ne pourrais pas vous décrire ce qu’est devenue la note de fond, j’ai été trop déçue, ai jeté la mouillette... et acheté quatre flacons de l’ancien jus illico-presto avec les deux derniers qui restaient du véritable sikkim.
Depuis ce malheureux jour, je n’ai plus remis les pieds chez Lancôme. De temps en temps je ressors mes anciens flacons, pose une goutte sur mon bras et me laisse aller à l’enchantement des vrais parfums.
Ce ne sont donc pas seulement les parfums ayant été retirés de la vente qui subissent cette chirurgie, mais biens tous les autres. Et c’est dommage. Il y a des odeurs intemporelles, qui correspondent à une ville, à une saison, un moment de la journée. Il faut nous les laisser dans leur authenticité. Les goûts reviennent vers eux un jour, et il faut que le nez retrouve la beauté d’une écriture, comme l’oreille retrouve la beauté d’un texte. Pouvez-vous imaginer que l’on réecrive une pièce de Molière pour "mieux la vendre" ?
sikkim