Sables
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Inspiré du tableau La Neuvième Vague d’Ivan Aïvazovski, le parfum veut saisir la force silencieuse et humide du ressac, cette puissance contenue de l’océan en colère.
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Sous tes caresses
Aquarelle poudrée
Cuba libre
Bonsoir Hangten.
Pour ne pas être systématiquement celui qui annonce les mauvaises nouvelles, j’ai préféré ne pas intervenir auparavant.
Mais, oui, je te confirme bien que depuis plusieurs mois Sables a, au moins, changé de dilution.
Jicky a parfaitement explicité mon ressenti.
Je vais approfondir un peu.
Actuellement, dans sa nouvelle mouture, le problème a lieu surtout lors de la vaporisation.
Durant quelques instants, c’est comme si on avait rien vaporisé. A deux ou trois reprises, j’ai vérifié que la touche était bien humectée. Alors que, auparavant, on avait aucun problème à savoir si la touche avait été vaporisée ou non... ^^ Ici, on croirait L’Antimatière, qui est un parfum culte, mais totalement à l’opposé en termes de ressenti de ce qu’a été Sables.
Puis, après quelques instants, le parfum s’élève, mais clairement moins puissamment que par le passé.
Je crains que, à l’image du Vétiver devenu plus "poli" et moins expérimental dans sa nouvelle mouture "Cologne", Sables ait été lissé pour une "mise à jour" qui le rende moins vitupérant. Il faisait partie de ces quelques parfums très difficiles à "placer" chez Annick Goutal.
Moi aussi j’ai eu envie de hurler contre cela.
Comme on en a discuté avec Newyorker, s’il nous faut maintenant aller piocher des vintage rarissimes (puisque les productions sont moindres) des parfums de niche, on ne s’en sort plus.
La niche existe, ou plutôt, s’est forgée en partie avec l’idée d’un discours plus "vrai" et "sincère" dans lequel il ne devait y avoir que peu de place aux reformulations, sensibles de manière trop patente tout au moins.
Et, voilà que les maisons que nous préférons comme Goutal, Malle, Lutens et bien d’autres, sortent elles aussi les guillotines ! C’est lassant.
Mais, le souci que j’ai est la réflexion suivante : tout à fait personnellement, et cela ne peut bien entendu pas être généralisé, c’est que bien que possédant un flacon depuis trois ans, je ne le porte quasiment jamais car je ne me sens pas d’humeur à supporter Sables une journée complète. Voilà un parfum que j’admire dans son format passé, outrancier et exagéré, déséquilibré même, mais que je ne peux de ce fait pas porter.
En me faisant cette réflexion, j’ai été plus indulgent avec la nouvelle forme diluée de ce parfum maximaliste.
Il a gagné en harmonie, en équilibre. Et, il me paraît mieux se placer dans son sujet des dunes ensablées chargées d’immortelles. Auparavant, avec cette overdose de ces fleurs qu’on lui connaissait, il sentait plutôt la liqueur, les gâteaux grillés, la réglisse et le curry plutôt que les seules plages. ;-)
Mais, celles et ceux qui ont apprécié Sables, l’aimaient-il pour une tentative d’harmonie d’écriture ? Non, bien entendu, donc, comme pour Vétiver, je comprends tout à fait que certains soient (très) déçus...
J’en suis navré.
Mais, donc, je confirme bien la (malheureuse) réduction sonore importante de ce parfum.
Bonne soirée (malgré tout).
Opium