Comme une fleur
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Une légende dit que le bois d’oud arriva au Japon porté par les eaux, et fut sorti du sable et du sel par des pêcheurs.
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Bonsoir, hélas non, je n’ai pas l’occasion d’aller à Paris, j’ai regardé sur le site du Printemps(…)
Accord intercontinental
Lavis en rose
L’encens sans l’église
Tout commence par le patchouli, un patchouli superbe, qui s’impose, en majesté, au-delà des agrumes pourtant vifs et séducteurs, ceux-ci ne semblant pas vouloir s’effacer tout au long de l’évolution. On est conquis par cette entrée en matière, franche, volontaire, sans l’ombre cependant d’aucune agressivité. Le ton est donné : c’est parfum stylé, racé même, qui semble faire référence aux chypres anciens, l’épaisseur en moins peut-être, et la complexité ? On hésite entre les mots fraîcheur et froideur tant l’humidité du sous-bois évoqué monte à nos narines et les fait irrémédiablement frissonner... mais c’est beau, profond, sincère et sans détour. L’ensemble accroche et on veut aller plus loin dans l’exploration de ce patchouli qui a si fière allure. La blancheur d’une fleur familière s’immisce dans ce vert-brun-gris sombre et presque mystérieux. Serait-ce la fleur d’oranger ? Peut-être, mais une fleur si finement dessinée qu’elle en devient abstraite, symbolique, mais rassurante. Ou plus exactement s’entrevoit comme un fil lumineux, vibrant, qui serait tendu entre le sol mousseux du sous-bois humide et la clairière vive du ciel, si brillant en cette fin d’après-midi de printemps, après une fine pluie, quand on se doit de porter encore une veste de fin velours ou un manteau léger. Mais ce sous-bois évoqué nous semble hautement civilisé : ce n’est pas la forêt profonde, obscure et menaçante des contes, c’est simplement le grand massif ombragé, et rarement exposé au soleil, d’un vaste parc urbain, le Parc Monceau en l’occurrence, que traverserait d’un pas souple mais décidé, la silhouette élancée d’une femme élégante, à l’allure libre, et à l’imperceptible sourire. Nous la suivons, nous l’observons savourer, humer la nature autour d’elle où toutefois elle ne s’attardera pas : un rendez-vous galant l’attend, que son parfum va sans nul doute auréoler de charme et de grâce, car s’y profile, suave et tout en douceur, le halo d’un grand chypre boisé où perce comme le souvenir de la reine des fleurs, la rose. Madame acceptera-t-elle la déclaration d’un soir qui lui sera faite tout à l’heure ? Nous l’ignorons mais nous nous réjouissons déjà du beau nuage parfumé qui enveloppera la conversation. S’est donc dessiné dans cette belle composition, comme une fleur, le spectre de la rose.
Merci à la Maison Delrae ainsi qu’à Auparfum pour cette magnifique découverte.