L’Heure Bleue
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Inspiré du tableau La Neuvième Vague d’Ivan Aïvazovski, le parfum veut saisir la force silencieuse et humide du ressac, cette puissance contenue de l’océan en colère.
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Sous tes caresses
Aquarelle poudrée
Cuba libre
Porter l’Heure Bleue à vingt ans, c’était m’affirmer. Avec un sillage inoubliable, oriental, osé, frais, fleuri mais aussi épicé, contradictoire et excentrique. C’était tout ce que j’aimais. Et puis le fond, après quelques heures sur la peau, doux et sensuel, avec une vanille et un iris presque entêtants.
Je me sentais comme une sorte de Louise Brooks, tout juste sortie du film Loulou de GW Pabst des années 20 du siècle précédent, avec sa coupe à la garçonne, sa jupe trop courte, son maquillage au khôl noir, complexe et rebelle. Au cœur de ce parfum, la "guerlinade", qui depuis me hante, cette identité multiple composée de senteurs qui s’exprime comme une seconde peau, sublimée, qui nous emporte dans des contrées lointaines. Avec des notes de cœur d’œillet, de rose, de violette, de jasmin, d’orchidée et des notes de fond où s’expriment le benjoin, le santal et la fève tonka, ce parfum a un sillage sophistiqué, romantique, désuet, reconnaissable entre mille.
Et puis ce nom, "l’Heure Bleue" ! Temps suspendu entre deux mondes, ni tout à fait lumineux, ni tout à fait sombre, moment unique pour ceux qui s’aiment. Et puis ce bleu... couleur poétique où Paul Eluard répond à Rimbaud.
J’ai porté, et je porte encore d’autres parfums de Guerlain, Jardins de Bagatelle, L’Instant, Vol de Nuit, Shalimar Souffle de Lumière et jamais aucun n’a eu un effet aussi fort sur moi, le sentiment d’être un personnage de roman, qui ne porte "qu’un peu d’essence de Guerlain dans les cheveux".