La tubéreuse : pécheresse en blanc
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Un soir d’été en Provence, où l’anis herbacé et la douceur amandée des calissons se fondent dans un sillage solaire, résineux et délicatement gourmand.
il y a 3 jours
Merci, c’est gentil. Je réponds, des années après. Oui, même l’original, non, je ne le retrouve(…)
Hors du temps
Bons baisers d’Italie
Café irisé
Je l’avoue, la tubéreuse est mon péché véniel.
L’homme que je suis a cependant quelques scrupules à la porter en public. Ce qui a tempéré mon enthousiasme, c’est le nombre de commentaires + ou - désobligeants suscités par Tubéreuse Criminelle le jour où celle-ci m’a accompagné au bureau.
Quelques échantillons de la médisance populaire :
"C’est vous, Monsieur X, qui sentez la cocotte comme ça ?"
"C’est tellement fort que ça a envahi tout l’étage ! Ça m’a donné mal à la tête."
"Et vous dites que c’est un grand parfum ?".
Ce qui est curieux, c’est que les hommes n’ont rien dit. Ces propos peu amènes venaient seulement de bouches féminines. Un peu comme si les femmes revendiquaient pour elles, et elles seules, le droit de porter des parfums "forts" ou capiteux. Mais je n’en veux pas à mes collègues féminines. Je suis très fier d’avoir réussi à les convaincre de ne plus porter La Vie Est Belle, aussi aurais-je mauvaise grâce à leur tenir rigueur de leurs paroles ce jour-là.
Et puis il y a un homme, un parfumeur de talent, à qui je dois de pouvoir m’adonner à mon péché à toute heure, en toute circonstance et sans risquer d’essuyer des remarques blessantes. C’est Alexis Dadier, le créateur de À Travers le Miroir, dans la collection Miroir Miroir chez Thierry Mugler. Un parfum très (trop) confidentiel, hélas. C’est une vraie tubéreuse, mais traitée de manière aérienne, avec une infinie délicatesse, une grâce inédite. Rien de crémeux ici, rien de "beurré". Une tubéreuse 0% de matière grasse, en somme.
Mais le vrai miracle de À Travers le Miroir, c’est que ses notes d’absinthe jouent en contrepoint une partition verte, aromatique, herbacée, et lui confèrent un caractère réellement unisexe.
Alors Alexis Dadier, si vous lisez ces lignes, j’ai deux mots à vous dire : bravo et merci !