La grande histoire des aldéhydes : du N°5 de Chanel à la parfumerie contemporaine

par Petrichor, le 19 juin 2021
Je crois qu’il ne faut pas trop chercher la logique. Il y a des aldéhydes presque partout.
Donc les auteurs ont cité les grands classiques, ceux qui ont eu de la descendance.
"Madame Rochas", "Calèche" et "Gold" c’est presque redondant, mais ça montre la maturation d’une idée. Calandre et Rive gauche, c’est redondant aussi, et drôle, car certains y ont vu des clones. Et les derniers exemples sont des nouveautés.
Peut-être que pour citer Dia, il aurait fallu étoffé la branche qui passe par "White linen". J’invente une filiation du genre : "no22" -> "Diorissimo" -> "white linen" -> "Pleasures" -> "Dia". La mode des dernières décennies consistent à souder les aldéhydes savonneux à de nouveaux muscs blanc lessiviels moins rêches.
(On pourrait même faire un jeu similaire de refaire des filiations avec l’aldéhyde pêche. (Les auteurs ont resserré le propos sur les aldéhydes de forme chimique simple) )
Autre raison que j’invente : Dia sent ce que j’appelle "un accord cyclamen", qui rappelle la parfumerie fonctionnelle.
Donc notre inconscient nous inhibe, on ne veut y reconnaître un parfum exemplaire, victime de nos jugements de valeur. Ca en fait une version luxe d’un produit courant. La naturalité de la rose naturelle, et de l’encens blanc, ressortent tout de même à forte dose, et à bon escient, sous la plume de Jean-Claude Ellena.
(J’ignore ce que sentent les cyclamens. Je visualise une odeur de fleur fraîche comme la rose blanche, ajoutée de notes violacée et vertes ?!).
Pour la blague : "no22" -> "savon dove" -> "bombe à chiotte muguet cyclamen" -> "dia" (je le répète, je plaisante, et puis le savon dove sent très très bon, c’est un cas d’école)
C’est l’ironie des aldéhydes : d’abord une odeur de luxe (cher à produire), puis de savon imitant le luxe (baisse des coûts de la synthèse), puis odeur de parfumerie "fine" faisant un clin d’œil à la parfumerie "fonctionnelle".
Sauf que depuis les années 80, les marques rognent de plus en plus sur le budget des formules. Les parfums mainstream ont parfois du mal à se distinguer des savons. ((Et certains savons (dove), sentent meilleurs que bien des parfums)). Et les classiques frappés de reformulation et de pénurie, type santal blanc, en prennent un coup. (Je sentais récemment un Calèche EDT incroyablement texturé, et pourtant il ne daterai que de 2003).
C’est étonnant aussi, qu’on s’entendent à reconnaître comme ancien aldéhyde classique, ceux qui assument leur côté bourge (presque collet-monté), ou hygiéniste (presque puritain).
C’est une caricature à gros trait que je fais. Les meilleur.e.s nez ont toujours eu une approche de peintres impressionnistes, ils ont joué de la palette d’aldéhydes pour leur effet. Ernest Beaux pensait à la neige. Dans "Comme des Garçons 2 Man", les aldéhydes sont utilisés pour renforcer une illusion de bougie soufflée. (cireux) Etc.
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