Auparfum

L’Homme Idéal

Jicky

par Jicky, le 4 août 2014

J’évoquerai justement "l’esprit Guerlain" la semaine prochaine dans l’épisode de la saga Guerlain (pas celui de mercredi, celui d’après). Mais c’est surtout pour réagir sur la phrase "heu c’est pas un Guerlain, donc c’est nul".

Contrairement à ce que voudrait faire croire une collection comme celle de L’art et la matière, il n’y a pas de Guerlinade prédéfinie. On aura beau nous injecter 25L de Cuir Béluga, d’Angélique Noire ou de Tonka Impériale, non Guerlain n’est pas qu’une grosse vanille/amande/rayez la mention inutile. Est ce que ce sont des mauvais parfums pour autant ? Non pas forcément, c’est un débat différent. En revanche, leur posture et le discours qui va avec me déplaît car il cantonne injustement Guerlain a un type de parfumerie. Et après on a le droit à des discours du type "L’homme idéal c’est pas un Guerlain il est nul alors que Cuir Béluga c’est trop un Guerlain car il sent la vanille" alors que L’homme idéal est on ne peut plus Guerlain (aussi bien historiquement que d’un point de vue moderne, les sceptiques auront beau refuser de voir le lien avec Jicky mais il est bien là, en lien avec LPRN). Mais là n’est pas le problème... Guerlain Homme ou Idylle ne sentaient pas la grosse vanille donc ce n’étaient pas des Guerlain ?? Des centaines de parfums Guerlain n’étaient pas comme ça.

Il n’y a pas de Guerlinade stricte, c’est quelque chose de plus flou. Personnellent, j’aime voir cet "esprit Guerlain" comme quelque chose de plus nuancé : pour moi, ce qui est intéressant, c’est de voir comment un parfumeur va faire un parfum pour Guerlain. Bois d’Arménie est très intéressant dans ce cas, pour moi c’est plus un parfum d’Annick Ménardo (qui y distille toutes ses thématiques les plus chères : le brûlé, la condensation extrême des matières, une brillance boisée presque amère et cuirée...) qu’un simple Guerlain. C’est un Guerlain selon Annick Ménardo. Et c’est saisissant avec des parfums de Maurice Roucel aussi... Et aujourd’hui de Thierry Wasser.

C’est une question assez complexe. Comme je le disais au début, je l’effleurerai la semaine prochaine (en reprenant rapidement certains points évoqués ici). Et comme chaque question un peu complexe (encore plus en parfumerie où il n’y a pas vraiment d’académisme nous permettant un support d’évaluation esthétique suffisamment strict pour débattre d’une écriture), il y a plusieurs éléments de réponse.

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