Pourquoi n’y a-t-il plus de bons parfums masculins...
Signaler un abus
Vous devez être connecté pour signaler un abus.
Vous devez être connecté pour signaler un abus.
À peine sommes-nous sortis de l’hiver que les bureaux de Nez et d’Auparfum sentent à plein nez le linge propre et le coton immaculé. L'occasion de vous livrer une nouvelle revue… tout droit sortie du pressing.
il y a 2 jours
Hooo , je ne savais pas qu’il avait été reformulé, moi qui pensais m’en reprendre un car mon flacon(…)
il y a 6 jours
Même s’il est amusant, l’exercice s’avère périlleux. Dans la majorité de mes nombreuses tentatives,(…)
Eau archangélique
Sel de bois
Accord intercontinental
Bonsoir Thelittlebox.
Lorsque je vous ai lu(e), je me suis dit qu’il faudrait que je vous réponde. Entre-temps, Jicky, avec qui je suis assez souvent d’accord, a répondu. Et, je suis totalement d’accord avec lui.
Je ne vais pas revenir sur l’éternel débat de l’œil neuf et naïf vs le regard critique qui retire peut-être un peu de naturel. C’est en partie vrai. Et pour partie faux. Tout dépend de l’interlocuteur. Du moment. Du cas de figure.
Mais, bien entendu, s’il est utile d’être critique, il faut l’être en tâchant de conserver émotion et pétillement.
Je crois que, sur auparfum et de nombreux blogs, justement, nous tentons de ne pas être trop blasés. Le jour où on le devient trop, il faut aller faire autre chose je crois.
Sur auparfum, il y a un dénominateur commun de tou(te)sles rédacteurs/trices : nous n’aimons pas écrire d’articles négatifs. Cela nous gonfle. Cela n’est pas ce que l’on souhaite renvoyer comme image. Cela nous gonfle vraiment (je me suis rendu compte que j’avais répété ce mot, c’est que vraiment, on n’aime pas ça !). Cela nous fait, durant quelques instants, moins aimer/apprécier l’objet parfum par effet de contagion. Or, le parfum, les rédactrices et rédacteurs ici, s’investissent suffisamment pour qu’on soit convaincu, je crois, de leur passion. Enfin, cela nous fait surtout perdre du temps que l’on préférerait consacrer aux bons et beaux parfums. Pendant que l’on s’attarde sur une bouse déprimante, c’est du temps en moins à consacrer aux belles choses. ^^ (Mais, bien entendu, il y a bien pire que se passionner pour le parfum. Mais, justement, cela peut être si beau qu’il est rageant quand cela est parfois si laid.)
C’est d’ailleurs pour cela que, courant 2013, il n’y a presque pas eu de critiques négatives durant plusieurs mois sur AP. On ne s’en n’est pas rendu compte, cela s’est fait naturellement, nous avons été vers ce qui nous plaisait préférentiellement. Comme la critique de Cerruti 1881 Bella Notte pour Homme pour ma part dernièrement : car cela me faisait plaisir et m’a offert une bulle d’air dans la marée de trucs moches.
Mais, parfois, par souci de démonstration de l’état des lieux actuel, il faut bien montrer aussi que le monde n’est pas tout rose.
Et, il est vrai que ne pas devenir désabusé lorsque l’on sent pour la 100eme fois, en deux ou trois ans, le même type de floral délavé shampooinesque, la soupasse fruitasse actuelle, totalement insignifiante, est parfois un peu difficile ; une certaine lassitude gagne malgré tout (alors, on se rappelle les Eau de Narcisse Bleu et autres La Panthère pour se redonner de la motivation).
Et, il nous faut bien, par souci d’authenticité, pourtant, observer concrètement l’état des lieux, comme une sorte de diagnostic (sincère et réaliste).
Alors, à propos du constat qui est fait, non, je ne crois pas que rétrospectivement, on se retournera dans quelques années pour admirer cette parfumerie cheap, simpliste, et inexistante (tout comme Jicky).
Bien entendu, il ne faut (en théorie) jamais dire jamais.
Il est possible, toutefois, que l’on se dise plus tard que, rétrospectivement, en 2014, c’était moins pire qu’en 2024. Oui, cela est toujours possible. Mais, en tant que rédacteurs, nous sommes confrontés à ce cas de figure souvent. "Moins mauvais" signifie-t-il "Bon" ? Bien entendu, non.
Ce n’est pas parce que certains lancements sont moins pires que LBEV ou Infectus qu’ils sont bons pour autant.
Rétrospectivement, je considère certains parfums de 2006 comme mignons voire jolis. Mais, ce ne sont toujours pas et ne seront jamais de grands parfums. Les roses transparentes baies-rosées sur patchouli cœur qui ont proliféré à ce moment-là, sont mignonnes ; j’aime bien Elle et Midnight Poison. Je les aime "bien" (et même il m’arrive de les porter), mais, c’est tout. Perles déjà se démarque mieux (malgré sa possible reformulation). Mais, il se démarquait déjà en 2006 (l’article de Jeanne à l’époque est assez parlant...). Il n’y a donc pas de revirement. Juste une confirmation.
La signature du début des années 90 me paraissait manquer de naturel à cette époque : c’est toujours le cas pour moi. (Et, cela n’a rien à voir avec le travail de Sophia Grosjman qui a eu le mérite, comme Jean-Claude Ellena ensuite, d’imprimer une écriture olfactive forte. Simplement, j’y suis insensible en dehors de Champagne/Yvresse.)
J’adore a maintenant quinze ans, un petit bout de chemin déjà. S’il disparaissait demain (cela n’arrivera pas !), je ne le regretterai pas. Le flacon du shampooing avec son joli col doré me manquerait un peu car c’est un très bel objet de design. Mais, le jus : rien. Et, je le pensais déjà quand il est sorti. Pas moche. Juste désespérément pas un parfum tel que je l’entends : trop générique, d’une banalité qui pourrait tenir lieu de somnifère, insignifiant en somme. Pas moche. Joli. Mais, a-t-il une âme ? Probablement pas. ;-)
Pour ma part, je passe mon temps à relativiser la parfumerie actuelle. Il y aura, dans le futur, des gens qui regretteront ces parfums car il les auront accompagnés. Cela n’en fait pas de bons parfums.
Drakkar Noir, Égoïste Platinum et Chrome d’Azzaro m’ont accompagné quelques années. (Bon, pour ma défense : TOUT le monde portait Drakkar Noir dans les années 90, ça a été mon premier parfum offert, ce n’était pas un choix personnel. Chrome était un cadeau d’un ami travaillant dans la presse. Mais, je dois avouer que dans le cas d’Égoïste Platinum, c’est car je portais Égoïste et que, pour l’été, j’ai été un bon mouton et je me suis laissé bercer par les sirènes enjôliveuses de la marque aux double "C" en tentant de choisir quelque chose de "plus frais". Ah, ça, pour être frais, c’est froid comme... du métal. ^^) Cela n’en fait pas de beaux parfums. Ils me seront un peu rattachés par les souvenirs vécus. Point. Si Drakkar Noir disparaît, cela sera un peu dommage. Mais pas car je l’ai porté ni car il est "bon". Simplement car il a été vraiment énormément porté, qu’il a représenté le signal olfactif de la masculinité durant une dizaine d’années ; c’était un peu Le Mâle ou le 1 Million de son époque. Il a été une sorte de symbole. Il a, de ce fait, un vague intérêt historique. (Un peu comme, en architecture, ces quelques tours que beaucoup trouvent horribles, des années 50 à 70, toutes de verre mais surtout de métal et de béton gris recouvertes, atroces au regard - mais qui ont été les premières à posséder une structure bien particulière permettant de monter très haut (noyau central en béton armé soutenant une façade rideau en métal et verre) -, sont protégées en tant que témoins d’une méthode et d’une période de construction.)
Tel n’est pas le cas d’Égoïste Platinum ou de Chrome. Avec leur disparition, c’est le temps passé en leur compagnie qui s’en ira. Le mien, mais pas que ; mais, rien d’autre, ou à peu près. Ces parfums ne me paraissent pas particulièrement importants et marquants d’une étape de la parfumerie. 1 Million et Invictus, malheureusement, si. Ils ont renouvelé par certaines caractéristiques immédiatement identifiables les formats olfactifs masculins partagés d’une époque. C’est un fait.
Alors, bien entendu, il n’y a aucune "honte" de craquer pour ces "parfums de la honte", il faut tout tester. Mais, pourquoi se casser les pieds avec ce qui est laid quand on peut avoir ce qui est beau. (Oui, je sais bien qu’il y a un relativisme individuel, mais, il est confronté à un certain accord (plutôt qu’une vérité) fondé sur une certaine vision commune qui fait qu’il faut relativiser un peu le relativisme. Comme je le dis souvent, on peut adorer (individuellement) Britney Spears, mais il faut bien admettre (collectivement) que ce n’est pas Mozart ! ^^)
Voilà quelques idées qui vont dans le même sens que les points abordés par Jicky. En espérant que cela soit utile.
Bon début de week-end à vous.
Opium