Auparfum

Gisele et le N°5 : tout est sous contrôle pour Chanel

Vesper

par Vesper, le 17 octobre 2014

Sans vouloir offenser personne, c’est un peu désuet d’évoquer Coco en parlant de Chanel, actuellement.

D’une part parce que la garçonne de Coco date de près d’un siècle et que celle qui, la première, a définitivement modifié la silhouette de la femme du XXème (siècle, toujours) était aussi celle qui fulminait contre les pantalons, qu’elle n’a dessiné que contrainte et forcée "par la rue" et les jupes qui dévoilaient cette part hideuse du corps qu’était (est toujours...) le genoux. A sa mort, la Gabrielle brillante des années folles avait cessé d’exister depuis longtemps. Le groupe Chanel s’est d’ailleurs donné beaucoup de mal pour faire disparaître quelques interviews fort amusantes à mon goût.
Le personnage était fascinant et multiple. N’en garder qu’une facette, c’est aussi la renier, à sa convenance, quelque part.

D’autre part, le groupe Chanel est un groupe de luxe international. Et il nous faut bien avouer que le goût européen n’a plus la prééminence qu’il avait jusque avant la dernière guerre.
Qui sait encore en dehors de France ce qu’est l’Orient Express ? Un décor de film d’Agathe Christie ?
Personnellement, je suis assez imperméable au déballage de cette pub.
Mais il faut quand même bien avouer que l’équipe qui l’a réalisée a bien travaillé.
Du maillot de bain qui fait twin set blanc sur noir façon tailleur à la table de l’entrée qu’on pourrait retrouver dans l’appartement de Mademoiselle, tout chante le luxe selon Chanel. Un luxe cosmopolite, ultra moderne (quitte à être bling) et sans racine.

Alors, non, cette publicité ne me donne pas envie d’acheter N°5, parce que ses codes ne sont pas les miens. J’aime le N°5 avec la passion de ces vieux européens qui vivent dans des ruines baroques où, comme c’est mon cas, dans les maisons hantées (dixit mes élèves).
Mais ce n’est pas une raison pour noircir le tableau en se gaussant de ce pendentif en vrai-(faux)-diamants. Parce que même si la notion de faux (bijou) fait partie de l’épistémologie de Chanel, le département joaillerie de la maison se démène à chaque publicité pour produire des pièces hors normes (vous êtes vous interrogé sur la façon dont des pierres peuvent dégouliner ainsi ?).

Que l’on aime ou pas le résultat (qui ne nous est visiblement pas destiné, à nous, du vieux continent), le résultat est là.
L’avenir dira si ce film sera aussi cité que la splendide performance de Goude pour Egoïste.

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