Auparfum

Jour

27 décembre 2012, 21:05, par Opium

Bonsoir à tou(tes).

 

Je vais m’immiscer dans la discussion intéressante qui a eu lieu ici si vous me le permettez... *se glisse dans la conversation sans attendre la réponse*

 

Je ne sais pas quoi penser de ce parfum qui me laisse mi-figue mi-raisin.
Lors de la présentation que l’on nous a fait, à Jicky et à moi au Printemps, un bouquet "mille fleurs où on n’en sent plus aucune en particulier" a, ainsi, été relaté.
Or, s’il évite l’écueil de l’assouplissant, néanmoins, ce bouquet floral blanc protéiforme ne parvient pas à me faire oublier l’univers des produits parfumés pour l’entretien de la maison tant les produits ménagers, détergents et divers désodorisants d’intérieur ont usé et abusé des thèmes vagues des "brises d’air pur", "corbeilles de printemps" et autres bouquets floraux flous et indéfinis qui sentent l’idée, la conceptualisation de la fraîcheur, de la pureté et de la nature, plutôt que les éléments concrets réels qui composent ces concepts. Pourtant, j’imagine à quel point la marque et le parfumeur ont dû être soucieux d’éviter de faire penser à "du fonctionnel". Cette association, que je déteste, quand il s’agit de qualifier un muguet hors des jardins de "bombe à WC", je ne parviens pas à m’en défaire avec Jour.

 

Pourtant, par moments, ce bouquet, entre magnolias, lys et pivoines mouillé(e)s, me paraît joli, seyant, romantique. Mais, globalement, moyennement intéressant. Quitte à faire le choix d’un joli bouquet floral, comme l’a conseillé Jicky, autant se diriger vers les "Goutaux" qui parviennent mieux à allier une certaine transparence romantique avec, malgré cela, une bonne pincée de personnalité. (Petite Chérie pour une poire flagrante, pas si évanescente qu’on n’est pas bien sûr de l’avoir sentie, Un Matin d’Orage pour l’effet floral blanc détrempé, l’Eau de Camille pour la verdeur naturaliste...) Et, si j’osais, je dirais, après l’avoir trouvé trop commun, que finalement, des trois "floraux lisses" ou "floraux cristallins" si on le dit positivement, ou "floraux shampooings ennuyeux" si on est moins sympa(s), je dois reconnaître une certaine beauté à Chance, de loin, pour moi, le "plus intéressant des floraux inintéressants"... #provoc’

 

Ce parfum, plutôt concensuel, semble viser une victoire facile comme objectif, comme Bleu pour les parfums masculins il y a deux ans. Mais, à une époque où J’adore grapille toujours plus de places dans les ventes (il est bien en première place des ventes dans tous les Sephoras de Paris au moins, comme voulu, peut-on supposer), faire le choix de ce type de sortie ne me paraît pas vraiment surprenant.
Une conseillère, au Sephora des Champs-Elysées me le confirmait lundi dernier. Les "parfums féminins d’avant sont trop, il faut quelque chose de plus facile d’accès". Voici le produit d’appel en termes de parfums. #lamesseestdite
Le floral lissé transparent surexposé qui est énervant chez Dior, dont ce n’est pas la signature olfactive maison (qui était représentée par des chypres jusque dans les années 70, puis, est devenue marquée par un certain nombre de florientaux (humides et/ou verts) sur fond de patchouli ambré depuis les années 80), est logique pour le sellier historique, dans la continuité de ces dix dernières années, où haïkus et aquarelles sont devenu(e)s les œuvres récentes de la galerie d’exposition Hermès.

 

Après une déception qui perdure encore un peu, j’en ai été amené à penser la chose suivante : la gamme Hermès est cohérente. Il y a un "labo", les Hermessences, plus pointues, plus expérimentales, et plus chères ; les "invitations au voyage au travers de jardins" et des "colognes". A côté de cela, une collection régulière "vitrine", mainstream donc, qui profite des expériences menées ailleurs (In Love Again, Rose Ikebana, Un Jardin sur le Toit, Iris Ukiyoe...) en exploitant les dénominateurs communs des œuvres passées, les plus appropriables par le plus grand nombre. Pas d’innovation, mais, ce n’est pas le lieu pour ! Après le semi-échec de l’assez signée rose humide cuirée Kelly Calèche, pas étonnant que ce "Jour" ressemble un peu à d’autres créations, dont Vanille Galante (Si si, il y a un moment ou le "mille-fleurs" se fait "pétales de lys humide"... D’ailleurs, c’est ce moment-là "du" Jour , quand l’aura de Beige (<3) émerge, que je le préfère, vers 18 heures, en fin de course...), mais, sans son parti pris clivant (verdeur et gras marqués de la "vanille" qui n’en n’est pas une). D’ailleurs, en sus de Chance, je conseillerai bien aussi Beige avec quelques "Goutaux"... [Désolé Jicky ! ^^]

 

Là est le problème aujourd’hui, le même dont il a été question à propos de Manifesto. Un "bon"parfum s’évalue-t-il aujourd’hui par défaut, par manque de substance, ou par trop plein de tares des concurrents ? Autrement dit, en gros, un "pas si mal" est-il déjà satisfaisant ?On échappe ici au sirop et au sucre glace, ce qui nous permet déjà de nous sentir pas si malheureux et orphelins comme l’a très bien souligné Newyorker...
Malgré tout, à être trop indéfini et indistinct, trop immatériel, trop protéiforme, à être trop de tout, ce bouquet est plein, pour moi, de trop de "pas assez", il se fait trop flou et vague. Disons que ce Jour, s’il est lumineux, me paraît être un jour un peu trop couvert et brumeux pour réellement en profiter.

 

Voilà pour mes divagations... ;)
Merci à vous pour vos interventions, elles m’ont inspiré.
Bonne soirée.
Opium

 

Ps : Je suis juge et parti, j’en veux peut-être un peu à Jour de manquer de "cojones", si ce n’est par la présence d’une odeur de coques sur certaines peaux, dont la mienne comme l’a déjà révélé Jicky. Vous savez, ces petits coquillages à la langue jaune, plus petits que les palourdes. Probablement est-ce un effet de l’humidité un peu saline. Mais... Étrange ! C’est très "Bof !", je sens la palourde et les coques avec Jour ! Si je voulais cela, je porterais l’Eau d’Issey ou Rem... ^^

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