Auparfum

Le parfum comme oeuvre de l’esprit ? Pas pour 2014 !

Le Nez Bavard

par Le Nez Bavard, le 5 janvier 2014

Re-bonsoir Jean-David,

Je crois que la plupart de nos commentaires ici iront dans le même sens, mais je m’interroge quand au meilleur moyen de faire évoluer les choses. Jicky le soulève très justement, mais ce qui est un frein essentiel au statut d’Art pour la Parfumerie (et donc d’oeuvre d’art pour un parfum) vient de la structuration de l’industrie. A commencer par le métier de parfumeur. La majorité des parfumeurs qui exercent aujourd’hui, ne sont absolument pas indépendants. Ils travaillent pour une société, qui elle-même fournit une autre société. Dans cette configuration des choses, il est très difficile de savoir à qui attribuer un droit de propriété intellectuelle.

Ainsi, j’ai tendance à croire que c’est bien des parfumeurs eux-mêmes que devra venir le changement. Ce n’est qu’en se fédérant et en faisant reconnaître leurs savoirs-faire et leurs talents, ainsi que le rôle qu’ils jouent dans la conception d’un parfum que les choses pourront peut-être évoluer.
L’arrivée du droit d’auteur aurait probablement pour conséquence de considérablement ralentir la production de parfum, le temps que l’industrie digère toutes les implications que cela entrainerai. Mais il est probable que ce ralentissement d’activité lui soit fatal, compte tenu du fonctionnement actuel.
De plus, rien de ni qu’elle soit capable de le digérer, car au-delà du plagiat (qui n’est à mon sens qu’une question annexe), c’est la question des règlementations qui est en ligne de mire. Si la formule d’un parfum vient à être protégée, plus possible de la reformuler. Mais que faire si les composants de cette oeuvre sont considérés comme dangereux ? Cette notion de danger serait-elle à revoir, à aborder autrement ? Personnellement, j’ai envie de dire que OUI, il serait temps d’aborder la question des allergies différemment, mais encore une fois l’industrie est-elle prête ?

A tendance des autorités à verser dans le "total-secure", s’ajoute la volonté des laboratoires de poursuivre leur travail de brevetage (le vrai droit d’auteur en parfumerie) sur les molécules odorantes. Car pour le moment, c’est bien ça qui rapporte de l’argent. Les droits de propriété intellectuelle qui seraient reversés aux parfumeurs ne les intéressent pas, puisque ça ne rentrerai pas dans leurs caisses. Il ne faut pas oublier que la grande majorité de la parfumerie, c’est aussi le fonctionnel (gel douche, savons, shampoing, produits ménagers...) et que cela rapporte des sommes astronomiques aux laboratoires. Et de là découle une nouvelle question, doit-on protéger le parfum de notre shampoing ou de notre liquide vaisselle ? Mon avis serait de limiter le droit d’auteur à la parfumerie fine bien sûr, mais la question se pose.

Bref, il y aurait beaucoup de choses à écrire encore sur le sujet. Mais je ne peux m’empêcher d’être déçue de la décision qui est tombée dernièrement. Elle est le reflet d’une méconnaisse totale du domaine, mais que l’on ne peut malheureusement pas reprocher aux magistrats, compte tenu du "jeune âge" de la parfumerie. De plus, je suis convaincue qu’une décision en faveur de Lancôme n’aurait pas considérablement fait bouger les choses. Cela aurait simplement été une avancée de plus en faveur des parfums...

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Bonsoir Merci pour ce renseignement. J’ignorais cela.

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