Parfums à voir & à lire
Signaler un abus
Vous devez être connecté pour signaler un abus.
Vous devez être connecté pour signaler un abus.
Une étoile géante teintant la lactescence d’un champ de tubéreuses d’une lueur rouge orangé, comme une volée de pollen couleur de paprika.
il y a 2 jours
erratum : il s’agit du parfum Azzaro pour homme et non celui de Paco Rabanne(…)
il y a 2 jours
Merci pour vos reponses DomfromBe Bois brun et Farnesiano. Je porte l EDP et je conclus que j(…)
il y a 3 jours
Bonjour Emil, " Vertus spirituelles et apaisantes " : parfaite évocation de la magie du bois de(…)
Rose ecchymose
Nouvelle saison
Hélichryse de la cinquantaine
Je crois que Luca Turin a été un des premiers à publier des billets critiques sur les parfums. Il a publié en 1992 (il y a près de 20 ans !), bien avant l’essor d’internet, la première édition de son ouvrage de référence, Parfums : Le Guide, suivie d’une mise à jour en 1994 et 2009. L’édition 1994 est diponible en ligne gratuitement. Luca Turin est chimiste de formation et il a travaillé pour Flexitral, mais il brille surtout par ses talents de chroniqueur, un genre où il excelle à croquer le portrait de parfums, des plus obscurs aux plus illustres, en quelques phrases bien tournées, et il ne trempe pas sa plume que dans Mitsouko ou n°5 mais parfois aussi dans le vitriol.
Son approche n’est pas celle d’un Buffon et il n’a que faire des classifications même s’il respecte la terminologie traditionnelle (chypres, fougères, orientaux, gourmands...). La dernière édition de son guide comporte presque 1500 (!) entrées et plusieurs textes de référence sur les parfums féminins, masculins et une brève histoire de la parfumerie.
Chaque parfum fait l’objet d’une "étiquette" censée résumer l’esprit du texte critique qui suit ("menthol tuberose" pour Tubéreuse Criminelle, "iris cucumber" pour Love in Black, "horrid floral" pour Poême). Les textes des critiques sont un régal pour le lecteur, sa plume s’étant nettement acérée entre l’édition de 1994 et celle de 2009. Il y a des critiques d’anthologie (celle de Spellbound, un parfum qui "fait peur au chevaux"), et ses textes les plus réussis ne sont pas toujours les critiques des parfums les plus célèbres (Sacrebleu, cK IN2U His, Méchant Loup, Iris Silver Mist...).
Turin n’a pas sa langue dans sa poche lorsqu’il parle des reformulations désastreuses ou lorsqu’il expose sa théorie de la masculinisation des grands parfums féminins au fil des reformulations : Femme de Rochas s’est selon lui "laissé poussé la moustache" (!)
Dans l’ensemble il a le goût assez sûr et quelques partis pris à peine dissimulés. On peut toutefois lui reprocher de se laisser aller à ses élans lyriques et de filer d’interminables métaphores, mais c’est pour moi un ouvrage indispensable et je pense qu’il a suscité bien des vocations de blogueurs et blogueuses.
Il faut aussi rendre hommage à Tania Sanchez qui a beaucoup contribué à la dernière édition du guide (à vue de nez elle a écrit une critique sur 5) et le fameux texte "La beauté et les abeilles" qui s’ouvre sur cette question fondamentale : Quelle est l’odeur qui fait tourner la tête aux hommes ? Réponse :