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Pionniers de la parfumerie de niche : Goutal Paris, la passion poétique

par - , le 17 août 2020

Nous sommes en 2020, une belle occasion pour faire un tour d’horizon des marques de parfum de niche créées il y a plus de 20 ans...
En 1981, Annick Goutal ouvre une boutique rue Bellechasse à Paris et lance Eau d’Hadrien, une cologne délicate à contre-courant des tendances de l’époque.
État des lieux objectif à travers les filtres de « l’indépendance », la liberté de création, la qualité et la fidélité des parfums, le positionnement, le déploiement, les prix et, surtout, l’esprit.

Naissance :
Après une formation de parfumeur à Grasse, Annick Goutal, ancienne pianiste et mannequin, ouvre sa première parfumerie rue Bellechasse à Paris en 1981, avec deux créations signées avec Henri Sorsana : Folavril et Eau d’Hadrien, qui seront suivies de l’Eau de Camille et Passion en 1983.

Indépendance :
Les parfums Goutal appartiennent depuis 2011 au groupe coréen Amore Pacific, après être passés par le fonds d’investissement Starwood Capital qui avait racheté le groupe Taittinger en 2005. En 2012, Brigitte Taittinger, présidente des parfums Annick Goutal pendant 20 ans, quitte le groupe. En 2018, la marque change de nom pour s’internationaliser, en vue notamment de son arrivée sur le marché chinois (une boutique a ouvert à Hong Kong en 2019). Flacons et packagings sont modernisés, et la boutique historique de la rue de Castiglione est rénovée.

Direction de la création parfum :
Annick Goutal, puis Isabelle Doyen et Camille Goutal.

Parfumeurs :
Initialement Annick Goutal, en collaboration avec Henri Sorsana, puis avec Isabelle Doyen depuis 1985 avec Vétiver. Après la disparition de la fondatrice en 1999, Isabelle Doyen compose avec Camille Goutal depuis Songes en 2006. La collection « Oiseaux de nuit » - Tenue de soirée (2016), Nuits et confidences (2017), et Etoile d’une nuit (2019) - a été confiée à Mathieu Nardin, sous la direction artistique d’Isabelle Doyen et Camille Goutal. « Nous l’avons guidé pour conserver l’ADN de la marque pour cette collection un peu à part », explique cette dernière. Le tout dernier lancement de 2020, Le Temps des rêves est signé Mathieu Nardin et Julie Massé.

Positionnement prix :
Eaux de parfum : 75 euros/30ml, 102 euros/50ml, 150 à 190 euros/100ml
Eau de toilette : 63 euros/30ml, 87 euros/50ml, 125 euros/100ml
Eaux sans alcool : 84 euros/100ml
Le produit le moins cher : Recharge gel lavant mains 19 euros/300ml
Le plus cher : L’Eau d’Hadrien en flacon de verre de Murano, en édition limitée à 60 exemplaires, 2000 euros/200ml

Maintien des classiques :
Ce soir ou jamais, Sables, Petite chérie, Heure exquise, Grand amour, Eau du Sud et Gardenia passion font partie des créations d’Annick Goutal toujours présentes.
Ont en revanche disparu des linéaires : Eau du fier, Eau de Camille, Eau du ciel, Mon parfum chéri, Folavril, Vétiver, Tubéreuse, Quel amour !, Vent de folie, Eau de lavande, Myrrhe ardente, les Colognes Vétiver, Eau d’Hadrien et Néroli, Mandragore, Les Nuits d’Hadrien, Le Jasmin, Le Mimosa, Le Muguet, les « Absolus » (1001 Ouds, Ambre sauvage, Vanille charnelle, Rose oud).

Best-seller :
Eau d’Hadrien

Diversification de la marque :
Certaines références sont déclinées en lait, crème, huile pour le corps et gel douche. Une ligne maison a été lancée en 2018 avec des jolies bougies, des diffuseurs « bâtons » et papier, en forme de boule dépliable. Une gamme de trois crèmes pour les mains a été créée en 2019 ainsi que des gants parfumés avec Étoile d’Une Nuit.

Présence internationale :
La marque possède des boutiques en propre en France, aux États-Unis, à Dubaï et à Hong Kong. Elle est également présente dans des corners en France, en Europe, en Russie, au Moyen-Orient (Dubaï, Qatar, Bahreïn, Koweït), en Asie (Japon, Corée du sud, Hong Kong, Malaisie, Singapour, Philippines), aux États-Unis, en Australie.

Derniers lancements :
Étoile d’une nuit par Mathieu Nardin (2019) un joli floral poudré dans la collection « Oiseaux de nuit », et Le Temps des rêves (2020) signé Mathieu Nardin et Julie Massé.

Photographie : Annick Goutal dans son laboratoire, ©Goutal Paris

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par , le 21 août 2020 à 21:44

Je me permets d’ajouter Maison Godet qui fait de magnifiques créations. Leur dernier parfum Éclosion d’amour est une merveille !

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par , le 22 août 2020 à 06:30

Bonjour Bluebell, bonjour à tous,
J’adore Folie bleue que la Box nous a permis de découvrir. Je suis ensuite allée sur le site de la Maison Godet, bien décidée à poursuivre ma découverte en leur commandant les formats échantillon. Quelle n’a pas été ma déception de constater qu’ils sont tous vendus par trois, dans des formats 1,5 ml, certes dans de très jolis coffrets, composés par famille olfactive, mais au prix de 18 euros ! Bref, moi qui voulais tous les découvrir, cela me serait revenu .... à 96 euros ! J’ai demandé par mail s’il n’était pas possible d’avoir un coffret unique de tous les échantillons à un prix plus raisonnable. Hélas pas de réponse. Cette politique de prix de la maison Godet est d’autant plus regrettable que leurs flacons ont eux des prix relativement corrects. Leur politique commerciale est donc complètement sabordée par le prix totalement déraisonnable des échantillons. Si celui-ci décourage l’essai, comment la Maison Godet peut-elle faire connaître et donc vendre ses parfums ? Voilà un bien mauvais calcul et j’espère qu’ils corrigeront le tir. Pour ma part, je n’ai finalement commandé aucun échantillon et reste sur ma Folie bleue que j’adore et dont j’ai acheté sur le Site d’Auparfum un flacon.

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par , le 22 août 2020 à 11:37

En effet cela fait cher pour des échantillons, pour ma part j’en avais commandé un lot de trois et il y a un bon de 19€ déductible sur la prochaine commande (que j’ai donc utilisé pour l’achat d’un 100ml). Et ensuite quand on commande un parfum , on reçoit gratuitement 3 nouveaux échantillons (on peut préciser ceux que l’on veut normalement), la créatrice est très accessible par instagram ou par téléphone pour nous conseiller .

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Chanel de Lanvin

par , le 21 août 2020 à 10:40

Bonjour,en parcourant les réactions,je constate une chose,certaines grandes marques ont eu leurs temps,leurs apogées comme on dit,mais à présent c’est fini.
Si elles sont encore d’actualités c’est grâce à des nostalgiques qui s’accrochent à leurs souvenirs,il faut tourner la page.
Le marché du parfum est vaste,très vaste même,il ne faut pas avoir peur de s’aventurer et de faire des découvertes,ne dit-on pas que le pouvoir olfactif des parfums nous fait voyager ?
Hors je ne pense pas que ce soit le cas pour beaucoup,avec le récent Beaufort London,aucunes réactions,comme si l’article serait transparent,par contre si on évoque Goutal comme c’est le cas ici,où d’autres grandes marques très connues,on y vient avec sa petite cuillère.
Les clichés ont la vie dures,mais aussi nos habitudes,et c’est là qu’il faut élargir ses horizons.
Mon pseudo se veut ironique sur cette culture olfactive dans sa parfaite évolution.

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par , le 21 août 2020 à 11:39

Bonjour,
Sur le fond, je vous donne entièrement raison.
D’ailleurs, je trouve que le parfum est plus un produit de consommation qu’autre chose. Et de longs échanges ont, par le passé, opposé cet avis aux partisans de la création artistique pure et dure. Comme souvent, on voyage entre les deux pôles.
Toutefois, en grand rigide réfractaire au changement... Perdre mes repères n’est pas une expérience agréable pour moi.
Il y a des marques que j’ai tout simplement abandonnées (YSL, Dior, Caron, Patou...) et certaines que j’ai découvertes "sur le tard".
J’achète encore mes chères vieilleries (N°5). Je découvre que finalement certaines nouveautés ne sont pas si moches (Coco Noir). Et, à l’occasion, je prends d’autres chemins, puisque je suis devenu inconditionnel de La Bibliothèque pour l’automne et l’hiver.
 ;-)

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par , le 21 août 2020 à 14:04

La Bibliothèque ....le classique de chez Nez Zen,sans oublier Niwa que j’aime beaucoup,voila un créateur qui sort du lot.
Puis chez nous en Belgique nous avons également à Bruxelles pour des créations sur mesures ’l’Antichambre ’,ensuite toujours sur Bruxelles pour des parfums sélectifs : Beauty by Kroonen,pour leurs patchoulis ’Les Ecuadors ’ et d’autres fabrications maisons,sans oublier ’ Senteurs d’Ailleurs ’.
Sur Anvers une bonne enseigne comme ’ La Maison du Parfum ’ et retour à Namur avec ’ Liquides Confidentiels ’ et ’ Guy Delforge ’ pour son Carré Blanc.
Prochainement je vais tester chez JULY OF ST BARTH,marque fondée par Juliette Espinasse Dubois en 1989 dont elle vient de fêter ce mardi 18 août ses 30ans de créations,son Patchouli Forever et Oud Mystérieux.
Elle à été decorée en 2019 Ambassadrice des Arts et de la culture à l’hotel Georges V de Paris .
Pour finir,sur Paris 2 bonnes adresses également dans les parfums sélectifs : ’ Jovoy Parfums Rares ’ et ’ Nose ’ .
Sur Grenoble,découverte récente de ’Première Avenue ’.
Que du choix,de découvertes et d’aventures olfactives en perspective,pour oublier les < Dior de Guerlain > etc.....

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par , le 21 août 2020 à 14:36

Et Galeries royales, les Néréides proposent aussi deux patchoulis sympathiques et un Opoponax qui me plait beaucoup en automne, comme alternative à Shalimar ou Eau lente.

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par , le 21 août 2020 à 14:44

Oui Les Néreidess,pardon pour cet oublis,leurs Patchoulis est extraordinaire.

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par , le 21 août 2020 à 14:39

Puisque vous avez évoqué la Belgique, je tiens à vous dire que les belges ou les créateurs de mode qui ont été formés en Belgique sont mes préférés. Des Six d’Anvers (Ann Demeulemeester etc.) à Haider Ackermann et Véronique Leroy, c’est la mode dans laquelle je me reconnais le plus. C’est moi à 100% même si je ne porte pas que ça.
Je connais très bien Jovoy, mais honnêtement à peine rentrée dans la boutique j’ai hâte d’en sortir. On sature vite, trop de petites marques inconnues au bataillon, le nez est vite saturé, fortes odeurs de mélanges d’ouds qui vous agressent. La dernière fois j’ai testé L’Âme Perdue de Le Galion et suis partie juste après. Après plus de trente ans à avoir arpenté en long et en large les parfumeries de la Rue de Castiglionne, de la Rue du Faubourg Saint-Honoré et des arcades du Palais Royal, c’est la lassitude s’installe.

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par , le 21 août 2020 à 13:30

Chanel de Lanvin, ce n’est pas par manque de curiosité que peu de personnes s’intéressent à Beaufort London, le marché de la niche est saturé. Il y en a trop, et il y a trop de merde aussi. Dernièrement ça fait deux fois que les vendeurs de Memo Paris essayent de m’alpaguer pour me présenter la gamme de leurs cuirs déclinés en French Leather, Russian Leather... quelque part ça me fait pitié, de voir autant de marques surgir de nulle part qui n’apportent absolument rien de nouveau et se vautrent dans la médiocrité la plus totale. En consultant la page Fragrantica de Beaufort London, on s’aperçoit qu’ils ont déjà à leur actif une dizaine de parfums dont un certain Cœur de Noir. Ça me fait crier à la marque bidon où tout est vide au niveau du concept qu’on tente de faire passer pour quelque chose de très exclusif et chic mais qui ne vaut rien et ne mérite pas que je m’y attarde.

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par , le 21 août 2020 à 15:06

Je vous comprends très bien,mais votre ressenti ne regarde que vous,personnes ici en tant que passionnés de parfums ne peut s’autoriser à proclamer haut et fort qu’une marque ou une autre ne mérite de s’y attarder.
Que savez-vous si ce Coeur Noir ne va pas faire le bonheur de la personne qui va se l’offrir.
Vos impressions ne font pas la généralité des passionnés de parfums que nous sommes.
Comme on dit : si vous n’aimez pas,n’en dégoûter pas les autres.
Moi aussi il y a des jus que je n’aime pas ,fort heureusement d’ailleurs,il en faut pour tout les goûts,mais qui sommes-nous pour < descendre > un parfum.
Je reconnais que parfois je peut dire qu’un parfum attire les guêpes dans le métro,surtout quand c’est une marque très connue,en mainstream comme un flanker,mais au bout du compte comme perfumista,respectons le produit même si nous ne le porterons jamais.
Parlez de parfums qui vous inspirent,soyez objective,partagez vos découvertes et non le désoeuvrement,c’est cela qu’il faut faire pour évoluer dans ce site .
Bonne soirée.

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par , le 21 août 2020 à 18:45

Complètement d’accord avec vous, ça sent tellement le pognon facile que ça me fout la gerbe ! Les années 80/90 ont apportées un souffle de création évident, mais le fleuve créatif s’est peu à peu tari au profit du marketing de masse et du pognon facile...

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par , le 5 octobre 2020 à 00:25

Bonjour Chanel de Lanvin,

Je comprends votre position, mais je pense qu’il vous échappe un élément important : la disponibilité des parfums.
Les marques de niche telles que Goutal, L’Artisan Parfumeur ou Diptyque sont souvent disponibles dans des magasins tels que les Galeries Lafayettes, ou le Printemps. Et souvent, lesdits magasins existent aussi en province.
À l’inverse, certaines marques sont (volontairement ou non) bien plus difficiles à trouver. Je pense par exemple à IUNX, marque qui d’un point de vue des créations, du concept global, de l’esthétique, et de la qualité des produits est sans conteste une maison de très haut niveau. Pourtant, avec seulement deux boutiques parisiennes, et une politique d’échantillons inexistante, elle est condamnée à rester connue uniquement dans la capitale.
Ce que je veux dire, c’est qu’il est facile pour un parisien qui a accès à toutes les références qu’il voudrait d’être cynique sur la transformation parfois malheureuse de certaines marques. Mais pour un habitué de la distribution sélective, une ancienne gloire restera quand même son entrée dans le monde de la niche.
Autrement dit, il est facile de s’extasier sur du Diptyque quand on ne connaît que du Paco. Et il est facile de cracher sur du Goutal si on a accès à du Unum, du Mona Di Orio ou du Naomi Goodsir. Les "grandes marques" de la niche représentent pour beaucoup un graal de la parfumerie, et le plus exclusif qu’ils auront l’occasion d’essayer et d’acheter.
Ne soyons pas cyniques face à ce que nous avons, une richesse et une diversité enviable. Contribuons plutôt à ce qu’elle ne s’appauvrisse pas. Vive l’odorat !

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Petrichor

par , le 18 août 2020 à 12:29

Je suis en désaccord sur les disparitions que vous listez, et l’impression générale qui en rejaillit sur la marque.
. La violette et le chèvrefeuille sont toujours sur leur site.
. Le listing est peut-être bousculé par le Covid-19 et le creux habituel du mois d’août.
La e-boutique rouvre en septembre, ils disent. L’absence de certains parfums y trouvent peut-être sa justification.
Par exemple, j’ai souvenir qu’on trouvait encore il y a quelque mois "les nuits d’hadrien", "Mandragore (normal)", et les absolus -osef- (1001 ouds, ambre sauvage, vanille charnelle, rose oud)
. Si vous reprochez à Goutal d’avoir arrêter "Myrrhe ardente", il faut leur attribuer le mérite de maintenir "Encens flamboyant", "Ambre fétiche", et "Musc nomade".
. "Eau du ciel" et "Quel amour" avait été réédités temporairement il y a une poignée d’années (soldé à 90€ les 100ml). C’était avec "Heure exquise", qui lui a été maintenu. Il y a espoir.
. On peut ajouter "Ninfeo mio" et "Nuit étoilé" aux néo classiques, et "Rose absolue", et -enfonçons le clou- "Songes" EDP. (Big love pour "Ninfeo mio")
. Certains disparitions ne comptent pas vraiment. Par exemple, je trouve "Folavril" assez bof", la "tubéreuse" a toujours été cachée dans les tiroirs (très chère, très proche de l’absolu, et de ses facettes dérangeantes). Le jasmin ne sortait pas du lot. Bref, ces disparitions-là sont le revers d’une marque qui a beaucoup créé. Tout le monde n’est pas Serge Lutens, qui maintient ses "orphelins" aux palais-royal.
. Ma wish list, s’il y a des rééditions temporaires : "Le néroli" d’avant, et "L’eau du fier" que je n’ai jamais pu essayer.

@Hélianthe :
J’ai trouvé les orientalistes très corrects.
Contrairement à la clientèle moyen-orientale, je pense qu’ils visaient la niche -c’est-à-dire nous-, qui raffole d’encens.
La pâte d’Isabelle Doyen a garanti une familiarité avec les autres goutal, et un joli résultat. Je trouve ça bien que la marque ait conquis d’autre contrée, et n’en soit pas restée aux bouquets fleuris romantiques.
J’aime le rendu brut et biblique conféré au traitement de chaque ingrédient. La version extrait illustrait un peu mieux la présence de l’absolu et du résinoïde de chaque ingrédient, ainsi que leur intensité à retardement. Mais c’était une version en édition limitée.

Il y avait déjà l’influence de milliardaires dès la naissance de la marque. Jadis c’était Mme Tattinger, aujourd’hui les coréens de "amore pacific" qui semblent vouloir étoffer leur porte-feuille de marque avec des marques de prestige. (On n’est pas loin de ce que fait le groupe Lauder avec Malle).
Il est trop tôt pour être Cassandre. Bien sûr on a peur du tropisme, qui pousse certains milliardairse à croire qu’on peut refourguer n’importe quelle daube sous un nom aimé. Suivez mon regard. :D (D’ailleurs la transformation de "Annick Goutal" me fait grimacer. Ca me rappelle l’aphorisme "maintenant, Dior, c’est Nike", une fois le "Christian" retiré.)

Et maintenant pour la critique :
. La hausse des prix.
(Parce que certains parfums restent des eaux de toilette) (Mais on ne peut pas être gagnant tout le temps.) (Néanmoins je ne détecte pas de triche sur la qualité des ingrédients naturels.) Songes et Sables gardent un bon rapport "qualité & intensité / prix".
. Les parfums récents ont des flacons moches, et n’ont pas le talent de ceux de Isabelle Doyen.
Si on ôte le pompon, on a un flacon tubulaire générique de sous-sous-marque.
Et je n’ai pas eu de déclic sur ces nouvelles compositions.

Pour moi, Goutal, c’est Isabelle Doyen aux manettes (avec Camille Goutal), et pas en simple consultante. J’ai l’impression que les propriétaires de la marque nous mentent, et qu’une partie de l’indépendance artistique a été perdu. Les créations de "Mathieu Nardin" ne comptent pas, pour moi, ce ne sont pas des Goutal, donc j’attends l’annonce des "vraies" prochaines créations. (désolé s’il lit ces lignes.)

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par , le 18 août 2020 à 16:14

Bonjour,

Merci pour la vigilance !
En effet, la violette et le chèvrefeuille sont bien de retour sur le site. En revanche les autres avaient déjà disparu en janvier, donc avant le covid.

Bonne soirée

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par , le 19 août 2020 à 18:30

D’accord, les Orientalistes sont très corrects, mais je leur reproche d’avoir exploité le filon commercial des niches arabisants qui ne font absolument pas parti de l’ADN de la marque. J’aurais préféré un nouveau Sables, plutôt aller dans ce sens que de sortir une énième déclinaison autour de l’ambre qui va saturer encore plus le marché trente ans après Ambre Sultan. Déjà avant les Orientalistes, il y a chez Goutal un avant et un après la disparition d’Annick. Même Songes pour moi n’est pas un "vrai" Goutal. Cela dit avec ce parfum Isabelle Doyen avait su réactualiser les codes maison sans trop s’éloigner de l’esprit identitaire de la marque.
De manière générale, j’ai du mal quand les marques font le grand écart avec leur héritage. Les pluplumes des nouveaux Goutal c’est immonde !

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par , le 20 août 2020 à 22:52

Depuis le début, j’attends que les flacons "à pluplumes" disparaissent. Encore que... les pompons sont assez réussis, mais pas le flacon simplissime dessous.
Les absolus (vanille charnelle, rose oud, blablabla...) avaient aussi un flacon assez moches, tout en étant plus coûteux. Et je n’ai pas de souvenirs olfactifs d’eux.

Des orientalistes, "myrrhe ardente" était mon préféré, même dans son côté root beer (et immortelle ?). Chacun avait le résidoïne et l’absolu de l’ingrédient, et on devait pouvoir les mélanger, faire du layering. Leur côté médiévalisant a comblé un manque, que je ne pensais pas avoir. Mais, par cette même raison, ils manquaient d’affirmation.

L’ADN de la marque ?
J’aimais l’authenticité de Goutal. Même si longtemps, je n’ai pas accroché, je me gardais de critiquer. Je me disais juste "c’est pas pour moi". La logique "on reverse le budget marketing dans le budget formule" pour un prix comparable au mainstream était respectée.
. Le rachat par un autre groupe de milliardaire, fait douter du maintien de l’authenticité.
. La hausse de prix pour séduire en priorité les ultra-riche à la parfumerie de niche, pas très Goutal.
. Croire qu’on peut refourguer n’importe quelle cochonnerie sous un nom de marque que les gens aime : pas très Goutal.
. La façon de croire que les marques françaises sont sous-capitalisées, et qu’il faut les implanter partout à l’international : là aussi, je ne suis pas sûr que ça colle avec l’image de Goutal, bien que je leur souhaite de réussir.

Mon principal reproche, c’est l’impression qu’ils ne savent pas leurs points fort, et sur quoi se recentrer.
Le changement de flacon n’était pas nécessaire. Les boîtes écrins, les photo de Candice Milon, et varier le coloris de laque aurait suffit. (la version "bleu lapis", les versions fumées des orientalistes réédités, et certaines autres éditions limitées étaient très jolies).
Une politique de maintien au catalogue de toutes les références, quitte à ce que ce soit uniquement dans la boutique qui fait maison mère, façon Lutens, fairait gagner des points. Car elle renforcerait la perception "artisan", et donc l’authenticité de la marque, au regard des passionnés.
Gagner une clientèle plus aisée , ne dispense pas d’un bon bouche-à-oreille, dans la niche.

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Farnesiano

par , le 18 août 2020 à 12:05

Il y a longtemps que je ne m’illusionne plus sur le sort de la marque, qui depuis des années s’est cherchée sans s’y retrouver. Sables, Heure exquise, Grand Amour, Passion, Ce soir ou jamais, Nuit Étoilée, Mon Parfum chéri, L’Eau du Ciel sont (ou étaient...) de purs chefs-d’œuvre de la parfumerie française, ce sont les piliers de la/ma collection. La disparition de plusieurs d’entre eux, ou la reformulation de quelques-uns, me laisse inconsolable, comme celle des soliflores que je trouvais drôlement bien foutus. Même si créés pour l’air du temps, Les Orientalistes, avec Musc nomade, méritent un vrai détour (et on peut même les mélanger !) Les Absolus, eux, n’auraient jamais dû être lancés, c’était du n’importe quoi dans les pires flacons qu’on puisse imaginer. Quant à la liste des pomponages... Mon grand regret restera de n’avoir pas acheté la Tubéreuse, superbe de verdeur, d’authenticité, comme cueillie au ras du sol. Je la retrouve un peu chez Caron, dans sa version sans son adjectif "merveilleuse", aujourd’hui supprimée. Mais comme le souligne Garance, les suppressions, c’est un mal universel... Il faut donc aller de l’avant, vider nos flacons et partir à la recherche de nouvelles belles créations. Auparfum nous y incite et nous en révèle beaucoup. Vive l’odorat !

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par , le 17 août 2020 à 19:37

Lorsque l’on voit tout ce qui a été supprimé , on a juste envie de hurler au carnage. Et la collection a pluplume pour dadame en manque de raffinement est à pleurer. Non pas pour les qualités du parfumeur s’entend, mais pour sa capacité à ruiner l’esprit de la marque

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par , le 17 août 2020 à 20:23

Je plussoie ! Annick Goutal, du temps de son vivant (ça fait déjà 21 ans qu’elle a disparu), c’était encore une vraie maison de parfums indépendante d’eaux de toilette parisiennes très chic. Grand Amour incarnait avec un certain charme le plus l’esprit de la maison, le parfum d’une bourgeoise Auteuil-Neuilly-Passy du genre qui prend son cul pour son cœur.
Depuis, plusieurs rachats malencontreux ont petit à petit détruit l’identité de la marque. Les Orientalistes n’avaient rien à voir avec les codes maison d’Annick Goutal, ce n’était qu’une opération marketing bidon destinée à positionner la marque sur le créneau des parfums arabisants. Absence totale de toute sincérité artistique. La marque aujourdhui est entre les mains de propriétaires coréens. Ça me fait penser aux chaînes de boulangeries coréennes dans la région de New York qui s’appellent Paris Baguette et Tous Les Jours. Les croissants sont des pains au chocolat hybrides donut américain, quant aux baguettes, je pourrais même pas tenter de décrire tellement ça ressemble à rien ! Faut pas s’étonner que Goutal aujourd’hui tombe dans les plumes en plastique.

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par , le 17 août 2020 à 22:02

Après vérification, le catalogue sur le site international USA est plus réduit. Grand Amour n’y figure pas contrairement au site Europe. Les deux boutiques Annick Goutal de New York viennent définitivement de fermer leurs portes et les sites comme Saks soldent toute la gamme, il ne reste plus grand chose, j’en déduis que la marque risque de disparaître aux États-Unis.

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par , le 18 août 2020 à 07:37

Les dernières créations manquent effectivement cruellement de cohérence par rapport à la ligne initiale de la maison. Quant aux suppressions... j’ai malheureusement l’impression que c’est un mal universel, mais je me trompe peut-être.
Dans cette maison en tout cas j’apprécie particulièrement Sables qui est un des parfums les plus incroyables que je connaisse... L’odeur d’immortelle est immédiatement reconnaissable, le parfum peut être clivant, tout le monde n’apprécie pas cette senteur de curry ! Pourtant, il est incroyablement sensuel. Et j’ai porté parfois Songes. Il me semble qu’il n’a pas été cité dans l’article, d’ailleurs. J’affectionne particulièrement cet énorme parfum de fleurs exotiques qui n’est pourtant pas dépourvu de classicisme ni d’équilibre dans ses excès d’opulence. Mais lorsque je vais sentir des parfums Annick Goutal, je ne m’en tiens plus qu’aux anciens parfums, je ne me hasarde même plus à sentir les nouvelles créations... je pense que je ne suis pas la seule.

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