Auparfum

Bas de Soie

5 août 2010, 18:47, par Phoebus

(Je tiens à remercier Antolio, tout d’abord, qui m’a permit de sentir ce vrai phénomène qu’est bas de soie !)

Jeanne, je pense que votre nez est bien plus habitué aux verts que le mien, car j’ai été étonné de ne pas lire les mots "violence", "agressivité" ou encore "coup d’ boule" dans votre description des notes de têtes ! J’ai vraiment été mis KO par ce bas de soie que j’avais imaginé "jacinthe" dans le registre d’Anaïs Anaïs et Bluebell..! (oui je sais, j’étais naïf).

Mais non, j’avais oublié que Lutens aimait l’humour. Quoi de mieux qu’un nom aussi doux et mielleux pour surprendre les petits papillons innocent que nous sommes, attirés par cette fleur aux couleurs douces et prometteuses...Alors quand on le sent la première fois, et qu’on se rend compte qu’on est en train de sniffer une cartouche d’encre waterman, on n’a pas envie de rire. Tu diverges, Serge. Après l’Eau, une seconde bourde serait vraiment mal venu.

J’ai donc les yeux qui piquent comme si j’avais épluché des oignons, visiblement je m’étais attendu à quelque chose de totalement différent. Je reprends mon souffle, j’ouvre mon esprit, et à défaut d’aimer, je vais au moins essayer de le comprendre.

Bon, c’est bon signe, les premières volutes bleu marine commencent à se dissiper harmonieusement, comme lorsqu’on plonge un pinceau imbibé d’aquarelle dans un verre d’eau. Je vois un ciel bleu, pur, sans nuages, insondable et étourdissant. De grandes lignes horizontales. Ce bas de soie, même s’il a paradoxalement un nom matérialiste, n’est pas du tout figuratif. C’est peut-être parce qu’on n’a pas l’impression d’avoir affaire à un bouquet de fleurs normal. Il faut savoir que la jacinthe n’est représentée que par son aspect vert (TRES vert), un peu amer et croquant, ici on n’a gardé que la tige. De l’autre côté, il y a l’iris, qui semble incomplet lui aussi, comme si on n’avait cueillit que la fleur blanche aux pétales blancs et métalliques sans la chaleur du bulbe. Mr Lutens, en bon savant fou qui se respecte, nous a donc fait une transplantation bizarre mais unique, mi-iris, mi-jacinthe, et libre à nous de poursuivre Bas de Soie avec des fourches et des torches jusqu’à la grande place en criant "au bûcher ! au bûcher !". C’est la loi du marketing, après tout.

Juste après m’être fait cette réflexion, j’ai le nez collé au poignet et j’aperçois de plus en plus un coton imbibé d’alcool (comme quoi ce franckenstein là ne ferait pas de mal à une mouche, c’est une vraie armoire à pharmacie). J’éloigne un peu mes narines, pour prendre du recul et...Ca sent vraiment bon, ça commence à me plaire...J’agite mes poignets à une dizaine de centimètres de mon nez et...Mon Dieu ça sent vraiment très bon, très très bon...

Je reprends l’échantillon, et je m’en mets dans le cou. Comment j’ai pu penser à des oignons au premier test !? J’ai dû avoir un déclic, je ne sais pas pourquoi, Bas de Soie a peut-être trouvé une bonne nuance de bleu sur ma peau, en tout cas j’y suis devenu très sensible soudainement. Ce parfum est insupportable de près, vraiment, mais il laisse un sillage splendide. Je comprends alors que le nom n’était pas ironique : dans un jardin français au 16ème siècle, on n’approchait pas la Princesse de Clèves comme on aborderait une fille dans la rue, mais on pouvait admirer sa beauté...de loin, caché au milieu des iris, des jacinthes, et de nos soupirs.

 

 

Il y a quelque chose de noble dans ce parfum. Il n’est pas lumineux, il est aveuglant, (si ça ce n’est pas l’état d’esprit d’un roi soleil en puissance...). J’ai vraiment une relation étrange avec, je l’aime à la folie et je le déteste en même temps, ce bas de soie. Son côté insaisissable nous donne envie d’en possèder un flacon, pour l’explorer entièrement, découvrir toutes ces facettes...

C’est marrant parce qu’il y a des Lutens que j’ai aimé du premier coup, comme Daim Blond, Fleur de citronnier, Filles en aiguilles...C’étaient des évidences. Je sais que je les aimerai toujours, ce sont des "valeurs sûres" et pourtant, je me sentirais plus prêt à dépenser mon argent pour les lutens qui me sont moins évident comme Datura noir, Serge noir, et...Bas de soie. (d’ailleurs BDS passera en tête de ma liste des parfums-à-acheter-quand-j’aurai-des-sous s’il est en édition limitée !).

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