Avec ses « Eaux des Bermudes », les Liquides imaginaires nous invitent à prendre le large
par Jessica Mignot, le 9 juin 2022
Pour cette nouvelle collection, la marque fondée par Philippe Di Méo et David Frossard nous offre une trilogie olfactive qui trouve son inspiration dans les récits d’aventures maritimes.
Après avoir mis en flacon son ode à la licorne dans une Blanche bête aux accents de tubéreuse et de coco en fin d’année 2021, Liquides imaginaires nous immergent pour la saison estivale dans les récits mythiques du grand bleu. Les trois compositions de la gamme sont pensées comme autant d’élements de la traversée « d’un aventurier imaginaire qui déjoue ses dangers avant de les raconter en parfums ».
Première étape du périple, Sirenis célèbre cette figure « belle et surnaturelle » dont la « voix divine se conjugue avec [l]es pouvoirs magiques, détournant les marins de leur chemin ». Sonia Constant et Marion Costero nous en proposent un conte floral, musqué et marin où la bergamote, la sauge sclarée et la cardamome se mêlent à l’absolu de genêt, au santal, sur un lit ambré, tapissé de patchouli, de mousse et de vétiver.
Pour Navis, Nadège Le Garlantezec a imaginé le parfum du bateau, « refuge flottant au milieu des océans » dont la calle « protège des trésors d’odeurs, riche d’agrumes et d’épices rares » (baie rose, pamplemousse et bergamote), et les voiles « se gorgent de vent iodé et de soleil de plomb ». Sa structure boisée, construite autour du cèdre et de l’amyris, se pare de mousse de chêne et de laminaria (une algue brune).
Abyssis s’inspire quant à lui de la puissance du Kraken, cette « colossale créature capable de couler et d’avaler un navire et son équipage ». Shyamala Maisondieu signe un « boisé marin et animal » autour de captifs Givaudan comme l’Ambrofix, la Cosmone (musquée et poudrée) et la Calypsone (ozonique), habillés de poivre, de santal, de cèdre et de styrax.
Eaux de parfum 180 euros/100 ml
Disponibles
Premières impressions
Les trois parfums évoquent bien l’univers marin, chacun leur manière, à renfort de notes aqueuses et iodées. Sirenis plaira aux amateurs de Rem de Réminiscence, avec ses facettes florales contrebalancées par un accord marin à la fois salé et laiteux, et des aldéhydes métalliques rappelant Sécrétions magnifiques. L’ouverture hespéridée et épicée de Navis s’étire sur des notes boisées et fumées, avant de dévoiler un fond plus conventionnel. Abyssis est le plus classique, avec un aspect minéral évoquant les galets chauffés au soleil, et une structure boisée, ambrée et musquée.
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