New-York
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Une étoile géante teintant la lactescence d’un champ de tubéreuses d’une lueur rouge orangé, comme une volée de pollen couleur de paprika.
il y a 7 heures
erratum : il s’agit du parfum Azzaro pour homme et non celui de Paco Rabanne(…)
hier
Merci pour vos reponses DomfromBe Bois brun et Farnesiano. Je porte l EDP et je conclus que j(…)
hier
Bonjour Emil, " Vertus spirituelles et apaisantes " : parfaite évocation de la magie du bois de(…)
Rose ecchymose
Nouvelle saison
Hélichryse de la cinquantaine
Bonsoir à tous, Opium, Petrichor, LeGaulois et Nicolaï... Héritage semble avoir veilli pour beaucoup d’entre nous mais ce parfum d’un autre âge ne porte-t-il pas bien son nom ?
L’héritage, la transmission et le partage de valeurs traditionnelles, anciennes oui, mais d’une certaine manière, éternelles. Comme si Jean-Paul Guerlain avait voulu réunir toutes les spécificités de son illustre maison au service de sa propre inspiration. On croule, en effet, sous le poids de cet héritage-là, une telle profusion de notes peut fatiguer (Trop de notes disait l’empereur Joseph II à Mozart suite à l’audition de l’une de ses compositions).
Hériatge nous offrait en 1992 un bouquet explosif d’épices et de bois précédé de notes fraîches et aromatiques comme on en fait peu aujourd’hui, en tout cas de cette manière, très Guerlain en somme. On retrouve d’abord cette si jolie bergamote, plus dorée que verte, typique des grands Guerlain, une lavande rutilante, de la sauge, de la coriandre (à mes yeux magnifique !), du poivre, quelques fleurs, rose, jasmin, oeillet et géranium s’épanouissant sur un lit, que dis-je !, un immense et somptueux lit de style renaissance, avec baldaquin et tout le tralala, un lit de bois variés : cèdre, vétiver, santal... et ce patchouli en majesté qui écraserait presque tout. De belles notes chaudes, ambrées et vanillées, mêlées à la fève tonka alourdissent encore l’ensemble mais l’empêchent de sombrer dans une impression de sécheresse ou de raideur classique et nous entraîne vers une étrange sensualité : ce n’est pas un oriental, c’est un Guerlain !
Début des années 90, paraissaient quelques futurs classiques : Pasha, Minotaure, Escada homme, le premier Kenzo, Egoïste, Voleur de roses, Insensé (lui aussi a veilli mais quel joli fleuri (sec) pour homme...). Pour dames, c’était une avalanche de réels chefs-d’oeuvres, indémodables : Angel, Spellbound, Dune, Champagne, Thé vert de Bulgari, Nuits indiennes, Ambre Sultan, Féminité du Bois ! Au sein de ce compagnonage, qu’est devenu aujourd’hui notre cher Héritage si ce n’est un vieux Monsieur, toujours beau et qui garde une certaine allure, à la fois farouchement indépendante et extrêmement stylée, altière, aristocratique mais cependant charmante : tant de souvenirs ancestraux s’y racontent, s’y déploient... A commencer par ceux de cette noble et veille maison qu’est Guerlain.
Eh bien, j’aime ce parfum même si je ne le porte plus guère. Là, ce soir, je viens de me pssschiter une dose de ma vieille EDT sur le poignet gauche et une dose d’EDP sur le droit. Mon EDT a veilli, les notes fraîches font penser à de l’immortelle qu’on a dû faire sécher après qu’elle ait malencontreusement été aspergée d’un jus de vieux citron. Le coeur a fané, il n’est plus que l’ombre d’un vieux bouquet mais le fond me plait encore. Quant à l’EDP, je reste baba devant sa remarquable évolution, lente et insidieuse, vers ce fond puissant, chaud et doux. Fond sublime qui pourrait à lui seul figurer dans la série L’Art et la Matière. Chez Guerlain, c’est toujours du grand art... et de quelle manière !
En écrivant tout ceci, je jette un coup d’oeil régulier sur mon élégant grand flacon factice de 200 ml (offert par un parfumeur local qui fermait boutique) et si brillamment dessiné par Robert Granal qui fut l’auteur de quelques autres grands Guerlain dont le regretté Parure...