Nuit de Bakélite

par Loblue, le 10 mai 2018
Bonsoir Galate,
Mon propos était précisément et volontairement de revenir sur le chemin de la qualité du parfum, de la démarche créative ayant abouti à proposer cette flagrance. Je ne m’égarais donc pas. Je trouve en effet artificiel de ne parler que de prix sans parler de la qualité de l’objet lui-même, du processus intellectuel et sensible, des essais, des échanges créatifs et esthétiques qui ont présidé au choix final et qui se sentent au nez. Passer sous silence cet élément ou l’écarter d’un revers de main me paraît être un manque dans l’analyse. C’est un peu comme juger un restaurant sur la base des seuls prix affichés en faisant uniquement l’analyse du prix des matières premières, des ingrédient utilisés, de l’apparat des tables et des décorations sans avoir goûter aux plats, au savoir-faire et au génie du chef ! La critique sur la base du seul prix de revient me paraît tronquée et réductrice pour rendre compte de manière complète de la valeur de l’objet dont on parle et pouvoir ensuite affirmer que l’on se moque du monde. Par ailleurs, quel que soit les qualités d’une analyse des professionnels du secteur, et que la plupart des lecteurs d’auparfum connaissaient, elles restent une synthèse, une vue globale. On ne peut donc la plaquer sans nuances aux prix pratiqués par une maison de parfum, qui est d’ailleurs loin d’être la plus chère du marché ! Je ne nie pas l’existence d’un positionnement et la cherté du flacon. Toutefois, un certain nombre de contributeurs ont je crois essayé d’expliquer que les petites maisons n’ont pas le même accès aux marchés que les grands groupes, que leurs coûts d’achat, de fabrication, de distribution sont beaucoup plus élevés, à chaque niveau, avec la nécessité de faire un minimum de marge pour vivre et envisager les projets futurs compte tenu de leur clientèle réelle. Mais solliciter la production du bilan, tout en sachant que nous ne sommes pas en mesure de l’obtenir, pour que vous consentiez seulement un peu à nuancer vos propos ou à accorder du crédit aux propos des autres me paraît intellectuellement excessif. Enfin, oui, le parfum est éminemment sentiment, ressenti, choc esthétique et sensation, et le jugement d’un jus comme Nuit de Bakélite ne me paraît pas pouvoir être réduit à un prix de revient.
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