Archives 69
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Oscillant entre naturalisme désarmant et stylisation olfactive, végétale et animale, hommage historique et lisibilité actuelle, voici un parfum qui prend le temps d’évoluer, de se métamorphoser, le port altier.
il y a 2 heures
C’est fascinant, vraiment, cette capacité à dénoncer la pédanterie supposée des « hipsters aux(…)
Les ailes du soupir
La fée noire
Verveine sereine
Je ne sais pas pourquoi, j’ai tendance à revenir vers certains Etat libre d’Orange quand l’été approche... En sentant encore Archives 69 aujourd’hui, je me suis dit pour une fois que les critiques auparfumistes avaient été un peu dures ! Je ne trouve pas le jus vraiment cheap, il n’est pas porté par un attirail de muscs agaçants que je retrouve dans nombre de féminins, et ce qui arrive à mon nez est bien plus séduisant que ce que propose le mainstream, tout en en reprenant quelques codes.
Alors oui, c’est un peu sucré ; il n’y a pas tout le pot de sucre vanillé mais cette séduction un peu facile est bien là en fond, sans trop en faire non plus. Cependant le parfum a aussi un départ un peu "prune salée", un côté acide (sans doute les aldéhydes évoqués dans l’article) qui fait pencher le fruit vers quelque chose comme de l’olive verte, sensation renforcée par quelques aromates (un romarin "de cologne" ?) que je sens dans l’entrelacs du reste, qui confèrent du mordant au parfum avec l’aide d’une touche d’encens fraîche et une légère note camphrée. Le patchouli un brin médicinal, sec, est donc là dessous, sans prendre trop d’espace. Le contrepoint que jouent tous ces éléments face à l’aspect gourmand du parfum me paraît plutôt réussi, le jus reste pour moi lumineux et "aéré" tout au long de son développement... Cela sent les vacances, l’insouciance, les baisers sucrés-salés.
Aurais-je préféré quelque chose de moins consensuel ? Oui, certainement, et avec un encens plus présent, ça fait très envie. Je trouve malgré tout le résultat très séduisant, ces archives sens dessus dessous proposent une réjouissance en apparence simple tout en étant capables de surprendre avec quelques "twists" (à St Tropez) qui font que j’y reviens avec plaisir. Par provocation, j’aurais envie de conclure en disant "enfin un bon Guerlain" (mais ce parfum a déjà 8 ans... sont-ce les mollassonnes sorties actuelles qui me donnent envie de le réévaluer ?).