Jeux de Peau : un petit déjeuner avec Serge Lutens

par Jean-David, le 2 mars 2011
En tant que critique musical, c’est la qualité de la composition et de l’interprétation qui m’importe en premier lieu. L’originalité a beaucoup d’importance, mais ne vient qu’en deuxième position pour moi. Certains artistes ont une ligne cohérente, suivent un sillon et apportent à chaque nouvelle oeuvre un éclairage nouveau sur leur univers, sans essayer de passer d’un univers à un autre. Cette démarche me paraît justifiée, même si j’aime, par ailleurs, être parfois déstabilisé. Il me semble que, dans le domaine de la composition olfactive, Jean-Claude Ellena est de ces artistes qui creusent leur sillon et approfondissent leur écriture, d’opus en opus ; Francis Kurkdjian aussi. (Pour autant, je n’aime pas le procédé du flanker, qui sent trop souvent la pure vénalité : souvent, ce n’est pas l’approfondissement ou la variation d’un thème, d’un motif de l’oeuvre précédante, mais une déclinaison sans imagination, ou un hors-sujet seulement soucieux de récupération d’un titre à succès). D’autres parfumeurs cherchent le changement permanent, et cela peut être une esthétique, mais elle n’est pas obligatoire !
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