Auparfum

Le Prix du Parfum de la Fragrance Foundation France 2011

Jean-David

par Jean-David, le 8 mai 2011

C’est le lieu de dire LOL ! D’abord félicitations pour l’heureuse perspective (tout esprit créatif porte en lui des idées qu’il lui faut faire accoucher).
Quant à la recommandation de Poivre Bleu, et sans remettre en cause ses prérogatives présidentielles, j’en adopte l’article 1 (le vote par porte-monnaie interposé, que je pratique également en matière alimentaire) sans en observer l’article 2 (le devoir de voter dans ce qui n’est, à mes yeux, qu’une opération d’auto-promotion et non une compétition sincère). Remarquez bien qu’il ne s’agit pas d’un appel au boycott, mais seulement du libre exercice d’une faculté de choix. J’aurais trop le sentiment de contribuer à servir de caution à une opération de marketing dont les bénéficiaires sont ceux-là même qui, quotidiennement, travaillent à l’uniformisation du goût et à la mise sous tutelle de la création. Mais encore une fois, je comprends bien que l’on prenne un autre parti !

 

Je me souviens d’avoir été consulté, il y a quelques années, par les Victoires de la Musique classique, dans la catégorie Musique contemporaine. "Qui recommandez-vous de nominer", pour employer un affreux néologisme. J’ai recommandé une certaine compositrice, et j’ai pu constater qu’elle avait été effectivement retenue parmi les trois "nominés". Moyennant quoi, elle a eu droit à... allez, deux secondes de présence à l’écran lorsque son nom a été cité. Bien sûr, le public n’a pas eu droit à la moindre note de musique écrite par elle, pas plus que par les deux autres "candidats" à ce stade. Puis tout est allé très vite : "La victoire de la musique contemporaine est attribuée à...". On a eu droit à une interview ridicule du compositeur récompensé par un journaliste qui s’en moquait éperdument, et qui, en vingt secondes, a trouvé le moyen de demander : "Luciano Berio (car c’était lui !), la musique contemporaine, ce serait pas un peu du bruit ?!" Le vieux Berio était ahuri. L’étape suivante du supplice a consisté à entendre un fragment minuscule du compositeur, pour deux violons, fragment qui ne disait pas grand chose pris isolément, alors que son prix allait à l’une de ses oeuvres orchestrales. La question se pose : fallait-il une catégorie "Musique contemporaine" si c’était pour la malmener à ce point ? J’ai juré mais un peu tard qu’on ne m’y reprendrait plus !

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