Point du jour
Serge Lutens
- Marque : Serge Lutens
- Année : 2024
- Genre : Féminin - Masculin
- Famille : Aromatique
- Style : Frais
Après la nuit le beau thym
par Samuel Douillet, le 1er octobre 2026
Après d’innombrables gradations de ténèbres du grand sorcier de la parfumerie, voici une itération de la collection « Matin Lutens », dont l’intention semble de nous faire lever aux aurores pour s’en asperger. Pour cela, quoi de plus revigorant qu’un bouquet garni d’aromates, aux effluves frais et herbacés ? Froissez un peu de thym, de sauge, de romarin et d’eucalyptus entre les doigts, mélangez énergiquement, saupoudrez légèrement de l’accord fétiche de la maison – encens, poivre et diverses boiseries –, et vous voici paré(e) pour une nouvelle promesse de l’aube : un réveil avec Serge Lutens. Si la signature de la maison est caractérisée par des nuances de bois, d’épices et de fruits confits, Point du jour surprend par sa fraîcheur vivifiante, notamment dans un paysage olfactif actuel obnubilé par la puissance.
Vous pouvez retrouver cette critique dans Nez #18 - La couleur des odeurs
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par Blanche DuBois , le 3 octobre 2026 à 15:03
Une simple curiosité, au fil de mes lectures : vos « critiques » de parfums ressemblent de plus en plus à de petits communiqués de presse. On se souvient avec nostalgie de l’époque où la fondatrice passait certaines nouveautés au supplice. Ça, c’était de la critique. Du vrai, du tranchant, du non-conforme.
Aujourd’hui ? Tout est lisse. Tout est magnifique. Tout sent divin. Chaque parution déroule un discours si bien huilé qu’on pourrait s’en servir comme base de maquillage.
Ma question est simple : êtes-vous rémunérés par les marques dont vous assurez la promotion sous couvert de « critique » ?
Si oui, tant mieux pour le site, sincèrement, mais dans ce cas, ne serait-il pas plus élégant d’abandonner le mot « critique » ? Un service presse s’appelle un service presse. Et un panneau publicitaire, un panneau publicitaire... même quand il sent le santal.
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par fabiannagiglio, le 6 octobre 2026 à 11:02
Néophyte dans l’ univers de la parfumerie de niche , mais néanmoins très curieuse , cela fait plusieurs mois que j’essaie d’écrire ou de décrire mes impressions olfactives à travers ce site.
Je dois dire qu’ il m’a apporté beaucoup tant sur le plan technique , littéraire , et par son ouverture d’esprit, la preuve en est j’y participe.
J’ai aussi saisi quelques nuances dans ce microcosme où la niche pour rester niche et confidentielle doit aussi rester à sa place tout en risquant de s’éteindre en étant unique mais peu connue donc peu " vendue .
Je comprends aussi que les créateurs ont besoin de stimuli , parfois de complaisance pour pouvoir continuer à créer et donc à exister .
Tous les goûts sont dans la nature après tout , mais la critique est le garant de la liberté , le petit coup de bâton vertueux pour remettre doucement les pendules à l’heure .
Décidément je n’ ai toujours pas digéré celui donné à l’heure bleue !!!
Alors de grâce, critiquons ce qui est critiquable mais aimons follement ce qui est aimable..
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par Blanche DuBois , le 6 octobre 2026 à 15:54
C’est parce qu’on en a ras le bol de la culture des réseaux sociaux, qu’on attendait d’Auparfum de jouer son rôle de contrepoint avec de vraies critiques, des passions qui débattent, des discussions qui débordent. À la place, on a une extension du service marketing des maisons de parfum.
Des « critiques » épisodiques, indiscernables d’un communiqué de presse. On a tous compris le petit arrangement (on ne critique pas ses annonceurs).
Tout est lisse. Tout est beau. Tout sent bon. Tout tient en dix lignes. Zéro coup de gueule, zéro risque, zéro opinion. Un format si aseptisé qu’on ne fait plus la différence entre un communiqué de presse et une critique d’Auparfum. Honnêtement, à ce niveau de neutralité, autant lire l’étiquette.
Le parfum est un art de caractère. Sa critique, elle, sent le savon industriel. Un peu de passion et d’audace, ça ne se facture pas, ça se mérite.
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par , le 8 octobre 2026 à 13:20
Je suis absolument d’accord avec vous. La seule fois où je me suis permis de dire que les prix de la niche étaient souvent surfaits on m’a répondu de façon péremptoire que la niche c’est de la prise de risque, du travail, des matières comme ci et comme ça... Donc j’ai complètement laissé tomber. Mon but était d’expliquer que si on n’a pas beaucoup de moyens et qu’on se fiche de la mode et des tendances on trouve des merveilles pour 25 euros. Je suis de moins en moins ce site qui n’est plus pertinent.
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par Blanche DuBois , le 13 octobre 2026 à 19:34
La niche, c’est fini mais reconnaissons-lui ce mérite : elle a mis une claque monumentale à une parfumerie guindée, capitonnée. L’Artisan Parfumeur, Annick Goutal, Serge Lutens, Frédéric Malle, des maisons qui avaient quelque chose à dire. Puis, une par une, elles sont passées à la moulinette des grands groupes. Avalées, digérées, recalibrées.
Aujourd’hui, c’est pire. Des marques « venues de nulle part » surgissent avec un storytelling ébouriffant, un flacon sculpté par un designer islandais, un prix à trois chiffres... et un hedge fund derrière le rideau. Le problème, ce n’est même pas le prix. C’est la créativité : zéro. Nada. On tourne en rond. Pas une collection sans sa vanille, mais essayez de trouver le prochain « 1000 », bonne chance. L’industrie ne crée plus, elle itère.
Pendant ce temps, Cabochard, magnifiquement reformulé en 2019, trouvable en ligne pour trois fois rien, donne une leçon d’humilité à tout le secteur.
Ma réponse à tout ça ? Le vintage. Quand les flacons sont bien conservés, c’est ma façon d’être hors système. Dernières trouvailles : un Gardénia Passion EDP (une tuerie), un Hadrien EDT Concentrée qui n’a rien à voir avec l’actuel (une concentration qui frôle l’extrait), deux gouttes et vous scintillez des heures, et un extrait No 19 pré-code-barres, avec ce galbanum d’Iran qui irradie (supprimé dès les années 80 à cause de la révolution) et une rose bien plus affirmée que dans la version actuelle.
Petit conseil au passage : les Japonais, endettés jusqu’au cou, sont en train d’inonder eBay de vintages Guerlain, Dior et Chanel en état impeccable. Foncez. C’est maintenant.
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