Auparfum

Sauvage

29 août 2015, 09:16, par OPomone

Bien sûr qu’il se trouve un grand nombre de gens - certainement une majorité - qui préfèrent :
- la purée Mousline à l’écrasé de pomme de terre
- Mireille Mathieu à Edith Piaf
- André Rieu à Isaac Stern
- Jeff Koons à Frida Kahlo
- Justin Bieber à Jeff Buckley
- Sauvage à Eau Sauvage.

Et c’est parce que ceux qui préfèrent les premiers aux seconds sont plus nombreux que Sauvage sera un succès commercial, quoiqu’il arrive et quoique les esprits chagrins puissent dire ou écrire, ici ou ailleurs.

La cible marketing de Sauvage, c’est celle-ci, celle qui se devine à travers le portrait en creux que je viens d’esquisser, celle à propos de laquelle Luca Turin avait plaisamment ironisé dans l’un de ses éreintements. Inspirée certes par un autre parfum, cette critique au vinaigre semble viser Sauvage par anticipation, tant elle lui sied comme un gant :

"There is a wonderful word in French that denotes an average specimen of the male of the species : beauf’, short for beau-frère, i.e. ’brother-in-law’. This is his fragrance."
{}

Sauvage est nu, le voilà percé à jour. C’est le parfum des beaufs, les beaufs de tous les âges et de tous les pays. Et, croyez-moi, ça fait un paquet d’hommes !

Alors oui, je sais, on est toujours le beauf de quelqu’un. Et je suis sans doute celui de mon voisin. Mais j’aime à me figurer que mes goûts me distinguent du premier beauf venu. Que voulez-vous, je n’y peux rien, pour moi Sauvage a ceci de commun avec la purée Mousline, Mireille Mathieu, André Rieu, Jeff Koons ou Justin Bieber, qu’il ne me parle pas, qu’il ne m’évoque rien, qu’il ne provoque en moi aucune émotion, aucun trésaillement, aucun souvenir.

Rien, le vide, le néant absolu. Ou plutôt non, Sauvage éveille quand même quelque chose en moi, une sensation primaire, rudimentaire qui ressemble à du dégoût, à une légère nausée.

Alors snob, moi ? Oui, trois fois oui, et d’ailleurs j’aimerais dire à M. 5 ascèses que

J’suis snob... Foutrement snob
Tous mes amis le sont
On est snobs et c’est bon (...)
J’suis snob... Encor’ plus snob que tout à l’heure
Et quand je serai mort
J’veux un suaire de chez Dior !

Et puis non, finalement, pour le suaire, je prendrai pas un Dior. Na !

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