Auparfum

Le 15

par moskoe, le 6 octobre 2015

Flacon d’essai reçu avec joie hier matin, je porte cette petite merveille depuis deux jours en prenant des notes tout en essayant de me retenir de lire les commentaires précédents… Voilà donc ma petite contribution.

Le départ zesté d’agrumes fusants évolue rapidement vers un bois frais et aromatique qui correspond assez à l’idée que je me fais de l’élémi. Les épices annoncées ne me sautent pas au nez, il n’est certainement pas assez affuté pour les discerner… C’est peut-être dans les notes piquantes qui titillent les narines qu’il faut reconnaitre la muscade ?
Puis les notes boisées prennent un peu de profondeur sans toutefois devenir sombres pour autant : ça reste lumineux, dans une gamme qui tire vers les aiguës (désolée pour cette comparaison maladroite, je ne sais pas comment l’exprimer autrement), un peu acide, poivré, rognures de crayon (le cèdre ?), parfois légèrement fumé (le vétiver ?).
Une aura plutôt masculine et propre se dégage à ce moment de l’évolution qui semble avoir atteint son objectif et reste assez plate pendant un certain temps….
Mais, lentement, un glissement s’opère : une note , toujours boisée mais plus ronde, plus sourde, pointe le bout de son nez. À peine perceptible au départ (on la devine plutôt qu’on ne la sent), elle prend de plus en plus de place au fil des minutes. La note vétiver que j’avais cru reconnaître au départ semble s’affirmer sur ma peau et un joli santal sec porté par un coussin moelleux de muscs propres et lactés se dessine…
Alors que je la croyais linéaire, voici maintenant une odeur vivante, en mouvement perpétuel entre fraicheur aérienne, aromatique, mordante et douceur moelleuse et feutrée.
Vibrant, changent, j’ai du mal maintenant à cerner toutes ses facettes. Au moment où le parfum semble s’évanouir, je le retrouve avec surprise dans un mouvement de tête, très doux, subtil, confortable.

Je pense à un arbre qu’un local m’a fait découvrir dans la jungle cambodgienne : un morceau d’écorce prélevée sur une jeune branche. La « chair » est tendre et douce, saumonée, l’odeur de résine piquante, fraiche et proche de l’encens. Je ne connais pas le nom de cette essence, on m’a seulement expliqué qu’il est utilisé pour guérir. Sève et encens donc. Pas d’encens brulé pour moi, mais de la résine précieuse tout juste récoltée.

À la fois exotique et universel, il est emprunt d’une classe presque froide venue d’un monde qui se moque de nos préoccupation futiles , tout en étant rassurant, intime et complètement addictif. Méditatif ? Je ne sais pas si c’est le mot, mais en tous cas c’est un parfum pour soi, qui apaise.

Bien loin de connaître toutes les références de la marque, je peux tout de même facilement concevoir que Le 15 puisse représenter la philosophie de The Different Company : belles matières, élégance, sobriété… La grâce discrète de Sens&Bois, un raffinement qui le rapproche du majestueux De Bachmakov, un naturalisme proche de l’univers de Jean-Claude Ellena… Tout se tient, tout est logique

Merci pour cette splendide découverte !

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