Exposition Wildscreens par Julie C. Fortier... ou la mémoire dans le nez ?
par Dominique Brunel, le 12 mai 2014
Avez-vous déjà pensé que sentir un parfum était une perte de temps ? Ou plutôt, dit autrement et plus justement, qu’une odeur au contraire conservait les traces du temps qui passe ? Si vous êtes friands d’espaces blancs et un peu vides, de cartons parfumées et de sensations éphémères, peut-être prendrez vous le temps de passer à la galerie Florence Loewy (à Paris bien sûr...) pour découvrir l’exposition Wildscreens qui présente le travail de Julie C. Fortier.
Puis ensuite, venez nous en parler, car pour être francs, nous ne l’avons pas vue !
Wildscreens - Julie C. Fortier - du 19 avril au 7 juin 2014
Galerie FLorence Loewy
9 rue de Thorigny
75003 Paris
Plus d’infos : www.florenceloewy.com

- Wildscreen no. 1. L’érable rouge (Photo © Aurélien Mole)
Photo © Aurélien Mole
par Nicolaï, le 21 mai 2014 à 20:18
Vu.
Ou plutôt "senti", car il n’y a rien à voir. Enfin si, quand même : trois rectangles blancs, un par mur (et on entre dans la petite pièce par le quatrième pan de mur). Trois "histoires", donc.
Une assistante munie de gants blancs découvre successivement les tableaux-mouillettes protégés d’un plexi coulissant : ce qu’il y a à sentir est dessous ; ce qu’il y a à sentir – nous explique-t-on – est "dessiné avec des odeurs" : "Alors en bas vous avez la terre, ensuite le tilleul au milieu, le tronc, puis le feuillage en haut..." Bien. Ça c’est pour l’intention artistique de départ, pour le concept. Qui n’est pas inintéressant en soi, admettons-le. Dessiner un paysage olfactif, traces mémorielles noir sur blanc – nuage sur blanc, pardon –, pourquoi pas. On peut essayer.
En pratique ça se complique un chouïa. Fatalement les "traits" se mélangent (ben oui ce sont des molécules enfermées dans un parallélépipède rectangle...) et on arrive au final ben... à un mélange quoi, une sorte de nappe à peu près uniforme. Qui n’est pas désagréable à sentir, cela dit, qui évoque mettons un "quelque part dans la nature", mais pas forcément en rapport immédiat avec le texte censé être le point de départ du geste olfactif – des réminiscences de jeunesse, personnelles (donc subjectives). Par exemple on nous dit "cèdre" alors qu’on on sent santal. Ce qui n’est pas tout à fait la même chose, même si ça reste du bois. L’artiste, à sa décharge, "suit une formation olfactive pour son travail", nous précise-t-on (car c’est elle qui bidouille, et non pas un nez extérieur...) Bref. Pas mal, y a de l’idée, mais c’est pas tout à fait abouti à mon sens. D’autant que chacun des trois tableaux est vendu quand même 2300€. Avec la fiole à côté et un plan pour "redessiner" le tronc, le feuillage, le sol, etc. Oups.
Perso, à ce prix-là, je préfère avoir (presque) tout Lutens chez moi. Mais bon, Lutens c’est pas un artiste ! ;-))
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