Nuit de Noël

par Yohan Cervi (Newyorker), le 26 décembre 2013
Bonsoir mon cher Koimynose !
Merci beaucoup pour tes impressions ! Et oui, je suis fasciné par la plupart des parfums de cette maison. Et puis quels noms ! Quels flacons ! Quand je vois par contre qu’aujourd’hui on a droit à Yuzu man, je suis quelque peu déprimé. J’espère en tout cas réussir à transmettre mon intérêt/ma passion pour ces créations, qui, dans leurs formules d’origine (et parfois sous leurs formes actuelles comme c’est le cas de Nuit de Noël) sont des merveilles de poésie, d’une rare richesse olfactive. Ce sont des parfums profonds, complexes, parfois chargés (ce qui peut déplaire, je le comprends, keur keur Jicky), souvent baumés et poudrés, chauds et riches. Ce ne sont pas vraiment des parfums du quotidien, ils n’ont pas été créé dans ce sens de toute manière (Bon, nous autres perfumistas sommes au delà de ce genre de considérations ;) ). Ernest Daltroff était un autodidacte comme François Coty, mais tandis que ce dernier destinait ses créations à la petite et moyenne bourgeoisie, Daltroff créait ses parfums pour l’aristocratie et la haute bourgeoisie des grandes villes européennes et américaines. On ressent cet esprit riche, ultra luxueux et sophistiqué dans la plupart des créations de la maison jusqu’aux années 40, lorsque Daltroff est obligé de fuir à New York du fait de sa judaïté, pour y mourir finalement en 1941. Donc pour Nuit de Noël, je perçois tout à fait cet esprit (comme dans Le Tabac Bond et Le Narcisse Noir par exemple), mais je l’interprète et me l’approprie de manière complètement différente (j’ai pas franchement envie de me sentir dans la peau d’une duchesse en route pour l’Opéra de toute manière, c’est moyennement mon délire). C’est un parfum qui me touche beaucoup, qui m’émeut et m’accompagne dans ces moments intimes, et qui me rappelle ces soirées et nuits d’hiver passées à la campagne avec les gens que j’aime. Et effectivement, c’est pour moi un des parfums les plus complexes de la maison, car je n’y entre jamais par la même porte, la même facette, et comme les grands Guerlain que je connais par cœur pourtant depuis l’enfance, je le redécouvre constamment. Il s’agit vraiment de ce que j’appelle un parfum bienveillant, qui n’est pas aussi difficile à apprivoiser qu’un Tabac Blond, un Poivre ou un Narcisse Noir, qui vous berce avec ses baumes et ses notes poudrées (comme En Avion, Farnesiana et les Pois de Senteur de chez Moi), avec juste ce qu’il faut de piquant pour ne pas tomber dans le parfum "cocooning".
Ah, le parfum Rose de 1949, qui s’appelait à l’origine La Fête des Roses et qui était présenté, pour son modèle grand luxe, dans un magnifique flacon doré à l’or fin, je ne l’ai malheureusement jamais senti. Je l’ai loupé de peu d’ailleurs lors d’un salon de flacons de parfum. J’avais repéré un flacon de la Fête des Roses et juste avant que j’arrive au stand, y’a une dame de chez LVMH qui a demandé au vendeur de lui racheter le jus. Comme seul le flacon intéressait le mec, il lui a vendu pour une bouchée de pain. J’ai failli m’arracher les cheveux, qu’elle retourne plutôt reformuler pour la 13ème fois le Miss Dior Chérie et qu’elle me laisse ces vieilleries !
A bientôt !
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