Auparfum

Angel

1er avril 2019, 08:57, par Petrichor

Il y a de l’ironie dans ton propos. Prenons plutôt d’un oeil positif que, pour une fois, ce soit la direction artistique qui bousille un parfum, davantage que la radinerie sur le prix de la formule, ou les restrictions sur les allergènes.

Je m’estime perdant, et du côté de l’art de la parfumerie on est perdant, puisque "Angel" est passé d’exceptionnel à tout juste bon. Le niveau des sorties actuelles c’est "ras des pâquerettes", et on applaudit quand on voit une taupinière. Quelques monuments tiennent bon, par exemple "Aromatics elixir" de Clinique, dans la même catégorie des gros patchouli ambitieux. Ce qui m’étonne avec Angel, c’est que ce n’est plus le même parfum -il ne fait plus le même effet-, et les gens font comme si.

Pour l’instant il se maintient dans les meilleures ventes. Donc oui, à proprement parler, la reformulation est un succès. Mais Angel ça a toujours été un gros budget publicité. Ca dope artificiellement les ventes. Ca porte l’illusion : les gens achète l’idée de Angel, de ce que c’était, au lieu de vérifier la version actuelle. La pub a un effet retardateur sur la prise de conscience.

On peut comparer à "J’adore". Lui aussi est devenu sa propre contrefaçon, mais avec la publicité ça passe. Lui aussi a presque changé de catégorie olfactive. C’était un champaca ambré par Calice Becker, plein de nuances, qui innovait sur une nouvelle note lierre. Aujourd’hui c’est du shampoing, c’est une base jasmin et une base rose, et on paie le faux au prix du vrai.

Je ne veux pas croire que ces versions standardisées, goût générique, se vendent mieux que les anciens. J’imagine que la cliente "J’adore" fait le calcul "je veux un bon parfum + sans chercher une plombe = celui de la pub". De la part de Mugler c’est plus bizarre, parce qu’ils ont ôté à Angel son côté risqué *. Pourtant ils continuent à utiliser cet ingrédient "risque" pour les nouvelles sorties et le flankers.

L’actuelle EDT de Angel donne un meilleur panorama de ce qu’était l’EDP original. D’un sens elle est plus équilibrée. On sent le cassis qui fait fruitchouli, on sent le caractère floral sec vis-à-vis du patchouli et du cashmeran (mais pas aussi tonka coumarine foin), et pendant 1 minute on retrouve un peu de la tension dramatique de l’original.

*bye-bye cassis, alphalte, tonka sec, pomme verte, androgynie ; plus fort le "safe", la guimauve, et le doudou patchouli benjoin vanille ; Peut-être que la coumarine + sirop ça faisait trop année 80, façon "Vanderbilt" de Grosjman.

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