Auparfum

Le Mâle

17 mars 2013, 21:04, par Opium

Bonsoir à toutes et à tous.

 

Le Mâle avec A*Men lançait, dans les années 90, une nouvelle tendance de parfums masculins plus androgynes qui perdure toujours, et même plus que jamais, aujourd’hui sous d’autres formes (plus simples et au rendu souvent plus sec et "synthétique").

 

Moi, j’aimais bien Le Mâle auparavant car j’en aimais bien l’odeur tout bêtement : cette lavande réchauffée par un fond doux qui la rend plus fun, moins classique, plus ronde et chaleureuse. Cette odeur a priori simple mais à l’originalité évidente qui fait qu’aujourd’hui encore, on le reconnaît entre mille n’importe où ; enfin, s’il ne s’agit pas de l’une de ses quelques photocopies. Des photocopies "haut de gamme" tant en grande distribution personne n’a osé l’imiter du fait de son sillage trop facilement reconnaissable. Ah, si, y a bien le dernier truc de Lanvin, au flacon noir avec une bande bleutée-vert en son centre, je ne me souviens même pas du nom, mais, c’est la version "Light" du Mâle (lavande, menthe et coumarine douce réajustée). Ah, si, c’est Avant-Garde le nom, mais ça devrait être "Rétro-Grade" ! En revanche, on n’hésite pas à "lui rendre hommage", comme le veut le proverbe (comprendre "l’imiter" ou, au moins, fortement s’en inspirer), dans la parfumerie de niche (oui oui, Chergui et Antico Caruso, c’est bien vous que je pointe du doigt ! ^^).

 

Le Mâle est, effectivement, un peu daté aujourd’hui, comme le sont tous les parfums qui ont marqué les esprits durant suffisamment d’années. C’est le signe qu’il a été l’emblème d’une époque. Lui, il représente les "fougères de papa" des années 70-80, mais "... décomplexées et désinhibées par les fistons qui ont envie de fun" et de douceur (vanillée) dans les années 80-90. Jaïpur pour Homme, Minotaure, Opium pour Homme et Body Kouros sont issus de plus ou moins près de cette famille et de cette envie de masculins moins caricaturaux du "parfum du père".
Aujourd’hui, ce sont les parfums des années 90-00 qui deviennent typés de certains parfums un peu dépassés. Boss Bottled, Allure pour Homme et Armani Code qui signaient la sortie des trucs très sucrés vers des territoires plus orientaux et boisés, un peu plus en demi-teinte, mais toujours assez "doux", font "Parfums demi-ton" de transition comparés aux actuels nouveaux cartons, les "Hormonés testostéronés aux bois-qui-piquent" actuels.

 

Le Mâle, c’est la famille la plus virile de la parfumerie, les "fougères" - composées de lavande, géranium (qui sent entre autres la menthe), et coumarine (à odeur de colle Cléopâtre qui sent les amandes douces) -, qui subit une séance de distorsion, de torture moyenâgeuse, par les pieds et par la tête, pour en faire un objet androgyne. Dans ce numéro de contorsionniste, on prend la lavande aromatique entre amertume et douceur réglissée et la coumarine à odeur hésitant entre vanille et amande sucrée à laquelle on ajoute encore de la vanille, puis, on étire et gonfle le tout au maximum. Le pauvre géranium qui sent la menthe et donne le reflet du savon de barbier qui rappelle qu’on est un homme, "un vrai", et se trouve au milieu, est écrasé par compression. Et voilà comment on passe du parfum le plus typé masculin à un parfum féminisé. Sans vraiment modifier ce qui en compose la structure mais, plutôt, en modifiant surtout les proportions. Une petite rectification qui a un impact énorme.

 
Aujourd’hui, j’apprécie Le Mâle pour son intelligence de composition. Qui, en plus, fait un triple clin d’œil, dont je ne suis pas certain que son concepteur et son équipe en aient été conscients lors de son élaboration, comme c’est d’ailleurs souvent le cas dans un geste créatif, où le propos et l’intention ne se rejoignent que rarement finalement : au premier parfum masculin à très grand succès, Pour un Homme et sa lavande adoucie en fond ; à feu Moment Suprême de Jean Patou et sa lavande ambrée ; et au parfum le plus androgyne de tous (en dehors de Mitsouko), Jicky, le presque premier vrai parfum moderne avec de la lavande coumarinée douce et vanillINée, dont on n’a toujours pas décidé entre passionné(e)s si cette fragrance est réellement pour "elles" ou pour "eux", et ça, à plus de cent ans d’intervalle... #chapeaubas

 

Et puis, je préfère largement sentir la lavande vanillée du Mâle au lingot ou aux derniers Saint Laurent falots. J’apprécie beaucoup de sentir son sillage dans la rue, qui se fait plus rare au fur et à mesure que le "Bling en Toc doré" est préféré à la marinière bleue musclée .
Je n’avais jamais exprimé mon admiration pour Le Mâle alors que j’y pense depuis un petit moment, je profite de la discussion qui a été lancée et de ma réponse pour le faire.
Bon, j’en ai fini avec le micro "cours d’histoire de parfumerie de comptoir". ;-)

 

Mais, on lit souvent que "Le Mâle ceci, Le Mâle cela", or, de mon humble point de vue, en termes de fragrance, ce produit est réussi. Une réinterprétation moderne de parfums ayant déjà existé qui parvient à donner l’illusion d’une franche nouveauté.
Ayant beaucoup de succès, il pâtit probablement, au même titre que Angel, d’une exaspération de beaucoup quant à son usage fréquent et parfois nucléaire par certain(e)s (de ses "fans" qui, dépendants, "addicts", le tolèrent de mieux en mieux et "augmentent les doses" quotidiennes) et par des comportements de certain(e)s d’entre-eux, tape-à-l’œil et racoleurs, pour ne pas dire carrément "vulgaires" qui exaspèrent et rendent le parfum par association insupportable.
1 Million, lui, car il n’a ni la profondeur de champ ni le rendu souple ou naturel du Mâle est un "boisé "radouci" " juste gonflant sans charme aucun d’après moi après les deux premières minutes, à l’image des kékés qui l’arborent, en même temps que la casquette Gucci, la pochette Prada en bandoulière, la ceinture D&G à ceinturon monogramme gigantesque, et qui parlent fort à peu près partout. Ce n’est pas le cas du parfum Le Mâle, selon moi, qui possède des qualités intrinsèques que le "lingot en toc" ne possède pas. Je les compare tous les deux car ils visent le même public, les mêmes parts de marché d’un "parfum décomplexé qu’on remarque".
Je me demande si Dior Homme gonflera autant avec sa vanille et sa tonka douce à (très gros) succès... Peut-être pas, mais tout bêtement car il séduit moins un certain type de cientèle tapageuse exaspérante. Si le parfum est assez ostentatoire, pas trop ceux qui le portent dans ce cas-ci. Bleu lui, comme Eau Sauvage ou L’Homme, ne gonflera pas : pas seulement car le "porteur type" n’est pas exaspérant, plutôt "bien propre sur soi" (qui a dit "limite ennuyeux" ? ^^), mais, tout bêtement, car on ne le(s) détecte(nt) pas ! Donc, pas de dérangement possible ! [Cette pauvre Eau "Sauvage" qui rappelait l’écoulement de l’eau entre les pierres et la végétation dans la nature. Après son dernier rinçage, il faudrait la renommer "l’Eau de L’Eau" (comme chez Diptyque, elle ne rappelle plus, en l’état actuel que l’eau froide qui s’écoule d’un robinet et que les municipalités veulent bien nous octroyer ! #C’EtaitMieuxAvant #enrage ! ) ]
Je ne sais pas ce que je préfère ou plutôt, déteste le moins : un parfum qui m’incommode mais, au moins, tente d’assumer un peu de personnalité, même si elle est déséquilibrée et exaspérante (comme 1 Million, La Vie Est PûBelle, Miss Dior Chérie V1.0 (et sa tagada et son pop corn qui se faisaient remarquer, au risque de finir sur la cuvette des toilettes !) ou si, par lâcheté, je préfère un parfum falot insignifiant qui, au moins, ne me dérange pas car je ne le remarque pas (comme Bleu, L’Homme, J’adore qui a beau être le parfum féminin le plus vendu en France, n’est jamais détecté par mon nez, tout comme les deux autres d’ailleurs... [et, tant mieux !], ou... Miss Dior... ex-Chérie V57.234 actuelle devenue plus "harmonieuse" mais aussi totalement insignifiante et non-repérable...).

 

Vive certains parfums décomplexés parfois (et tant pis pour le bon goût dans ce cas, mais, ne cédons pas tout à la totale absence d’élégance malgré tout...) !
A bientôt.
Opium

 

PS : Et, moi, je constelle d’étoiles ce Mâle car je ne cède pas au jeunisme, que j’l’aime bien et que... Je préfère un milliard de fois ça dans les rues plutôt que 1 Million dont j’en ai vraiment marre de le sentir s’imposer à mon nez, et l’assècher, en me vrillant les naseaux pire que du décapant, tout cela une demi-douzaine de fois par jours, avec sa structure pauvre qui n’a rien d’intéressant à raconter... Enfin, à part la "menthe sauvaaaaaaage" ! #déjàculte ^^

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