31 rue Cambon
par ambre, le 13 avril 2015
A mon nez, le 31, rue Cambon est une douce symphonie d’automne orchestrée avec élégance.
Le tempo d’ouverture est allègre. Les notes de bergamote poivrées fusent puis, très vite, s’arrondissent en se mêlant aux effluves exotiques de belles fleurs blanches aux pétales charnus, gorgées d’une chaleur toute tropicale. Peu à peu, le jus se pare d’atours orientaux. Il s’arrondit plus encore et se veloute à mesure que les arômes fruités de prunes confites se développent. Ces prunes me font penser aux quetsches à la peau mauve. Celles que l’on trouve au pied de l’arbre en septembre, saturées de sucre tant elles ont muri. Prunes liquoreuses, presque fermentées. Mais pas seulement. A mesure que le temps passe, ces prunes s’assombrissent. Elles prennent la teinte d’une pâte de fruits, se parent de la robe d’un vin cuit épicé, à la consistance épaisse, sirupeuse. Délicieux mélange, tantôt sublimé par une pointe de cannelle, tantôt relevé par la facette métallique d’une rose géranium, tantôt caressé par un nuage d’encens. Les notes se succèdent les unes aux autres dans un fondu moelleux. Souffle de violette et d’iris, poussière de noisette et de bois acajou satiné, soupçon d’ambre confortable.
A aucun moment, le 31, rue Cambon ne se révèlera lourd ou oppressant à mon nez. Tout est parfaitement équilibré. Chose étrange, ce parfum riche et complexe "respire". Contrairement au Parfum de Thérèse ou à Femme de Rochas qui s’articulent eux aussi autour d’une base Prunol, le 31, rue Cambon ne me donne ni sensation de saturation ni maux de tête. Cela dit, des 4 échantillons qu’il m’a été donné l’occasion de découvrir dans la collection des Exclusifs, ma préférence demeure le n°22.
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