Parfums et Ponge : un dialogue de Jean-Christophe Hérault et Denyse Beaulieu
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Il orchestrait depuis près de 30 ans la collection de parfums de la maison de mode japonaise Comme des garçons. L’artiste pluridisciplinaire Christian Astuguevieille est décédé hier.
Bons baisers d’Italie
Café irisé
Baume d’ambre
Merci Passacaille pour ce beau texte. La poésie de Ponge est l’une de celles qui m’émeut le plus, sans que je ne sache vraiment dire pourquoi. Cet affrontement à la chose par les mots qui se font tactiles, cette compréhension pudique de ce qui s’oppose au toucher, à tous les sens en fait, me bouleverse toujours. Peut-être que la poésie de Ponge est, plus que toute autre, ceci : une poésie des sens et de tous les sens. Il y a quelque chose d’une simplicité folle et pourtant si profonde, si précise. La naissance de la chose dans un regard tendre et amoureux qui tente de la caresser sans l’écraser, qui caresse sans jamais saisir, et qui ainsi paradoxalement va plus en profondeur dans les plis et replis du monde matériel, qui remarque contre l’indifférence d’une opposition sujet/objet l’émoi d’un partage, l’éclat furtif d’une liaison, d’une attention de l’homme à son monde respecté dans son individualité propre. L’esthétique de l’instant.
J’aurais beaucoup aimé participer à cet événement, non pas seulement parce qu’il réunit deux arts que j’aime, mais parce qu’il semble poser la question de ce que peut exprimer le parfum qui n’est jamais tout à fait ce qu’exprimera la parole poétique. Là où justement le poète emprunte le plus au sens olfactif, il ne dit pourtant pas ce que dit le parfum. Je ne crois pas vraiment qu’il s’agisse de deux manières différentes de rendre une même chose. Il s’agit de deux manières de l’affronter - mais que sait dire le parfum que ne puisse dire le poème ?