Eau de rhubarbe écarlate

par Nymphomaniac, le 8 mars 2016
la rhubarbe écarlate m’évoque un fruit inexistant, croisement hypothétique entre une grenade OGM et une groseille à maquereau ; sur la durée j’ai trouvé l’ensemble peu vivifiant, enrobé de fructose, avec un rendu artificiel, statique, un peu cheap (vs complexe et évolutif) et inapte à dégager la moindre effusion émotionnelle
le parfum fait également un peu élément aberrant dans une collection relativement homogène (la rhubarbe verte**** du premier aedes de venustas aurait davantage convenu…)
tenue et projection sortent également du cadre des autres colognes de la gamme, au sens où cela est ici nettement plus efficace, collant, résistant
la rhubarbe écarlate aurait pu donner lieu à un lancement à part, avec une concurrente de julia roberts et une énième vue sur paris by night, pour concurrencer avantageusement la vie n’est pas belle et proposer ainsi, dans les espaces publics, un sillage moins pénalisant pour les narines
le néroli doré, quant à lui, nettement moins artificialiste, m’a semblé, passé les toutes premières minutes, hélas bien plat, sans relief particulier, sans vie (à retester néanmoins) ; vain, il n’est pas désagréable, mais le qualificatif doré me semble peu approprié – l’eau de néroli séché me semble plus caractéristique dans le rendu
les deux choses sont assez antithétiques : le premier est presque exubérant et semble vouloir crier son insignifiance fondamentale, tandis que le second désire s’effacer au plus vite sans trop se manifester, n’ayant rien à dire de particulier – en ce sens, je crois que je le préfère, quand même
en comparaison de ce qui sort les deux choses ne sont pas moches mais ne font que s’ajouter à une masse gigantesque de parfums plus ou moins anonymes dont la fonction semble se limiter à enrichir continuellement la palette des déodorants du marché ou à apporter des variations sur un déjà-néant, la variation-déjà-néant constituant alors la chose érigée en nouveauté
il reste toutefois l’eau de narcisse bleu
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