L’Heure Bleue
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L’architecture du chypre maçonne tout le corps du parfum, qui révèle ses décors flamboyants du lever au coucher.
il y a 11 heures
Bonjour à tous, elle n’est pas d’actualité, certes, mais Felanilla de Pierre Guillaume est une bien(…)
hier
On se plaît à imaginer la toupie en porcelaine vert céladon.
Plantureuse tubéreuse
Gardénia de haut en bas
Bonbon solaire
Si j’avais un double schizophrénique, ce dernier serait L’Heure Bleue.
Alors que je me promenais allégrement dans les rues bifurquantes de Paris, j’atteris (comme par hasard) sur les Champs-Elysées et mes pieds me font attérir (encore une action de la main de Dieu ?) face à la boutique Guerlain.
Ma première rencontre avec L’Heure Bleue s’est déroulée cette belle journée alors que le Soleil était encore à son firmament et qu’il tapait fort sur nos petites têtes.
C’était à l’époque où je ne connaissais pas aussi bien qu’aujourd’hui la marque, et ce parfum fut l’un des déclencheurs de ma fougue pour la parfumerie. Tout d’abord ce fut le nom qui m’a attiré vers cette bouteille arrondi, aux antipodes des flacons kitsch que l’on trouve chez Séphora et les autres. Cet aspect lisse, épuré en même temps mais gardant l’arrondi et ornant tout de même un coeur (une sorte de Chamade avant l’heure).
Bref, les pschit fatidiques ne se déclenchèrent dans les secondes suivantes.
Si je vous dit "Et là, toute la magie opère", ça fait métaphore de base employé par un vulgaire ado de base dans le cas d’une critique de base.
Non.
La réaction fut directemet la création d’une véritable entité. Elle m’a d’abord évoqué un après-midi d’été avec la famille, elle étant la fragrance qui parlait avec de véritables mots je vous le promet. L’été, la famille, l’après-midi. De fil en aiguille cette entité, mon "double schizophrénique" m’a sensuellement sussuré l’odeur de l’anis propre à ces moments où membres de la familles relatent autour d’un verre de pastis leurs vies respectives.
Ce dialogue entre moi et L’Heure Bleue s’est créé instinctivement entre mon nez et le parfum sans même que cela ne choquât (pas souvent qu’on emploie ce temps...) mon esprit carthésien.
Esprit qui lui-même est subjugué par l’Entité L’Heure Bleue. Elle me parle de l’enfance en tête mais évoque rapidement une foule de sentiments différents dans son coeur. Grâce à un mélange floral où je distingue une petite violette embaumé d’iris, mes sens s’éveillent et succombent alors entièrement.
Si avant je ne savais pas ce qu’était une crise de folie, maintenant je ne puis répondre affirmativement à cette question. Le côté poudré si intense du parfum m’a fait complétement tombé. Je me voyais enveloppé d’un châle lavande, fier, lumineux. L’iris embaume toute vie alentour. Je suis plongé dans ce champs de verdure (où coule une rivière ;) comme ne pouvant me détacher de cette imensité. L’Entité m’a engorgé dans ses plus profond méandre. Je suis une petite chose insignifiante dans une fente d’un meuble en chène. Et là, c’est là que je vois ce Soleil qui disparaît mais ce jour qui résiste. Cette Heure Bleue si pénétrante, moi qui ne suis rien dans la force tranquille du chêne, aux côtés d’un vieux rouge à lèvre à l’odeur entêtante poudré, ne parlant qu’à moi-même, plutôt à cette Entité.
L’Heure Bleue est le parfum m’ayant fait plongé dans ma plus forte émotion olfactive, m’ayant révélé une nouvelle partie de moi-même. Depuis, il fait partie de moi mentalement. Il est mon Entité à moi.