Auparfum

Sentir et ressentir : voyage (mal) organisé au cœur des odeurs et des arômes, sur France 3

8 novembre 2019, 17:14, par Arnaud Gobin

Madame Doré,

J’ai écrit hier à une certaine « Nymphomaniac » (autrement plus désobligeante, fantasques et déroutante que vous, et qui semble au passage continuer à tourner en rond sur sa petite piste de danse au rythme de son lapin tambour comme une enfant capricieuse) que je ne souhaitai plus m’exprimer sur ce forum. J’ai bien hésité, mais votre aimable retour m’incite à y remettre le bout d’un orteil pour la dernière fois assurément, du moins sur ce sujet.

Soyez assurée que je ne me suis nullement senti blessé par vos critiques La télévision est un milieu particulièrement redoutable (voire impitoyable) où l’on perd vite la fraicheur de ses névroses. Mon égo s’y est donc largement émoussé avec l’âge et l’expérience. Comme je vous l’ai écrit, vous avez parfaitement le droit de ne pas aimer ce documentaire imparfait (comme beaucoup d’autres personnes très surement). Les films de cinéma, les romans, les pièces de théâtre, les œuvres artistiques, les parfums, les musiques ou la gastronomie font rarement l’unanimité et c’est tant mieux. Cela atteste de manière salutaire de la richesse de nos différences de goût et de pensée. Comme je suis d’une nature plutôt pronoïaque et que j’ai le cuir bien tanné, il n’y a aucun orgueil ou blessure d’amour propre dans ma réponse. Comme je vous l’ai dit et quoi que vous en doutiez, j’ai toujours accepté avec humilité les critiques de mes films ou de mes romans. Je ne suis assurément ni un réalisateur ni un auteur de génie, à peine un modeste et humble artisan dans ces domaines. Mais les critiques ne valent que si elles sont honnêtes et non revanchardes, précises et non méprisantes, renseignées et non fantaisistes ou hors de propos, sinon elles valent bien moins que les créations qu’elles dénigrent et en deviennent alors indignes. Comme ce ne fut heureusement pas du tout le cas de votre article (contrairement à d’autres messages), je souhaitais juste apporter quelques corrections à certains de vos commentaires qui m’ont semblé parfois très éloignés de la réalité ou erronés (voire parfois un peu cocasse), sans pour autant remettre en cause vos propres compétences dans le domaine de la parfumerie, cela va de soi.

Ceci étant dit, je conçois difficilement que l’on puisse dire d’un documentaire qu’il est « sans aucune intention ni idée de réalisation, de scénario, de fil rouge ou d’angle » donc écorner sévèrement les fondamentaux mêmes du travail de réalisation et affirmer ensuite ne pas remettre en cause explicitement les compétences dudit réalisateur. Voilà une pirouette en double salto arrière un peu difficile, voire dangereuse, à exécuter, ne trouvez-vous pas ? (C’est surement pour éviter les accidents de ce type que l’on impose les filets de sécurité dans les numéros de trapézistes). Je laisse cette remarque à votre réflexion.

Cela restera peut-être un point de désaccord entre nous, mais non tout le monde ne peut pas tout critiquer. La critique est un vrai métier accompli par des journalistes spécialisés ou des experts de la question. Les critiques de cinéma ne font certes pas de films, mais ils ont pour la plupart fait de longues études de cinéma ou de sémiologie de l’image, idem pour les critiques de théâtre qui n’ignore rien du travail de comédien et connaisse parfaitement les rouages de la mise en scène, idem pour les critiques d’art, de programmes TV ou de musique. Votre expertise en matière de parfums (voire même votre simple ressenti de spectatrice grande consommatrice de documentaires) vous donnait sans réserve le droit de critiquer à votre guise le fond de ce film puisqu’il aborde en plus votre domaine de compétence. En critiquer aussi sévèrement la structure filmique comme vous l’avez fait (plus durement que le fond d’ailleurs) est, en revanche, à mon sens plus contestable. Vous pouviez parfaitement désapprouver la partition du compositeur sans affirmer pour autant que les musiciens jouaient faux (un film est un travail collectif) et que le chef d’orchestre ne savait pas battre la mesure. (Aucun de mes précédents films, ayant fait l’objet d’articles dans la presse généraliste ou spécialisée, n’ont jamais été ainsi critiqués sur la forme).

Quant aux anonymes Fouquier-Tinville d’opérette qui trainent leur ennui ou leur prétention sur les forums en déversant leur fiel ou leur état d’âme, souvent plus par provocation égotique que par souci d’échanger, j’ai clairement exprimé ce que j’en pensais dans ma réponse à cette chère « Nymphomaniac ». Comme à une réunion fratricide chez le notaire, ils continuent d’ailleurs de me livrer à l’inquisition en se revendiquant orgueilleusement comme les légataires universels de Fragonard ou d’Edmond Roudnitska (Olivier Maure qui gère désormais le domaine de Sainte Blanche et qui en est, lui, l’héritier légitime a pourtant été dithyrambique sur les qualités de ce film). Ils se rependent en acrimonie désobligeante, déçus que je n’aie pas réalisé le film critique et élitiste qu’ils attendaient, faignant de pas comprendre ou méprisant l’approche du sujet qui était le mienne. Mais je conçois qu’il soit pour certains difficile d’apprécier un polar ou un western quand on est amateur que de films d’auteur bulgares. Est-ce pour autant une raison de cracher sur les polars et les westerns ?...

Contrairement à beaucoup, qui se gaussent et méprisent ouvertement ou implicitement ce média populaire, je respecte de manière indéfectible les chaines du service public et leur panel de téléspectateurs. A la télévision nous devons séduire, informer ou distraire un large public très éclectique (quelle tâche vulgaire ! n’est-ce pas ?). Les films sur les conflits guerriers ne sont pas destinés aux seuls militaires, pas plus que les documentaires animaliers ne sont portés à l’appréciation des seuls étudiants de Maisons-Alfort. Ce film réalisé, avec un cahier des charges contraignant et un budget très modeste, n’était donc pas exclusivement destiné aux experts autocratiques de la parfumerie, mais au public très particulier de France 3 (ceci explique peut-être pourquoi à ce jour, personne sur votre forum n’ait osé, contredire les louves aux canines découvertes en défendant un tantinet ce doc). J’estime avoir atteint (largement en termes d’audience) l’objectif qui m’était assigné. C’est pour moi l’essentiel.
Ainsi, quoi qu’en pense les professionnels ou les amateurs avisés (ou pas) qui visitent votre site ou lisent vos publications, convenez que je me satisfasse bien plus des avis élogieux des intervenants (de qualité) qui ont contribué à la mise en œuvre de ce film, de ceux de mon producteur et surtout de ceux du diffuseur France Télévisions qui m’accorde sa confiance et me reconnait un savoir-faire acquis depuis un quart de siècle sur plus d’une trentaine de documentaires à mon actif (à la télé, surtout quand on est intermittent du spectacle, la médiocrité ou l’incompétence pardonne bien moins que dans la parfumerie , semble-t-il).

Pour conclure, je tiens à préciser que le terme « microcosme » que j’ai employé n’avait dans mon esprit rien d’indélicat. Convenons là aussi, par modestie, que mes 175 000 téléspectateurs tout comme vos 150 000 visiteurs/mois, même s’ils sont un nombre non négligeable, ne constituent néanmoins qu’un « microcosme » au regard des 67 millions de nos compatriotes.

Voilà, madame Doré, je vous abandonne très respectueusement sur ce dernier message. N’étant pas non plus graphomaniaque, ces rédactions sont trop chronophages et pour tout dire trop désespérantes à mon goût. Comme vous le constaterez certaines contributrices confondent la réponse que je vous ai faite avec celle adressée à une autre et s’interdisent de voir le film en raison de la nature « détestable » de mes arguments (là, franchement, on touche le fond et me donne envie de répondre poing levé comme Maurice Piala raillé sous les sifflets à Cannes, madame, « Si vous ne m’aimez pas, je peux vous dire que je ne vous aime pas non plus »). Ces pseudo échanges sont vite devenus un défouloir brouillon et sulfureux, une chasse à courre d’amazones en terrain boueux dont je ne veux pas être le gibier. Puisqu’on me reproche d’essayer de défendre ce film avec autant d’opiniâtreté que d’autres s’emploient à le vomir avec un sectarisme hallucinant (malgré tout fort révélateur d’un point de vue sociologique), je ne souhaite plus m’exposer en chemise et la corde au cou au jugement stalinien de certaines de vos lectrices que j’abandonne bien volontiers à leurs réflexions mandarinales (même si certaines d’entre elles, peut-être dévorés par leurs frustrations n’ont sans doute jamais tourné que des films de famille avec leur smartphone et qu’elles ne regardent presque jamais la télé). J’ai le montage d’un nouveau (mauvais ?) film à préparer. Comme il ne parle pas de parfums ni d’arôme, j’ai au moins l’assurance sereine qu’il ne sera pas cloué au pilori avant d’être livré au bucher des Torquemada masquées qui s’invitent sur votre site au demeurant fort instructif pour un béotien comme moi (malgré ma brève intrusion dans votre inexpugnable univers) et sincèrement d’une irréprochable qualité éditoriale.
Je le consulterai encore régulièrement (comme je l’avais fait en préparant mon film) pour enrichir mes connaissances dans ce domaine et constater au passage, si (dans la foulée des passionarias exaltées de la parfumerie qui osent parler « d’avis personnel, sincère, éclairé et étayé », en m’invitant au « fair-play » alors qu’elles s’en dispensent totalement par la virulence de leur propos), quelques employées de chez Marionnaud ou Sephora ne se sont pas à leur tour senties obligées de se payer la tête d’un réal de télé en déversant leur reflux gastrique sur un pauvre petit film qui ne méritait surement pas de déclencher autant de foudre et de subir autant d’opprobre.
Bien cordialement
Arnaud Gobin

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